«Lénine, rappelle Robert Bibeau, avait parfois de ces phrases qui résumaient une problématique complexe. Ici, le leader bolchévique démasque la fumisterie démocratique bourgeoise et les hauts cris d’hypocrisies devant la montée des régimes totalitaires que le capital hégémonique fomentait en sous-main pendant la sévère crise économique. En 2018, le monde capitaliste est à nouveau en crise économique et le capital joue à la fois du cirque électoral et de la menace fasciste, terroriste, suprémaciste, néonazie, autant « d’arguments philosophico-politiques » que les riches répandent à tout vent via leurs médias, alors que le « blackout » recouvre les luttes grévistes prolétariennes, comme cette grève des cheminots français liquidée par leurs alliés petits-bourgeois dans le mouvement ouvrier... »

Reprenons la lecture des dénonciations de Robert Bibeau...

Michel Peyret


Manifestation des suprémacistes sous les auspices des gauchistes

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 15.08.2018

« Dans tous les pays, la croissance du mouvement révolutionnaire prolétarien suscite les efforts convulsifs de la bourgeoisie et des agents qu’elle possède dans les organisations ouvrières pour imaginer les arguments philosophico-politiques capables de servir à défendre les exploiteurs. La condamnation de la dictature et la défense de la démocratie figurent au nombre de ces arguments.»  (Lénine [1])

 

Lénine avait parfois de ces phrases qui résumaient une problématique complexe. Ici, le leader bolchévique démasque la fumisterie démocratique bourgeoise et les hauts cris d’hypocrisies devant la montée des régimes totalitaires que le capital hégémonique fomentait en sous-main pendant la sévère crise économique.

 

En 2018, le monde capitaliste est à nouveau en crise économique et le capital joue à la fois du cirque électoral et de la menace fasciste, terroriste, suprémaciste, néonazie, autant « d’arguments philosophico-politiques » que les riches répandent à tout vent via leurs médias, alors que le « blackout » recouvre les luttes grévistes prolétariennes, comme cette grève des cheminots français liquidée par leurs alliés petits-bourgeois dans le mouvement ouvrier.

 

Le feuilleton de la dernière malversation mondialement médiatisée

 

Dimanche, le 12 aout dernier, une petite trentaine de « suprémacistes blancs » et de néonazis ont marché devant le Capitole à Washington sous les projecteurs et devant des centaines de caméras venues du monde entier. Pourtant, ils étaient des centaines de milliers d’ouvriers lors des manifestations en France et ils n’ont jamais obtenu une telle couverture médiatique. [2]

 

La mise en scène avait été particulièrement soignée et les médias assurant une large couverture aux préparatifs avaient promis quelques centaines de « suprémacistes et de fascistes ». Les rabatteurs de la go-gauche « antifa » jouèrent leur rôle et promirent des affrontements justifiant le déploiement d’un appareil policier imposant. Un déploiement attestant de l’impartialité de l’État des riches dans ce cirque médiatique monté de toute pièce. Mais qu’importe le nombre de manifestants (30) et d’opposants (2000), les initiateurs du spectacle ont rempli leur mission grâce à leurs collabos gauchistes « antiracistes », j’explique.

 

Pourquoi ce show télévisé devant le Capitole ?

 

Ce « show réalité » avait trois objectifs :  1) essaimé l’idée que la droite extrémiste, soutenue par le Parti républicain américain (le Bonnet blanc de la prochaine mascarade électorale), et adoubé par Donald Trump le « Bad boy » échappé de sa Tower, constitue une menace pour la pseudo démocratie étatsunienne. 2) Accrédité l’idée que les groupies de la go-gauche (des enragés parfois violents) sont aux aguets et qu’ils s’opposent véritablement à la montée de la droite extrémiste et qu’ils protègent la « démocratie » en compagnie du Parti démocrate (le Blanc bonnet de la prochaine mascarade électorale). 3) Conforté le mensonge que l’État des riches et sa police sont au-dessus de la mêlée et font respecter le droit démocratique de manifester et de contre manifester avec impartialité… « Prolétaires américains remettez votre destin entre les mains des flics états-uniens, ceux qui tuent les blacks sur la rue » semble le message subliminal de la gauche radicale.

 

Pourtant, il faudra que les organisateurs et leurs policiers infiltrés reprennent l’exercice, car ce cirque a mobilisé bien peu d’activistes. C’est que la vieille recette des années trente ne fait plus recette. En ce temps-là les appareils politiques de droite, comme les apparatchiks de gauche, mobilisaient des millions de militants, c’était le bon temps. Aujourd’hui, les prolétaires n’adhèrent plus à ces chimères que la petite-bourgeoisie colporte et tente de faire renaitre, de droite comme de gauche, attestant du murissement de la conscience de classe du prolétariat. Les prolétaires ont appris suite à la Seconde Guerre où mène l’embrigadement fasciste ou communiste – 200 millions de tués et mutilés pour se retrouver aujourd’hui à la croisée des chemins… sans destinée.

 

Ainsi, « Une étude menée par le politologue George Hawley, de l'université d'Alabama, révèle que seulement 5,64 % de la population blanche non-hispanophone, épouse les trois idées qui composent le socle idéologique des suprémacistes: fort sentiment identitaire blanc, foi en la solidarité entre Blancs, et sentiment de persécution contre les Blancs. Rapportées en termes démographiques, ces croyances concerneraient 11 millions d'individus sur les 330 millions que comptent les États-Unis. » [3]

 

Le constat est probant il n’y a pas de sentiment anti-immigration, proraciste ou suprémaciste au sein du prolétariat américain, pourtant, lors d’un sondage CBS : « 61% des personnes interrogées estiment que les tensions raciales se sont accrues durant l'année écoulée » [4] …résultat des lynchages publics perpétrés par les flics?

 

L’immense majorité de la population n’est pas raciste et pourtant ces gens ont le sentiment que les tensions raciales se sont accrues dans le pays. Vous avez ici la démonstration comment l’État bourgeois, et les médias mainstream, manigancent, avec le concours de la droite et la complicité des rabatteurs de gauche, pour créer un sentiment d’insécurité afin de présenter le gouvernement « démocratique » des riches comme la voie modérée appelant le peuple à se ranger derrière l’état-major capitaliste, la véritable source du terrorisme.

 

La duplicité de la go-gauche apparait à travers ses slogans au cours de la manifestation. Il en est ainsi depuis le remplacement de Barack Obama, l’ami de la petite-bourgeoisie embrigadée. Une bannière proclamait que : « Trump est responsable de la division de l’Amérique »! Trump n’est qu’une potiche au service de la classe des riches effrayés à la pensée que le dollar va bientôt s’effondrer et que des dizaines de millions de prolétaires paupérisés et de petits-bourgeois précarisés risquent de se lancer à l’assaut de la Maison-Blanche si leurs larbins politiques ne parviennent pas à les divisés selon la nationalité, la race, l’origine ethnique, la religion, la langue, le degré de pauvreté, etc. Mais surtout, le capital doit faire croire à tous ces gens à la télé que l’État fétiche, ce fauteur de guerre dont la gauche s’entiche, est le garant du salut de la race, de la langue, de la sécurité, de l’impartialité et de l’équité de la nation, alors que la seule « valeur » qui importe à l’État des riches c’est la valeur du pétrodollar. Les oligarques savent que c’est sous cette condition que L’État bourgeois pourra enrégimenter la troupe des salariés pour la lancer en guerre contre les prolétaires de l’adversaire.

 

Faut-il mordre aux hameçons que tend la bourgeoisie ?

 

Sous aucun prétexte les prolétaires ne doivent se laisser distraire de leur lutte gréviste pour de meilleures conditions de vie et de travail, et de leur opposition radicale à l’État des riches, car c’est ainsi qu’ils rançonnent le capital et le mettent à mal. Sous aucun prétexte les prolétaires ne doivent céder aux sirènes de l’antifascisme, de l’anti-islamisme, de l’anti-suprémacisme, ou de l’antiterrorisme qui sont autant de leurres jetés devant les ouvriers pour les appâtés et leur faire abandonner leur lutte de résistance quotidienne et les amenés à appuyer l’État des riches ce fauteur de guerre suppôt du terrorisme. La classe ouvrière n’est pas raciste, n’est pas tentée par le fascisme, n’est pas suprémaciste comme le démontre son absence à ces manifestations au service des riches.

 

Que les bobos réformistes mènent la danse des contre-manifs assurant la publicité à ces évènements ignorés des ouvriers et impopulaires. Nous savons par avance que malgré tous leurs efforts la classe des prolétaires ne s’enrôlera pas dans ce fatras, ni à droite ni à gauche, au grand dam du capital qui devra se résigner à continuer à utiliser son appareil d’État répressif pour écraser la résistance populaire.

 

Notes

 

[1] Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne, 1° congrès de l’Internationale communiste, mars 1919.

[2] http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/12/01003-20180812ARTFIG00191-quelques-dizaines-de-supremacistes-defilent-a-washington.php

[3] http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/12/01003-20180812ARTFIG00191-quelques-dizaines-de-supremacistes-defilent-a-washington.php

[4] https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/08/13/conspuee-l-extreme-droite-n-ose-pas-se-montrer-a-washington_5341854_3222.html

 

Bibeau.robert@videotron.ca

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