« Dans le projet de texte, le Conseil de sécurité «condamne le recours à la force par l'armée israélienne d'occupation, dont l'utilisation de munitions létales contre des manifestants civils, ayant fait des morts et des blessés parmi eux, dont des enfants, du personnel médical et des journalistes». Par ailleurs, le document «réaffirme le droit de se rassembler et de manifester pacifiquement» et, en citant le droit international, souligne aussi «l'importance d'enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes» sur des événements meurtriers. Le projet de texte demande également la «levée complète du blocus» israélien, un accès sans entrave à l'acheminement d'une aide humanitaire dans la bande de Ghaza, l'arrêt immédiat des actions militaires israéliennes et la relance d'un processus politique de règlement du conflit via des «négociations crédibles». Ce texte, qui met clairement en cause Israël, risque cependant de se heurter à un veto des Etats-Unis, soutien indéfectible de l'Etat hébreu... »

Reprenons la lecture du texte de L'ONU...

Michel Peyret


L'ONU vote l'envoi d'une mission d'enquête internationale à Ghaza

Israël face à ses crimes

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le 19.05.18 | 12h00 Réagissez

 Israël mène une répression sauvage contre les Palestiniens  

Israël mène une répression sauvage contre les...

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a voté, hier, une résolution pour envoyer une équipe internationale spécialisée dans les crimes de guerre pour enquêter sur les événements à Ghaza. Par 29 voix pour, 2 contre et 14 abstentions, le Conseil a adopté une résolution appelant à «envoyer de toute urgence une commission internationale indépendante» pour enquêter sur les violations «dans le contexte des assauts militaires menés lors des grandes manifestations civiles qui ont commencé le 30 mars 2018» dans l’enclave palestinienne. Dans la seule journée de lundi dernier, l’armée israélienne a tué par balles réelles une soixantaine de Palestiniens qui manifestaient pacifiquement.

Le haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein, qui a soutenu la résolution, avait indiqué avant le vote que la réponse d'Israël aux manifestations palestiniennes a été «totalement disproportionnée». «Le fort contraste dans le nombre de victimes des deux côtés suggère que la réponse (d'Israël) était totalement disproportionnée», a-t-il déclaré en ouverture de la session extraordinaire que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a décidé justement d'organiser sur la situation «dans les Territoires occupés palestiniens».

Zeid Ra'ad Al Hussein a affirmé que «les morts résultent d'un usage illégal de la force» et soutenu «les appels de nombreux Etats et observateurs en faveur d'une enquête qui soit internationale, indépendante et impartiale». Selon lui, les actes des Palestiniens durant les récentes manifestations ne semblaient «pas constituer une menace imminente de mort ou de blessure mortelle pouvant justifier l'usage d'une force meurtrière».

Le haut commissaire a ainsi rappelé que les Palestiniens avaient les mêmes droits que les Israéliens mais que, «de fait, ils sont retenus captifs dans un taudis de leur naissance à leur mort». «L'occupation doit cesser, pour faire en sorte que les Palestiniens puissent être libérés, mais aussi pour que le peuple d'Israël en soit libéré. Mettez fin à l'occupation et la violence et l'insécurité s'estomperont largement», a plaidé M. Zeid.

Pour une mission de protection

L’appel de Zeid Ra'ad Al Hussein intervient au moment où le Koweït, membre non permanent du Conseil de sécurité, a transmis à ses 14 partenaires un projet de résolution appelant à l'envoi dans la bande de Ghaza d’une «mission de protection internationale». Le projet de résolution «demande que des mesures soient prises pour garantir la sécurité et la protection de la population civile palestinienne dans les Territoires palestiniens occupés, dont la bande de Ghaza, avec l'envoi d'une mission de protection internationale».

Dans le projet de texte, le Conseil de sécurité «condamne le recours à la force par l'armée israélienne d'occupation, dont l'utilisation de munitions létales contre des manifestants civils, ayant fait des morts et des blessés parmi eux, dont des enfants, du personnel médical et des journalistes». Par ailleurs, le document «réaffirme le droit de se rassembler et de manifester pacifiquement» et, en citant le droit international, souligne aussi «l'importance d'enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes» sur des événements meurtriers. Le projet de texte demande également la «levée complète du blocus» israélien, un accès sans entrave à l'acheminement d'une aide humanitaire dans la bande de Ghaza, l'arrêt immédiat des actions militaires israéliennes et la relance d'un processus politique de règlement du conflit via des «négociations crédibles».

Ce texte, qui met clairement en cause Israël, risque cependant de se heurter à un veto des Etats-Unis, soutien indéfectible de l'Etat hébreu. A signaler par ailleurs qu’un sommet extraordinaire de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), consacré à l'examen des derniers développements survenus en Palestine, s’est tenu hier à Istanbul. L'OCI s'était déjà réuni, pour rappel, à Istanbul en décembre 2017, en réponse à l'appel de M. Erdogan pour condamner la décision du président Donald Trump du transfert de l'ambassade américaine à Al Qods occupée, démarche qui a rompu avec des décennies de consensus international.

Des milliers de manifestants à Istanbul en soutien aux Palestiniens

Des milliers de personnes ont manifesté hier à Istanbul en soutien aux Palestiniens après l'agression israélienne contre Ghaza où plus de 60 Palestiniens ont été tués, en présence du président turc, Recep Tayyip Erdogan, et du Premier ministre palestinien, Rami Hamdallah. La manifestation s’est tenue avant un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) prévu en début de soirée.

Des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Ghaza se rassemblent depuis le 30 mars près de la frontière pour la «Marche du retour», qui revendique le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés en 1948. Les forces d'occupation israéliennes ont tué lundi près de 60 manifestants palestiniens et blessé 2500 autres, lors de protestations pacifiques le long de la barrière de sécurité séparant l'occupant israélien de la bande de Ghaza, faisant de cette journée la plus meurtrière depuis l'agression israélienne de l'été 2014.

R. I.