L’UE divisée avant un sommet anti-Iran à Varsovie

epa05162692 Mohammad Javad Zarif (à gauche), ministre iranien des Affaires étrangères, et Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, lors d'une conférence de presse conjointe avant un dîner donné à la Commission européenne, à Bruxelles, Belgique, le 15 février 2016. EPA/OLIVIER HOSLET [EPA/OLIVIER HOSLET]

Mi-février, Varsovie accueille un sommet sur le Moyen-Orient, un projet initié par Washington et décrit comme le plus important dans la capitale depuis le sommet de l’OTAN de 2016. Téhéran dénonce une cabale et l’UE peine à se positionner.

La Haute Représentante de l’UE, Federica Mogherini, ne participera pas à la conférence sur le Moyen-Orient, organisée par la Pologne et les États-Unis les 13 et 14 février. Une absence officiellement due à un agenda trop chargé.

Plusieurs ministres européens des Affaires étrangères n’ont pas encore confirmé leur présence, selon un haut fonctionnaire. Selon des sources à Berlin, l’Allemagne est l’un des pays qui hésite encore à envoyer un représentant à Varsovie.

Le sommet n’est pas au programme de la rencontre des ministres de la semaine prochaine, mais la Pologne a demandé de pouvoir présenter l’événement à cette occasion. Il n’est donc pas impossible que les ministres réfléchissent à leur participation à ce moment-là, estime un diplomate européen.

« L’UE a une position claire sur les dossiers liés au Moyen-Orient », a répondu la Commission a une question d’Euractiv sur une possible position commune européenne durant le sommet.

Les États membres unis sur l’accord iranien et les droits de douane américains

Les dirigeants de l’UE se sont accordés sur une approche commune pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien et répondre aux droits de douane imposés par Donald Trump sur l’acier et l’aluminium européen.

 

 

Relations tendues

La « rencontre ministérielle pour la promotion d’un avenir de paix et de sécurité au Moyen-Orient » a été annoncée par Mike Pompeo, secrétaire d’État américain, le 11 janvier. Il a indiqué que les discussions se centreront sur la question iranienne.

Les relations entre Téhéran et Washington sont au plus bas après la décision de l’administration Trump de se retirer de l’accord nucléaire iranien conclu en 2015 et de réinstaurer des sanctions sur le pays et ses entreprises, ainsi que sur d’autres entreprises qui coopéreraient avec l’Iran.

« La rencontre ministérielle se penchera sur une série de questions essentielles, notamment le terrorisme et l’extrémisme, le développement et la prolifération de missiles, la sécurité et le commerce maritimes, ainsi que la menace que posent les groupes satellites  dans la région », indique un communiqué de presse des deux pays organisateurs.

Les Polonais estiment que l’Iran pourrait « décider de riposter ». En effet, quelques jours plus tard, le ministère iranien de la Culture a annoncé l’annulation d’un festival de cinéma polonais prévu pour fin janvier.

Dans un tweet en anglais, le ministre des Affaires étrangères va un peu plus loin : « Rappel aux hôtes/participants de la conférence anti-Iran : ceux qui ont participé au dernier événement américain anti-Iran sont à présent morts, disgraciés ou marginalisés ».

Et d’ajouter « l’Iran est plus fort que jamais. Le gouvernement polonais ne se débarrassera pas de cette honte : l’Iran a sauvé nombre de Polonais durant la Deuxième Guerre mondiale, et maintenant Varsovie organise ce cirque anti-iranien désespéré. »

Durant la guerre, plus de 100 000 réfugiés polonais ont en effet trouvé refuge en Iran.

 

Le 14 janvier, Krzysztof Szczerski, conseiller du président polonais, a estimé que la réaction de Téhéran était prévisible et « ne dépasse pas la rhétorique toujours répétée du message iranien ».

« Cette conférence a pour but de trouver des voies vers la paix. Elle est organisée en Pologne précisément parce que le pays est neutre dans les conflits impliquant les pays du Moyen-Orient », a-t-il ajouté pour l’agence de presse PAP.

À une réunion cette semaine, le secrétaire d’État polonais aux Affaires étrangères, Maciej Lang, a dit à l’ambassadeur iranien en Pologne, Edrisi Kermanshahi, que « près de 80 pays représentant des opinions différentes et ayant des relations diverses avec l’Iran [avaient] été invitées à participer » à l’événement.

Le ministère a précisé que cette rencontre avait eu lieu « à la demande du côté iranien ». L’ambassade iranienne aurait en effet prévenu la Pologne d’une « réaction sévère » à l’organisation du sommet.

L’UE inflige des sanctions à l’Iran en rétorsion à plusieurs complots

L’Union européenne a imposé des sanctions aux services iraniens de renseignement et à deux de leurs responsables accusés d’activités terroristes ou visant des dissidents aux Pays-Bas, au Danemark et en France.

 

 

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