ALLOCUTION DE M. HERVÉ BRAMY PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL DE SEINE-SAINT-DENIS

Madame la secrétaire nationale du Parti Communiste Français, députée de Seine Saint Denis,

Mesdames, Messieurs les élus, 

Madame la directrice des Archives Nationales, Monsieur le Directeur des archives départementales, Monsieur le responsable du collectif « archives » 

Mesdames, Messieurs les universitaires, 

Mesdames , Messieurs

C’est pour la Seine Saint Denis, un grand moment que celui que nous vivons à présent.

Le dépôt aux archives départementales de ce fonds inestimable, classé par l’Etat ; celui d’une formation politique de l’ampleur de celle du Parti Communiste Français est l’affirmation que, dans un département trop souvent décrit sous un jour sombre et dévalorisant, il y a place pour des activités scientifiques de haut niveau comme la conservation et le traitement de ces archives.

Ce fonds qui recèle des documents de toute nature sonores,cinématographiques, écrites, photographiques, est d’une richesse exceptionnelle par les informations tout à fait inédites, qu’il apporte pour la connaissance du dernier siècle et de l’histoire de notre pays.

Son classement par l’Etat le fait partie intégrante du patrimoine national et votre présence ici, ce soir, Madame de Boisdeffre témoigne de l’engagement du ministère de la culture dans cette appréciation.

C’est une reconnaissance de la place du Parti communiste Français, de ses militantes et militants dans l’histoire de la France.

Ces archives vont permettre une connaissance fine du communisme, cette pensée majeure du 20ème siècle.

Cette grande espérance de liberté et de justice qui a animé et anime des millions d’hommes et de femmes d’une vision émancipatrice renouvelée.

Et bien sûr aussi ce fonds aidera à la connaissance de la genèse et du devenir du mouvement ouvrier français et de l’outil politique que celui-ci s’est donné pour peser sur son destin.

Je souhaite d’ailleurs que cette mise à disposition puisse inspirer d’autres formations politiques.

Je suis sûr pour ma part que l’étude de ces documents qui favorisent la recherche sur les rapports entre partis politiques et citoyens, aideront également à élaborer des pratiques démocratiques et citoyennes refondant les valeurs de l’engagement au service de l’intérêt général. Vous savez que cette question est pour moi incontournable dans l’exercice de mon mandat de Président du Conseil général.

Evidemment je ne peux que relever le fait que ces fonds seront ici au c ?ur d’un département lui même très fortement marqué par sa culture ouvrière et industrielle.

Notre Seine Saint Denis qui agit pour gagner une image plus exacte et plus juste de ce qu’elle est n’est pas insensible à son histoire et je crois qu’en ce moment elle retrouve des racines qui lui permettront de mieux valoriser son identité : celle d’une collectivité bien vivante, qui crée, travaille, rêve, dans la richesse de ses différences et de ses origines.

Et je me félicite que les salariés de notre département continuent à faire entendre leurs voix dans les débats d’aujourd’hui.

Le second motif de notre satisfaction c’est la place qui est ainsi réaffirmée de la recherche publique et de la pertinence des archives départementales qui accueillent ce fonds après les archives de la CGT, du journal « l’Humanité », les fonds d’associations et de grandes entreprises privées comme le groupe BULL.

Si vous me permettez, un mot pour dire l’importance que le Conseil général accorde à tout ce qui est ?uvre de l’esprit.

Nous croyons fermement, vous le savez, que le monde ne peut pas être régi par les lois du marché, que l’horizon humain est bien plus vaste que ce concept économique. En un mot la culture n’a pas de prix, les humains non plus. Tout ce qui est pensée humaine fait partie de notre patrimoine commun et sa connaissance est un outil de libération : la responsabilité d’une collectivité publique comme la notre est donc de contribuer à mettre à la disposition du plus grand nombre, ces outils, d’en organiser et faciliter l’usage.

C’est cette réflexion qui a animé mes prédécesseurs, notamment Robert Clément, Président Honoraire du Conseil Général puis moi même, pour décider que nos archives départementales soient non seulement dépositaires de l ?histoire des femmes et des hommes de notre département et bien au delà mais qu’elles soient un pôle de recherche national et international, qu’elles en animent la connaissance et la restitution : par des conférences publiques, des publications, des outils multimédias comme le cédérom que nous venons d’éditer sur l’histoire de la Seine Saint Denis.

Je veux ici remercier et saluer le travail de haute qualité effectué par les agents du service public des archives départementales, particulièrement son directeur Christian Oppetit.

Si j’ai parlé de recherche publique c’est également parce que je me félicite de la collaboration fructueuse avec les universités de Paris XIII-Villetaneuse, Paris VIII-Saint Denis et une mention particulière pour celle de Bourgogne qui permet la réalisation de la base de données informatiques et images numériques qui guidera le travail des chercheurs sur ce fonds.

Il faut également mentionner le partenariat actif avec le ministère de la culture en ce qui concerne le traitement des archives.

Enfin je n’aurai garde d’oublier parmi nos interlocuteurs, la fondation Gabriel Péri

Tout ceci à mon sens est un bon exemple d’un partenariat réussi entre l’Etat et des collectivités de statuts différents, une manière de décentraliser intelligemment, qui va dans le sens de l’intérêt des citoyens et du service public . N’y a t-il pas dans cette articulation matière à réflexion au moment où il est de nouveau question de modèle social ?

Voilà j’arrête ici mon propos en étant convaincu comme vous je crois, qu’avec ce dépôt, nous devenons un peu plus riche. je vous remercie.


Fondation Gabriel Péri - Tour Essor, 14 rue Scandicci, 93500 Pantin - France / T +33 (0)1 41 83 88 50 - F +33 (0)1 41 83 88 59 - e-mail : fondation@gabrielperi.fr