« Évidemment, indique l'article, les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs : le commerce n'est-il pas légal, et le travail ? ... Ils ont amalgamé loi, économie, politique et morale, par quoi ils se sentent parfaitement légitimes : bloc pervers. Devant eux, le marxisme est un outrage aux bonnes mœurs, surtout quand ses seuls représentants, évidemment, furent hélas des étatismes dogmatiques réactionnaires de propagande "communiste". Mais il y a absolutisme financier de l'actionnaire, du banquier et de l'entrepreneur, sur les personnes enrôlées dans le processus de production, un certain libéralisme économique introduirait-il des vecteurs de négociations (de souplesses, de flexibilités, de syndicalités) et les travailleurs détiendraient-ils des parts de production (seraient-ils des actionnaires, eux aussi). En effet, les théoriciens militants de "l'oppression", de par leur situation sociopolitique, comprennent mieux ce qu'ils subissent que ceux qui le leur imposent sans le vivre (seraient-ils des "petits" ressortant des classes laborieuses, amateurs aliénés de contributions actionnariales)... »

Reprenons la lecture de l'article-présentation du capitalisme...

Michel Peyret


Les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs : le commerce n’est-il pas légal, et le travail ?

par Morologue
vendredi 31 août 2018

Donc, Marx est une mine d'or pour comprendre le capitalisme extrinsèquement, en-dehors des paralogismes selon lesquels "de toutes façons l'avidité nous motive, le profit c'est une extrapolation de la faim", parce que précisément tout cela n'est pas naturel.

(Un article difficile, qui fait suite à La Vulgate marxiste - c'est-à-dire antimarxiste.)

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L620xH479/bigboss-e9261.jpg

·        Looney Tunes, de Warner Bros. : le Big Boss, dans Betty Boops.

Marx parle bien de l'institutionnalisation de la plus-value, ce qui est désormais une loi d'airain : "on" ne veut que "de la croissance" (économique), en dépit de toutes les autres formes de croissance (au hasard, spirituelle) et une certaine frénésie s'en satisfait très bien (elle laisse les spirituels renoncer à les concurrencer, afin de pouvoir croître économiquement avec moins de souci) sans parler des théories absurdes telles que la pyramide de Maslow (les besoins spirituels y sont au sommet, contre les besoins vitaux ... mais les ascètes restreignent précisément leurs besoins vitaux !).

Or Marx relie cela à la prise de pouvoir d'une classe capitaliste dotée (ses membres seraient-ils philanthropes) et d'une classe dotante (les prolétaires, qui font fructifier le capital possédé). C'est empirique, où évidemment il y a "des gros", "des moindres" et "des petits" progressivement sous-traitants, sans parler des clientèles réciproques, ni des travailleurs-(généralement petits) actionnaires. Et, là où ça devient moins sensible, plus abstrait, paradoxalement moins matérialiste, c'est lorsque ça s'intéresse aux mutations de la valeur d'usage des marchandises, en celle d'échange ; car la valeur d'échange oublie la valeur d'usage, et du moins peut s'en passer (à quoi on ajoutera volontiers une valeur d'arbitrage, quand il y a des monopoles, des oligopoles, des cartels et autres collusions mondaines - et pas que mondaines).

Évidemment, les capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs : le commerce n'est-il pas légal, et le travail ? ... Ils ont amalgamé loi, économie, politique et morale, par quoi ils se sentent parfaitement légitimes : bloc pervers. Devant eux, le marxisme est un outrage aux bonnes mœurs, surtout quand ses seuls représentants, évidemment, furent hélas des étatismes dogmatiques réactionnaires de propagande "communiste". Mais il y a absolutisme financier de l'actionnaire, du banquier et de l'entrepreneur, sur les personnes enrôlées dans le processus de production, un certain libéralisme économique introduirait-il des vecteurs de négociations (de souplesses, de flexibilités, de syndicalités) et les travailleurs détiendraient-ils des parts de production (seraient-ils des actionnaires, eux aussi).

En effet, les théoriciens militants de "l'oppression", de par leur situation sociopolitique, comprennent mieux ce qu'ils subissent que ceux qui le leur imposent sans le vivre (seraient-ils des "petits" ressortant des classes laborieuses, amateurs aliénés de contributions actionnariales). A partir de quoi, les "imposants" majeurs n'ont plus qu'à se servir entre ces théories militantes pour se comprendre eux-mêmes en miroir, et performer les mécanismes de leurs impositions ; car les "imposants" ont plus de loisir pour étudier, ou du moins bénéficier de synthèses d'études ès conseillers politiques, au sujet des théories militantes. Et l'on peut bien croire que même des gentils entre les "imposants", peuvent se laisser blesser, renfrogner et énerver par de telles théories militantes de "leur oppression", au point qu'ils finissent par la cultiver, finalement tentés sadiquement (entre autres, les "petits" contributeurs actionnariaux). Toute une industrie du machiavélisme inter-classes sociales. C'est ... humain, trop humain.

Guattari-Deleuze avaient bien vu que cette société serait complètement schizogène, si elle ne rabattait pas tout sur des axiomatiques (telles que, par exemple, "la démocratie", quoique cela reste purement idéologique/superstructurel, indépendamment des réalités infrastructurelles). Les axiomes capitalistes sont de telles impositions permettant des repositionnements pervers. Sur "la démocratie", par exemple, mais aussi par ailleurs, "l'écologisme" des "entreprises responsables" ou bien "l'humanitarisme" des "charités publiques".

Quelques exemples concrets, qui ne prétendent pas à l'originalité : 0° justement, il était question des petits contributeurs actionnariaux : on leur promet des enrichissements rares ; 1° MacDonald's qui, après l'exaction du premier José Bové à Millaux, choisit la couleur verte et passe mieux dans le paysage et l'ambiance française autour de l'an 2000, marqués par une émergence altermondialiste ; 2° Macron qui, pendant sa campagne, finit toujours par un souci piteux envers les handicapés ; 3° la "libération des femmes", qui sert surtout à obtenir des travailleuses dociles et pragmatiques, sans parler des acheteuses (les femmes, en effet, sont plus soucieuses que les hommes) ; ou encore 4° culturellement, le film Black Panthers, récupérant le mouvement de Malcolm X pour le resitué dans un pays africain de science-fiction, déjà transhumaniste en plus d'être futuriste au niveau technologique, mâtiné d'une prophétie pour la succession au trône.

 

Voir aussi : Entre néolibéralisme et populisme, la nuance est absente ; Le républicanisme, croyance française devant le libéralisme ; Le libéralisme n'a rien à voir avec la liberté, mais avec la libéralité (sécurité-propriété) et Le libéralisme n'est pas exactement le progrès.