« Veuf, indique Daniel Morvan, Jean-Pierre Bréus est père d'une fille de 21 ans, Delphine, qui est n° 28 sur la liste de Nantes Démocratie. Professeur de SVT (Sciences de la vie et de la terre) au lycée Appert, à Orvault, il milite depuis ses 25 ans. « Sincèrement, je pense que le capitalisme conduit l'humanité à sa perte. Et je ne pense pas qu'on puisse « contrôler » le Capital. C'est vouloir contrôler un requin en plein festin. »

Reprenons la lecture de la présentation de Jean-Pierre Bréus...

Michel Peyret,


Bréus, le trotskiste qui lit Jean d'Ormesson

Modifié le 26/09/2013 à 19:33

Pas un marrant, Jean-Pierre Bréus ? On va voir ça. On s'est donné rendez-vous à un feu rouge du Pont-du-Cens, où c'est plein de feux rouges. Du Pont-du-Cens, on décide d'aller prendre un café près de la place d'Auteuil, c'est tout de même plus sélect pour parler de la lutte des classes.


Lui, c'est diabolo menthe. Pas Vittel, diabolo. « La liste Nantes Démocratie a été lancée par un comité de Nantais pour un parti ouvrier. Au plan national, ce mouvement compte déjà 6 500 militants. »

Le comité compte, à Nantes, 65 membres, dont vingt militants du Parti des travailleurs. Le parti de Jean-Pierre Bréus contient différents courants, anarcho-syndicaliste, communiste, socialiste, trotskiste, autour de la « reconnaissance fondamentale de la lutte des classes ». Se porter candidat ? « Un parti en construction doit s'enraciner dans un milieu local, c'est indispensable. »

« Pas en religion »

Veuf, Jean-Pierre Bréus est père d'une fille de 21 ans, Delphine, qui est n° 28 sur la liste de Nantes Démocratie. Professeur de SVT (Sciences de la vie et de la terre) au lycée Appert, à Orvault, il milite depuis ses 25 ans. « Sincèrement, je pense que le capitalisme conduit l'humanité à sa perte. Et je ne pense pas qu'on puisse « contrôler » le Capital. C'est vouloir contrôler un requin en plein festin. »

Rentrant de trois jours de ski avec sa fille, hâlé, le lambertiste n'a rien du militant qui aurait tout sacrifié à l'internationale. « Je ne suis pas en religion, dans aucune religion d'ailleurs. C'est une image d'Épinal. Au Parti des travailleurs, on n'est pas d'extrême-gauche, on est un parti indépendant. »

Bréus ? Pas un pseudonyme, un nom breton (« autrefois, il s'écrivait avec un tréma ») transmis par son grand-père breton, d'Ergué-Gabéric, près de Quimper. Côté grand-mère, c'est l'Alsace et l'Italie. Tout ce monde se retrouve dans les idées de gauche. « Mon père, qui était comptable à Saint-Nazaire, était aussi un très bon footballeur. »

Léon Trotski ? « Un écrivain remarquable, de la pure littérature. » De là à se fader les oeuvres complètes du « Vieux » (comme on appelle parfois le théoricien de la révolution permanente) il y a une marge.

Jean-Pierre Bréus est un passionné de littérature scientifique. Il a lu tout Darwin. Ancien élève de lettres classiques du lycée de La Baule, il a conservé un amour immarcescible pour les auteurs latins. Il apprécie aussi Baudelaire et Bach.

Et, au risque de surprendre, il « adore Jean d'Ormesson. Particulièrement La douane de mer, avec cet incipit : « Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus : je suis mort. » C'est sûr, on n'aurait pas milité ensemble. Mais je trouve son écriture magnifique. »

Puisqu'on vous dit que le Parti des travailleurs accepte plusieurs courants.

Daniel MORVAN