« On observe, indique G.PLE  , de plus en plus que la question de l’amiante est relayée très loin dans l’actualité et dans la préoccupation de la population. On constate un réel désintéressement alors que des milliers de personnes continuent de mourir chaque année à cause de leur exposition à ce poison toxique. Mais ils meurent ou sont malades dans l’indifférence générale. Notamment de la part de l’Etat, des élus, de la presse. Si le gouvernement mettait autant d’énergie dans la prévention et la réparation des victimes de l’amiante qu’il ne le fait avec la réduction de la vitesse à 80 km/h, nous avancerions d’un grand pas. Le 1er ministre déclare qu’il faut faire diminuer le nombre de morts sur les routes. Mais que fait-il pour les + de 3 000 morts par an à cause de l’amiante ?... »

Reprenons la lecture de la déclaration...

Michel Peyret


Retour sur la Journée Mondiale de la Sécurité et de la santé au Travail

Transmis par Jean-Jacques Lagarde

DECLARATION LORS DE LA CEREMONIE D’HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’AMIANTE LE 26 AVRIL 2018 SUR LE SITE DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE LILLE


Madame l’ajointe au Maire,
Messieurs les présidents d’associations


Chers adhérents, chers amis,


Tout d’abord, je tiens à remercier Madame Marie-Christine STANIEC, adjointe au maire de LILLE pour sa présence, Madame Martine AUBRY n’ayant pu se libérer aujourd’hui.

Je tiens à saluer également nos amis du CAPER THIANT, Jean-Michel DESPRES, le Président et Martine FREMONT, ainsi que Madame Maud NICOLLE, du service du Protocole de la Mairie de LILLE.

Je vous remercie tous pour votre présence.

 

Plusieurs maires nous ont fait part de leur indisponibilité, ainsi que le Dr STEENHOUWER chef du service de pneumologie de l’hôpital de Roubaix et Madame PASSAVANT, directrice du site du Vert Pré à Roubaix qui se sont excusés pour leur absence.

Nous voici réunis pour notre 6ème journée d’hommage aux victimes de l’amiante auprès de cette sculpture qui a été réalisée et scellée en 2013. Vous constatez que c’est dans un contexte un peu particulier avec ces travaux dont nous avons été informés un peu tardivement. Mais nous sommes là et c’est le principal. 

On observe de plus en plus que la question de l’amiante est relayée très loin dans l’actualité et dans la préoccupation de la population. On constate un réel désintéressement alors que des milliers de personnes continuent de mourir chaque année à cause de leur exposition à ce poison toxique.

 

Mais ils meurent ou sont malades dans l’indifférence générale. Notamment de la part de l’Etat, des élus, de la presse. Si le gouvernement mettait autant d’énergie dans la prévention et la réparation des victimes de l’amiante qu’il ne le fait avec la réduction de la vitesse à 80 km/h, nous avancerions d’un grand pas. Le 1er ministre déclare qu’il faut faire diminuer le nombre de morts sur les routes. Mais que fait-il pour les + de 3 000 morts par an à cause de l’amiante ?

Les empoisonneurs, les industriels responsables de cette catastrophe sanitaire peuvent dormir tranquillement sur leurs deux oreilles ; ils ne sont toujours pas inquiétés avec le procès pénal. Il faut dire qu’ils ont des alliés de taille en la personne de certains juges qui estiment qu’on ne peut déterminer avec exactitude les périodes d’exposition et donc ne poursuivre personne.

Mais les associations de victimes (notamment le CAPRA au sein de la CAVAM) sont déterminées et continueront de se battre contre ces décisions injustes. Et dans les semaines qui viennent, nous devrons être nombreux devant les tribunaux quand les audiences passeront en appel.

De même que nous nous battrons contre les réformes que sont en train de mettre en place Emmanuel MACRON et son gouvernement, notamment les attaques contre les retraités.

 

En effet, nous sommes en pleine bataille sociale et les divers mouvements de citoyens mécontents qui ont eu lieu dernièrement démontrent que nous ne sommes pas les seuls à nous insurger et à réagir devant les reculs d’une société qui casse ses services publics et qui accompagne si mal ses anciens.
Notre implication dans ces luttes ne nous détourne pas de nos autres préoccupations : notre exigence pour la tenue d’un procès pénal de l’amiante, la revendication de la mise en place d’un dépistage systématique pour toutes les personnes ayant été exposées à l’amiante ou suspectées de l’avoir été.


Et puis aussi, un de nos chevaux de bataille et notre fer de lance, avec la CAVAM toute entière. 

 

La création d’un pôle public d’éradication de l’amiante. Ce pôle obéit à un double intérêt :

-     La promotion d’un projet écologique et de santé publique de notre temps,
-     Permettre à la CAVAM de s’affirmer comme différente d’autres associations nationales de victimes de l’amiante.

Plus de 20 millions de tonnes sont encore présentes en France dans les bâtiments et les immeubles d’habitation. La population et des salariés y sont encore confrontés.

 

Nous devons donc agir afin que les Pouvoirs Publics prennent ce problème à bras le corps. Il est inacceptable que ces tonnes d’amiante se retrouvent dans la nature, dans des décharges sauvages ou enterrées. Les prochaines générations se retrouveront avec une nouvelle catastrophe sanitaire puisque ce sont de véritables bombes cancérogènes à retardement pour les générations futures.


Avec la CAVAM (qui regroupe 24 associations locales sur le territoire français), nous allons nous appuyer sur les expériences et les actions locales de chaque association, telles que les rencontres avec les élus et les parlementaires, avec le support de plaquettes de présentation. Nous voulons qu’il y ait des moyens pour éradiquer l’amiante partout où il se trouve.

Pour terminer, je dirai que l’amiante n’est pas un problème du passé, c’est un enjeu de santé publique pour aujourd’hui et pour demain.

Je vous remercie.                                                                                                              

 

 G.PLE