09 août 2018

Anselm Jappe, Marx, le rôle déterminant des choses et des objets produits

« Depuis quelques décennies, indique Anselm Jappe, c’est souvent le concept de « fétichisme de la marchandise » qui a retenu l’attention des marxistes critiques. Cette expression s’emploie souvent dans le discours ordinaire, mais pour renvoyer de manière vague à une espèce d’adoration excessive des marchandises et elle concerne plutôt la psychologie du consommateur. Chez Marx, le terme de « fétichisme » a une signification bien plus large et plus profonde. On trouve des références au fétichisme dans toute son... [Lire la suite]
11 mars 2018

Gilles Questiaux, Marx résout l 'énigme de la plus-value

« Marx, indique Gilles Questiaux, résoud l’énigme de la plus-value qui avait tant tourmenté les économistes : comment peut-on enrichir la société en échangeant des équivalents ? Il montre que dans l’économie marchande chaque produit en devenant une marchandise acquiert une double valeur ; la valeur d’usage (comme par hasard la seule qu’examineront par la suite les économistes néoclassiques, « l’utilité »), et la valeur d’échange qui est globalement réglée par la comparaison du temps de travail respectif... [Lire la suite]
29 décembre 2017

Marx, Anselm Jappe, Jean-Marie Harribey, capitalisme...

« En tant que « dissident du libéralisme » selon Robert Kurz, Marx charrie beaucoup de ses présuppositions, notamment utilitaristes. D’un autre côté, chez Marx apparaît un discours différent, plus fondamentalement critique, plus en avance sur son époque, mais aussi plus difficile à saisir, même pour lui-même : ce discours, qui apparaît dans sa forme la plus concentrée dans le premier chapitre du Capital, mais se trouve par fragments dans toute sa critique de l’économie politique, ne considère pas la valeur et... [Lire la suite]
18 novembre 2017

Agnès Sinaï , Walter Benjamin, une critique de la civilisation industrielle

« Malgré ces limites, nous dit Agnès Sinaï, Walter Benjamin puise sa force dans les analyses de Marx. Il propose une analyse critique de la marchandise et de son influence sur tous les aspects de la vie. Loin d’un marxisme orthodoxe qui se réduit à une analyse économique, Walter Benjamin montre l’influence de la logique marchande sur l’urbanisme et la culture. Ensuite, sa philosophie de l’histoire s’éloigne des dérives de la décroissance. Pour critiquer le monde moderne, il ne faut pas retourner vers le passé ou cultiver son... [Lire la suite]
22 octobre 2017

Norbert Trenkle et Ernst Lohoff , délocaliser, est-ce toujours « rentable » ?

« Un rappel, indiquent les auteurs : une marchandise jetée sur le marché mondial représente exactement la même quantité de valeur que toute autre marchandise du même type et de la même qualité. Si, pour sa production, on a employé plus que le temps socialement nécessaire, cet excès de temps est socialement annulé et ne se voit donc pas rémunèré. Si l’on emploie, par exemple, dans un atelier de misère en Chine ou au Bangladesh, cent ouvriers, quand on n’en emploie en même temps, dans une usine high-tech en Allemagne ou au Japon,... [Lire la suite]
14 septembre 2017

Jean Jaurès, par le suffrage universel...une assemblée de rois

« Oui, par le suffrage universel, indique Jean Jaurès, par la souveraineté nationale, qui trouve son expression définitive et logique dans la République, vous avez fait de tous les citoyens, y compris les salariés, une assemblée de rois. C'est d'eux, c'est de leur volonté souveraine qu'émanent les lois et le gouvernement ; ils révoquent, ils changent leurs mandataires, les législateurs et les ministres ; mais au moment même où le salarié est souverain dans l'ordre politique, il est dans l'ordre économique réduit à une sorte de... [Lire la suite]
28 juillet 2017

Anselm Jappe, Robert Kurz, la critique de la dissociation-valeur

"Kurz, nous dit Anselm Jappe, assurait dans son livre que l’effondrement des pays de l’Est, loin de représenter le triomphe durable de l’Occident capitaliste, n’était qu’une étape dans le collapsus graduel de l’économie mondiale basée sur la marchandise, la valeur, le travail abstrait et l’argent. Le mode de production capitaliste aurait atteint, après deux siècles, ses limites historiques : la rationalisation de la production, qui comporte le remplacement de la force de travail humaine par des technologies, mine à la base la... [Lire la suite]
26 juillet 2017

Gérard Briche, la marchandise, une originalité du capitalisme

"Mais, nous dit Gérard Briche, « l’économie », ça n’existe pas. Certes, de tout temps les hommes ont produit ce dont ils avaient besoin et que la nature ne leur donnait pas ; mais circonscrire cette production au domaine accessible au calcul économique, et en exclure toutes les autres déterminations, est une originalité de ce qu’on appelle le capitalisme. Réduire le producteur à n’être qu’un producteur, réduire la chose produite à n’être qu’un produit proposé sur un marché, et plus généralement tout réduire à n’être... [Lire la suite]
26 juillet 2017

Gérard Briche, la croyance en une identité nationale

"Certes, nous dit Gérard Briche, la constitution des nations, des Etats-nations, était dans la logique du mouvement par lequel ce qu’on peut appeler le principe marchand allait opérer sa domination sur la société. Les marchands, c’était cette frange du Tiers-état qui, grâce à la Révolution, allait pouvoir se constituer en classe et affirmer que ce qui était au principe des sociétés, c’était de développer leur richesse – richesse monétaire et capitalisable s’entend. La société était jusqu’alors divisée en trois ordres dont la... [Lire la suite]
25 juillet 2017

Sylvain Rakotoarison, Marx, le capital n'est rien sans l'apport de la force de travail

"Revenons à la précédente description de Marx, nous dit Sylvain Rakotoarison. Il dit que le capital n’est rien sans l’apport de la force de travail : « La transformation de l’argent en capital exige donc que le possesseur d’argent trouve sur le marché le travailleur libre, et libre à un double point de vue. Premièrement, le travailleur doit être une personne libre, disposant à son gré de sa force de travail comme de sa marchandise à lui, secondement, il doit n’avoir pas d’autre marchandise à vendre ; être, pour ainsi... [Lire la suite]