jeudi 30 août 2018 

par  poivitrolles 

LA DEMISSION DE HULOT :
nouvelle étape de la crise du gouvernement Macron

Une déflagration

Hulot vient d’annoncer sa démission à la radio, sans avoir prévenu ni Macron ni Philippe. C’est une véritable déflagration.

Stupéfaction des autres ministres, de la « majorité » présidentielle et du président lui-même. Il ne s’agit pas de n’importe quel ministre : c’est un ministre d’État, no 2 dans la hiérarchie gouvernementale et surtout une figure emblématique de la « société civile » dans le gouvernement de Macron.

Il ne s’agit pas seulement de la réaction d’un individu car cette démission exprime et met à jour brutalement la décomposition du gouvernement de Macron. Il y a eu au début de l’été l’affaire Macron-Benalla, puis une information judiciaire a été ouverte contre Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, mis en cause pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics et enfin, il y a quelques jours, l’affaire Nyssen, ministre de la Culture qui aurait fait agrandir son entreprise sans autorisation.

Crise ouverte et béante

Il y a plus d’an, tout feu tout flamme, Macron accumulait les contre-réformes, provoquant la réaction des travailleurs et dressant de plus en plus la population contre lui. Et puis il y a eu la grève des cheminots qui a duré plusieurs mois et qui, en dépit de la forme qu’elle a prise, a exprimé la détermination des cheminots avec le soutien de la population pour s’opposer à la politique de Macron.

D’autres mobilisations partielles de travailleurs avaient ce même contenu. Ces coups de boutoir de la classe ouvrière contre ce gouvernement qui n’a pas d’assise réelle dans ce pays ont fissuré l’apparente unité de ce gouvernement et de ce régime.

Les choses ont commencé à se déliter. Les sondages, qui valent ce qu’ils valent, indiquent que, en août, la cote de popularité de Macron est au plus bas, à 34 % ; 66 % des sondés sont mécontents de son action.

Crise qui ne cesse de se développer

Et pourtant Macron doit effectivement continuer pour détruire les acquis des travailleurs, mais aussi ceux de la République. La ré­forme constitutionnelle qui avait pour objectif d’exploser tous les cadres de la République, provoquant une révolte sans précédent des élus, a été reportée. Les analystes et autres commentateurs dans la presse soulignent les incertitudes et les risques pour ce gouvernement pour l’élaboration du budget de l’année prochaine. Les mêmes et d’autres s’inquiètent de la réforme annoncée des retraites qui risque d’être « explosive ».

Au moment où Hulot annonce sa démission, Macron était en tournée dans les pays scandinaves pour promouvoir sa nouvelle Europe. Mais la crise continue de l’Union européenne, la situation en Grande-Bretagne avec le Brexit, les contradictions entre les gouvernements ont déjà enterré l’opération de Macron.

Le quotidien Le Monde, qui n’est certainement pas hostile à Macron, titre : « Europe : la marche contrariée de Macron » (28 août).

Comme le conclut l’éditorial du 28 août du quotidien Sud-Ouest, « l’unique mais délicat problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il est seul. Ce qui le faisait paraître comme providentiel il y a un an se change aujourd’hui en faiblesse. »

Une nouvelle situation est ouverte

Il y a à la fois la crise de ce régime et sa volonté de tout détruire. C’est pourquoi Macron tente d’entraîner tout le monde dans l’accompagnement des contre-réformes. Cela souligne avec plus de force encore l’antagonisme total entre les exigences du capital financier que représente Macron pour liquider les acquis des travailleurs et la défense des intérêts des travailleurs et de la population laborieuse qui ne peut qu’être fondée que sur les exigences de retrait, d’abrogation de tous ces plans de liquidation.

La démission de Hulot, l’annonce d’un remaniement accélèrent les échéances.