« Le nom “Iran”, indique l'article, est le nom utilisé par les habitants du pays depuis des siècles, ce qui a été observé par de nombreux voyageurs qui s’y rendaient. Il a ses origines dans l’Iran préislamique sassanide. En 1935, le gouvernement iranien a insisté pour que les gouvernements occidentaux utilisent ce nom dans toute la correspondance internationale au lieu de la dénomination “Perse”, qui était bien sûr le nom occidental pour le pays depuis l’époque des Romains. Bien qu’il y aurait des preuves que cela a été fait avec l’encouragement de l’ambassade iranienne à Berlin, ce n’était ni un changement de nom, ni la première fois que le gouvernement iranien faisait une telle demande. Il avait envoyé des lettres similaires au gouvernement turc en 1924... »

Reprenons la lecture des témoignages...

Michel Peyret


6.juin.20186.6.2018 // Les Crises

“L’origine nazie du nom de l’Iran” : les iranologues démontent BHL (3/3)

BHL, fake news

 Aujourd’hui, fin du démontage d’une énorme Fake News de BHL, visant à manipuler l’opinion publique et à attiser les tensions contre l’Iran.

Partie I.

07/04/18 : BHL chez Ruquier

  1. Extrait du livre de BHL Les cinq rois

  2. Un premier Factchecking par CheckNews de Libération

  3. Éléments d’explication

Partie II.

  1. La Réponse de BHL à CheckNews

  2. Factchecking de la réponse de BHL par O. Berruyer

Partie III.

  1. L’avis des iranologues sur BHL

  2. BHL : Bon Aryen ou Mauvais à tout ?

  3. À vous de jouer !

  4. Épilogue

VII. L’avis des iranologues sur BHL

Pour conclure, et clore définitivement cette polémique, nous avons interrogé certains des plus grands iranologues mondiaux, qui ont accepté de lire l’analyse de BHL et de nous donner leur avis. L’avis d’un des plus grands, Ehsan Yarshater, a déjà été cité précédemment.

7-1 Ali Ansari, professeur d’Histoire du Moyen-Orient à l’Université St. Andrews en Écosse, créateur de l’Institut d’Études Iraniennes

“J’ai écrit à ce sujet dans mon livre, The politics of nationalism in Iran (2012).
En résumé, ses commentaires sont complètement absurdes.
Le nom “Iran” est le nom utilisé par les habitants du pays depuis des siècles, ce qui a été observé par de nombreux voyageurs qui s’y rendaient. Il a ses origines dans l’Iran préislamique sassanide. En 1935, le gouvernement iranien a insisté pour que les gouvernements occidentaux utilisent ce nom dans toute la correspondance internationale au lieu de la dénomination “Perse”, qui était bien sûr le nom occidental pour le pays depuis l’époque des Romains. Bien qu’il y aurait des preuves que cela a été fait avec l’encouragement de l’ambassade iranienne à Berlin, ce n’était ni un changement de nom, ni la première fois que le gouvernement iranien faisait une telle demande. Il avait envoyé des lettres similaires au gouvernement turc en 1924.
Il n’y a pas eu de pacte nazi et, en tout état de cause, rien de tout cela n’a la moindre pertinence par rapport à la République islamique d’Iran actuelle.
Il est affligeant de voir un intellectuel aussi influent promouvoir de telles sottises.” [Professeur Ali Ansari à propos de BHL, 11 mai 2018]

7-2 Arshin Adib-Moghaddam, professeur en Étude Iraniennes à l’Université de Londres

C’est le plus gros morceau de charlatanerie que je n’ai jamais vu, venant de la part de cet homme qu’on pourrait presque qualifier de fanatique et grossier.
Le nom Iran est l’ancienne désignation de cette région pour les Perses qui n’ont jamais utilisé le terme “Perse” (ou Fars) dans leur langue. Cette région a été désignée sous le nom de “Iran Zamin” depuis l’époque de Cyrus le Grand, longtemps avant que le racisme ne se développe dans les laboratoires de la modernité européenne. Lorsque Reza Shah a changé le nom, il ne faisait que suivre cette tradition.
De plus, des ambassadeurs iraniens tels que le “Schindler iranien” Abdol-Hassan Sardari ont activement aidé les Juifs à s’échapper d’Europe (http://www.bbc.co.uk/news/magazine-16190541). L’Iran continue d’accueillir la plus grande communauté juive en dehors d’Israël avec des synagogues, des membres du parlement, des bouchers casher, etc. (https://www.belfercenter.org/publication/iran-netanyahu-and-holocaust)
Je serais heureux de débattre contre cet homme ignorant [de l’histoire Iranienne] dans n’importe quel endroit.” [Professeur Arshin Adib-Moghaddam à propos de BHL, 10 mai 2018]

7-3 Azimi Fakhreddin, professeur d’Histoire iranienne à l’Université du Connecticut

“Le pays est connu sous le nom d'”Iran” par ses habitants depuis près de deux millénaires, si ce n’est plus. Les Européens et d’autres, cependant, l’appelaient “Perse”. En 1935, le gouvernement iranien a officiellement demandé aux gouvernements étrangers de désigner le pays sous le nom d’Iran. Le motif principal de cette décision était le nationalisme anticolonial ainsi que des préoccupations patriotiques. Pour le Reza Shah modernisateur, et de nombreux responsables iraniens, le nom “Perse” avait acquis une association étroite avec les faiblesses passées et les souvenirs désagréables d’assujettissement colonial et d’humiliation depuis le début du XIXe siècle.
Les discours sur l’origine aryenne remontent aux nationalistes iraniens du XIXe siècle. Ces idées visaient en grande partie à s’opposer à l’attitude des impérialistes européens qui considéraient les Iraniens, ainsi que d’autres peuples non-européens, en termes raciaux, et les tenaient pour inférieurs. Toute association présumée entre l’Iran et les notions de généalogie “aryenne” avait pour but de générer une notion de confiance en soi nationale. Elle était destinée à contrer la longue expérience de domination impériale européenne informelle plutôt que de souscrire à une idéologie raciale distincte comparable au nazisme.
Il est tout simplement absurde et ridicule de dire que demander à ce que le pays soit désigné par un nom que les Iraniens eux-mêmes utilisaient depuis deux millénaires, c’était se soumettre au nazisme. ” [Professeur Azimi Fakhreddin, à propos de BHL, 11 mai 2018]

7-4 Naghmeh Sohrabi, titulaire de la Chaire d’histoire du Moyen Orient à l’Université Brandeis

Rappelons que “l’Université Brandeis est la première université financée par la communauté juive aux États-Unis. […] Bien que petite par la taille, Brandeis est aujourd’hui l’une des universités les mieux cotées aux États-Unis, et l’un des centres de recherche les plus renommés” (Wikipedia).

“Le changement de nom de Perse en Iran s’est effectivement produit en 1935, mais il y a plusieurs questions qui doivent être clarifiées : “Iran” était le nom du pays (et avant cela, le nom du plateau). L’ordre de 1935 était destiné à ce que les pays étrangers appellent l’Iran par le nom qu’il se donnait déjà lui-même. Il ne s’agissait pas d’un changement soudain de la désignation que le pays se donnait pour apaiser l’ambassadeur allemand.
L’Iran a en effet pris le parti de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu’à son occupation par les alliés en 1941 pour sécuriser ce qu’ils appelaient “le Corridor Persique”. (manifestement, malgré l’ordre de 1935, les pays étrangers l’appelaient encore Perse et l’occupaient encore). Les raisons en sont complexes et sont liées à l’histoire de l’Iran, de la Grande-Bretagne et de la Russie, culminant dans l’accord anglo-russe de 1907 visant à diviser le pays en trois zones bien qu’il s’agisse techniquement d’un État souverain. Il serait difficile d’imaginer qu’un pays souhaiterait prendre le parti de ses occupants.
Enfin, il faut faire attention à ne pas faire des étymologies anhistoriques. Par exemple, si j’examinais le nom “Bernard” et que je disais que ses racines signifient “ours fort” en allemand [NdT : exact, source], j’aurais raison. Mais je me tromperais néanmoins largement si je venais à penser que tous les Bernard sont des ours allemands et forts. De même, si le nom “Iran” signifie bien “terre des Aryens”, seuls les plus ignorants d’entre nous verraient l’idéologie nazie dans ce nom qui existait depuis des siècles bien avant que les Européens ne créent cette idéologie méprisable.
M. Levy affirme dans une interview que A) très peu de gens connaissent l’histoire du changement de nom de l’Iran en 1935 et B) qu’il l’a “découvert quelque part au Kurdistan”. Malheureusement, pour ceux d’entre nous – nombreux – qui recherchent la connaissance dans les livres et les bibliothèques et non “quelque part”, cette histoire, à la fois sa version historiquement exacte et la fausse version découverte par M. Levy, est bien connue.” [Professeur Naghmeh Sohrabi, à propos de BHL, 10 mai 2018]

7-5 Derek Mancini-Lander, professeur d’Histoire de l’Iran à l’Université de Londres

“Il n’y a pas grand-chose à dire sur l’histoire de BHL, si ce n’est qu’elle est sélective et mal informée.
Il ne fait aucun doute que Reza Shah a été influencé par les idées nationalistes émergentes, qui, comme le fascisme, ont construit une rhétorique romantique traitant d’une mythologie glorieuse des origines du peuple aryen. De plus, il n’est pas faux que le Shah, un habile politicien, ait entretenu des liens avec l’Allemagne nazie dans le cadre d’un programme géopolitique visant à contrer les appétits impérialistes de la Grande-Bretagne au sud et de l’URSS au nord.
Cependant, en conclure, sur la base d’une lecture plutôt sélective d’une poignée d’études, que la décision d’appeler l’État-nation connu sous le nom de Perse “Iran” est originaire de Berlin ou signale une fraternité idéologique avec le national-socialisme serait incorrect. Plus ridicules encore sont les affirmations selon lesquelles Muhammad Reza Shah, le fils et successeur de Reza Shah, avait l’intention de revivifier une idéologie nazie, centrée sur les notions nazies de nation aryenne.
En outre, l’affirmation selon laquelle l’islamisme, et en particulier l’islamisme chiite sur laquelle se fonde la République islamique d’Iran, représente une tentative délibérée de perpétuer ce nazisme n’a absolument aucun fondement dans les faits.
BHL n’est apparemment pas un érudit de l’histoire iranienne, ne lit pas le persan et n’a pas lu la littérature savante sur la question.
En bref, le terme “Perse” n’avait été adopté que récemment par la dynastie Kadjar et par la monarchie constitutionnelle de l’époque. “Perse” était le terme que les Européens avaient employé pour décrire le territoire, mais n’était pas utilisé par les habitants du lieu. Il y a beaucoup d’autres termes que les habitants de l’Iran d’aujourd’hui utilisaient pour désigner leur pays ; cependant, au moins depuis le treizième siècle, s’ils voulaient se référer au territoire dans son ensemble, ils utilisaient le terme “Iran”, et non “Perse”. “Perse” provient de la prononciation grecque de la région à l’intérieur de l’Iran connue sous le nom de Pars/Fars. Cette région a également donné son nom à la langue qui y est parlée, le farsi. Mais je mets BHL au défi de produire un seul texte en persan, écrit entre les années 500 et 1900 de notre ère, qui se réfère au territoire en question sous le nom de “Perse”.
Il est complètement faux de dire que Reza Shah a inventé le terme “Iran”, ou qu’il a commencé à l’utiliser sur instruction directe des nazis. Il est également faux de prétendre que le nom “Perse” a été utilisé par les habitants de cette terre depuis l’Antiquité. Ainsi, jusqu’au XIXe siècle, aucun habitant du pays connu aujourd’hui sous le nom d’Iran ne se serait défini comme Persan. Il est tout aussi vrai que peu de gens se seraient définis comme Iraniens, ethniquement ou nationalement. Ce sont deux notions très modernes d’identité nationale qui n’existaient pas jusqu’à tout récemment.” [Professeur Derek Mancini-Lander, à propos de BHL, 10 mai 2018]

7-6 Alan Williams, professeur d’études Iraniennes à l’Université de Manchester

“Les Iraniens se sont toujours appelés “iraniens” et il n’y a pas eu de “changement de nom” en 1935 ou à un autre moment. L’Iran est le nom du pays et de sa culture. Le nom “Perse” vient des traductions grecques et latines de l’iranien Parsa, le nom de la province du sud-ouest où se trouvaient Persépolis et Suse, par exemple, et remonte à une époque où les locuteurs de ces langues grecques et latines étaient les ennemis des anciens achéménides, parthes et sassanides.
Cela s’explique par la présence du centre impérial de ces dynasties iraniennes dans la province de Pars, d’où “Persis” puis “Perse” et enfin “Persan”. Mais en fait, Pars/Fars (cette dernière est la forme arabisée depuis la conquête islamique du VIIe siècle après J.-C.) n’est qu’une province d’Iran, dans le sud-ouest. Il existe de nombreuses autres langues régionales iraniennes, telles que le dari, le lori, le turk du Khorassan, le kurde, etc. Mais le Pars/Fars et la langue parsie/farsie ont eu la préséance à l’intérieur, et “Perse” est restée la dénomination par laquelle le pays et la langue “nationale” étaient connus en Occident. Il y a une analogie avec la manière dont certains dialectes locaux ont gagné en suprématie, par exemple en Angleterre et en France. Personne ne confond Londres avec l’Angleterre.
L’étude de l’histoire est compliquée par le fait que les démagogues et les extrémistes ne se donnent pas la peine de considérer qu’avant l’État-nation moderne, l’identité était un concept plus localisé, et non pas mondialisé.” [Alan Williams, à propos de BHL, 11 mai 2018]

7-7 Un grand iranologue américain

Voici l’avis d’un très grand iranologue, professeur dans une grande université américaine, qui souhaite garder l’anonymat :

“Je sais qui est [BHL] et je suis surpris que qui que ce soit le prenne au sérieux ; il a acquis la réputation de parfois relayer des informations non fiables.”
“La question a été largement débattue et est très bien connue. La politique de changement de nom de 1935 n’a pas été effectuée ” sous les ordres de l’Allemagne “, elle aurait simplement été suggérée à Reza Shah par un diplomate iranien en Allemagne. En outre, il s’agissait d’exiger que les pays étrangers appellent le pays par le nom que son peuple lui avait donné pendant de nombreux siècles, l’Iran, plutôt que par un nom d’origine européenne, la Perse, dont on pensait qu’il avait des connotations de sous-développement et de corruption.
Cette politique ne représentait pas une approbation d’Hitler ou du nazisme, mais elle pouvait être considérée comme faisant partie d’un effort pour renforcer les relations avec une nation, l’Allemagne, qui servirait de “troisième force” pour contrebalancer les pressions de l’influence britannique et russe/soviétique. Elle était destinée à renforcer l’identité d’un nouveau pays progressiste et nationaliste, mais on pourrait soutenir que sur le long terme, elle a eu l’effet contraire, car les événements ont fait que le nom “Iran” a acquis une connotation négative parmi les étrangers. Déjà en 1959, la politique avait été renversée et le gouvernement considérait que l’utilisation du nom Perse (c’est-à-dire par des étrangers ou dans des langues étrangères) était tout aussi acceptable que celle du nom Iran.
Le point crucial est que “Perse” n’est pas et n’a jamais été le nom “traditionnel” du pays, sauf parmi les étrangers ; tout au plus, c’est le nom d’une province (Fars) et non de la nation. L’Iran est littéralement la “terre des Aryens” et ce, depuis plus de deux mille ans. Cela n’a rien à voir avec l’usage national-socialiste du terme, et suggérer le contraire ne sert à rien d’autre que d’essayer de salir le pays de la tache du nazisme.

VIII. BHL : Bon Aryen ou Mauvais à tout ?

Rappelons que, depusi 40 ans, BHL oblige régulièrement les spécialistes à réagir à ses méthodes – nous vous renvoyons sur la page Wikipédia de BHL :

“À l’occasion de la sortie de la Barbarie à visage humain, le philosophe Gilles Deleuze portait un jugement négatif sur l’œuvre du jeune écrivain, qui se serait livré à des rapprochements hâtifs, parfois « ignobles ». Plus généralement, à propos des nouveaux philosophes, Deleuze écrit : « Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides. »
La prise de liberté avec la vérité et les faits inspire un reproche formulé par exemple par l’historien Pierre Vidal-Naquet et par le philosophe Cornelius Castoriadis à propos de son livre Le Testament de Dieu, 1978. Dans un article du Nouvel Observateur daté du 9 juillet 1979, Cornelius Castoriadis, admettant sa perplexité devant le « phénomène BHL », écrivait : « Sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de vieille et grande culture, un « auteur » peut-il se permettre d’écrire n’importe quoi, la « critique » le porter aux nues, le public le suivre docilement – et ceux qui dévoilent l’imposture, sans nullement être réduits au silence ou emprisonnés, n’avoir aucun écho effectif ? » Castoriadis ajoutait néanmoins : « Que cette camelote doive passer de mode, c’est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, à obsolescence incorporée. »
Le sociologue et philosophe Raymond Aron a consacré dans L’Express un article particulièrement critique envers l’essai L’idéologie française de BHL, paru en 1981. Aron reproche à Lévy d’aborder des questions qui exigent rigueur et subtilité — tel l’antisémitisme en France — en se livrant à une lecture unilatérale de l’histoire française et à des généralisations manquant d’équilibre et de sens du jugement politique. Ces critiques sont également formulées par Pierre Nora, Emmanuel Le Roy Ladurie, Léon Poliakov, Bertrand Poirot-Delpech et Paul Thibaud. Dans son étude sur « le syndrome de Vichy », l’historien Henry Rousso évoque L’idéologie française de Bernard-Henry Lévy, auteur « critiqué (…) pour son incompétence historique, ses amalgames et syllogismes grossiers », comme « un brûlot maladroit, où le ton inquisitorial et péremptoire ne peut faire oublier que Lévy appartient après tout à cette cohorte des ci-devant marxistes, dont la rupture de ban s’est déroulée dans le même vacarme que leurs noces. »

Il est dommage qu’à ce stade, et depuis le temps, BHL n’ait toujours pas compris qu’il est extrêmement improbable que son niveau de compétence puisse aboutir à ce qu’il soit à l’origine d’un vrai scoop, “que très peu de gens savent, et, en tout cas, qu’il n’a lu nulle part”(sic.), et qu’il devrait donc procéder à de sérieuses vérifications – s’il ne veut pas diffuser d’énormes fake news.

IX. À vous de jouer !

Heureusement, Internet nous donne des possibilités dont ne disposaient pas nos prédécesseurs dévoilant ses impostures, et qui se plaignaient de “n’avoir aucun écho effectif”.

Premièrement, l’Observatoire de la Déontologie et du Pluralisme de l’Information (ODPI) a saisi le comité d’éthique de France Télévision pour se plaindre de l’émission de Ruquier, et exiger un correctif à l’antenne. En effet, on comprend bien en quoi la diffusion d’une fausse information de cette ampleur sur une émission de grande écoute, sans qu’aucun correctif n’ait été apportée, et dans un contexte de grande tension au sein de la communauté internationale, constitue un énorme problème auquel il faut remédier au plus vite. La télévision française ne doit pas se faire le relai d’éléments de propagande grotesques.

Deuxièmement, nous vous encourageons à retweeter ce tweet

 

Troisièmement, nous avons saisi le médiateur de France Télévision, et nous vous incitons à appuyer notre demande en lui écrivant via ce formulaire de contact, en vous inspirant de cette trame :

Monsieur le Médiateur,
Je vous saisis à propos de l’émission “On n’est pas couché” du samedi 7 avril 2018, où a été interviewé longuement et complaisamment Bernard-Henri Lévy, durant une heure.
Il est venu diffuser de fausses informations très graves, comme :
  • « en 1935, la Perse décide de changer de nom et de s’appeler l’Iran sur ordre de l’Allemagne. »
  • « l’Allemagne nazie propose aux Persans “le deal du siècle”. L’Allemagne nazie dit aux Persans : « On va faire, vous les Aryens de l’Est, nous on fera les Aryens de l’Ouest, on va faire une chouette aventure commune, on va dominer le monde ! » Et les Iraniens acceptent le deal, et on a cette espèce de “coup d‘État sémantique” incroyable ! ».
  • « [Les Iraniens] sont les derniers à ne pas s’être dénazifiés. »
Le tout visant évidemment à assimiler l’Iran avec les Nazis.
Ces propos ont été démontés par les sites de Libération et de Les-Crises.fr, qui ont interviewé de nombreux iranologues, ébahis devant de tels propos démontrant l’incompétence de leur auteur.
Ces mensonges sont indignes du service public – d’autant que Bernard-Henri Lévy diffuse ce genre de propos erronés, régulièrement démontés, depuis une quarantaine d’années.
Je vous remercie donc de nous indiquer par retour quand l’émission “On n’est pas couché” va corriger à l’antenne les propos erronés, et quels sont les suites que vous entendez donner à cette triste affaire.
Bien cordialement

De même nous vous recommandons de saisir le CSA, tout comme nous l’avons fait. Le lien de saisie est ici, et vous pouvez utiliser la trame précédente.

Nous vous remercions par avance !

X. Épilogue

En exclusivité, nous sommes en mesure de vous dévoiler le probable coeur du prochain livre de BHL :

“Mais comment les Indiens osent-ils glorifier depuis 2000 ans le symbole des nazis ?”

(Pour BHL, la réponse est ici : Svastika)

Un grand merci à Carla, JP et à Anne pour leur fantastique aide !

 

Commentaire recommandé

Fritz // 06.06.2018 à 06h42

La preuve est faite : BHL est un charlatan qui use de l’amalgame pour attiser les tensions et préparer la guerre.
En conséquence, je crois que pour la première fois, je vais écrire au médiateur de France Télévisions et au CSA en suivant vos recommandations. Cette fois, la coupe est pleine, et l’enjeu est trop grave.

Car il ne faut pas compter sur nos autorités pour saisir le juge et déréférencer le site de BHL, au moment où les godillots de Zupiter concoctent leur loi scélérate sur la « manipulation de l’information ».

De ce côté ci, toutes les manip’ sont permises : rappelez-vous Timisoara, l’Irak, la Bosnie, le Kosovo, la Libye, la Syrie, l’Ukraine, et j’en oublie. BHL reste impuni, car BHL prépare la guerre.

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