« Macron, indique Patrick Le Hyaric, a beau user toutes les ficelles de nos institutions, jusqu’à un autoritarisme désuet, il ne parvient à cacher sa faible représentativité au sein d’un pays qui, dans sa grande majorité, a refusé lors de l’élection présidentielle cette fuite en avant ultralibérale. Nous sommes les premiers à reconnaitre que nos institutions, taillées sur mesure pour et par un général, sont inaptes à faire vivre la démocratie. Mais si M. Macron utilise la toute puissance que lui octroie la Constitution pour lancer seul une offensive militaire sans vote parlementaire, pourquoi s’arrête-t-elle au portefeuille des actionnaires ? Dès qu’il s’agit de fraude et d’évasion fiscale, de contrôle du versement des dividendes et des salaires exorbitants des grands patrons, le Président fait valoir son impuissance. Voilà qui révèle en creux qu’il y a plus qu’une absence de volonté politique pour récupérer les 80 milliards d’euros, soit presque le montant total de notre dette, qui croupissent dans les paradis fiscaux. Il y a de la complaisance à l’égard de membres d’un même monde... »

Reprenons la lecture de l'édito de Patrick Le Hyaric...

Michel Peyret


Patrick Le HyaricL'engagement en quête d'Humanité

Le président parle, le peuple enrage

Patrick le Hyaric le 18 avril 2018

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Patrick le Hyaric

le 18 avril 2018

S’il est un sujet sur lequel le chef de l’Etat ne lésine ni en moyens ni en ingéniosité, c’est bien celui de la communication. De l’image d’Epinal d’une école maternelle de l’Orne décorée pour l’occasion, aux lustres du palais de Chaillot et ses escaliers gravis, pour la photo, par le couple présidentiel, avec en second plan les éclats scintillants de la tour Eiffel, un décor carton-pâte accompagne chacune des apparitions présidentielles. Ainsi espère-t-il faire passer la pilule du remodelage complet du pays aux canons de la mondialisation capitaliste.

C’est encore par une habile communication que M. Macron endosse le costume martial de chef de guerre pour aller bombarder la Syrie sans mandat international et déployer la troupe dans le bocage nantais et les universités françaises, taillant la stature d’homme fort que réclame notre monarchie présidentielle.

Est-ce que la répression brutale des alternatives qui ont vu le jour à Notre-Dames-des-Landes est de nature à sortir par le haut de la situation ? Est-ce que les bombardements en Syrie menés main dans la main avec les principaux responsables du chaos moyen-oriental vont contribuer à ouvrir un chemin pour la paix ? Pour chacune de ces questions, la communication autour de l’événement sert à cacher l’absence de réponses politiques et donc de résultats.

Au diapason de ses prédécesseurs de « l’ancien monde », M. Macron feint de croire que le peuple est mal informé et qu’il convient de faire de la pédagogie. Pour toute réponse aux difficultés grandissantes qui assaillent les retraités, il leur adresse un « merci » cynique et condescendant après les avoir contraints à une baisse importante de leurs revenus par la hausse brutale de la CSG. Il faut, dit-il, comprendre que tous les sacrifices demandés participent d’un projet global. Mais il se garde bien d’en définir la vraie nature ! Nos concitoyens voient de mieux en mieux quels en sont les bénéficiaires et perçoivent aujourd’hui majoritairement qu’il s’agit d’un projet de redéfinition ultralibérale de la société française qui s’oppose aux intérêts populaires comme à l’intérêt général. Toute pédagogie ne peut cacher la réalité des faits. Derrière l’attaque contre « les statuts » qui protègent les travailleurs de la rude loi du marché, à la SNCF comme ailleurs, le Président appelle les créateurs de richesse à renoncer à leurs droits, les retraités à contribuer à combler les cadeaux fiscaux octroyés aux fameux premiers de cordée qui sont pour l’essentiel les détenteurs de capitaux, bénéficiaires exclusifs de la réforme de l’impôt sur la fortune, tandis qu’augmentent les prélèvements sur les personnes les plus en difficultés sous formes de taxes diverse, de fiscalité indirecte et de hausses tarifaires.

Macron a beau user toutes les ficelles de nos institutions, jusqu’à un autoritarisme désuet, il ne parvient à cacher sa faible représentativité au sein d’un pays qui, dans sa grande majorité, a refusé lors de l’élection présidentielle cette fuite en avant ultralibérale. Nous sommes les premiers à reconnaitre que nos institutions, taillées sur mesure pour et par un général, sont inaptes à faire vivre la démocratie. Mais si M. Macron utilise la toute puissance que lui octroie la Constitution pour lancer seul une offensive militaire sans vote parlementaire, pourquoi s’arrête-t-elle au portefeuille des actionnaires ? Dès qu’il s’agit de fraude et d’évasion fiscale, de contrôle du versement des dividendes et des salaires exorbitants des grands patrons, le Président fait valoir son impuissance. Voilà qui révèle en creux qu’il y a plus qu’une absence de volonté politique pour récupérer les 80 milliards d’euros, soit presque le montant total de notre dette, qui croupissent dans les paradis fiscaux. Il y a de la complaisance à l’égard de membres d’un même monde.

Cette offensive politique et communicationnelle ne vise en aucun cas à entrer en dialogue avec le pays mais à le réduire au silence alors que s’allument dans tant de secteurs professionnels et associatifs, dans les collectivités locales, d’importants et nouveaux foyers de mécontentements et de luttes. Osant dire qu’il faut « remettre le pays au travail » alors que des millions de chômeurs ne demanderaient que cela, que les salariés tirent la langue avec des salaires trop bas et que la productivité horaire de notre pays est parmi les plus fortes du monde, le Président propose un ultime sacrifice pour financer la dépendance par une nouvelle journée de travail non rémunérée. Refusant d’aller chercher les masses colossales d’argent là où elles se trouvent, c’est encore et toujours dans l’opposition de catégories de la population qu’entend prospérer le nouveau pouvoir.  C’est en fait sur un durcissement prémédité du climat social que mise M. Macron, comme en témoigne l’absence totale de dialogue sur l’avenir de la SNCF. Il espère mettre à genoux le mouvement social pour s’attaquer ensuite à l’os de la fonction publique, à la sécurité sociale puis à notre système de retraites. Il n’est dés lors pas étonnant que l’électorat de droite lui manifeste sa reconnaissance.

L’unité des aspirations démocratiques, sociales, écologiques, doit continuer à se construire pour forcer le Président à entendre les souffrances et les colères jusqu’à en prendre acte en arrêtant son rouleau compresseur antisocial. Le plus vite sera le mieux.

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5 commentaires


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Moreau 18 avril 2018 à 17 h 26 min

La première des aspirations démocratiques est celle à la refondation de la république pour la république authentique universaliste française et européenne parce que sans elle, rien n’est possible. Monsieur Macron y travaille, ce qui lui vaut malgré un premier trimestre très décevant que les gens se disent satisfait, mais l’opposition affaiblit la France et l’Union Européenne en ne participant de la façon qui devrait être la sienne, c’est-à-dire, en s’unissant pour aider la majorité à bien refonder, à la refondation de la république. Par ailleurs, les Communistes commencent à parler des « Migrants climatiques » comme si c’était devenu inévitable et qu’ils allaient venir d’ailleurs et forcément en Europe ; sans dire, si oui ou non, les Européens sont déjà condamnés à devenir eux aussi car ils sont Citoyens de ce monde et que les dérèglements climatiques sauf informations scientifiques contraires peuvent se produire partout, à cause du réchauffement climatique. C’est très important d’être informé pour parler de la solidarité du vingt et unième siècle et notamment pour définir le délit de non assistance à personne en danger.

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LAHMERI 20 avril 2018 à 14 h 31 min

Il est regrettable que pour des raisons de finances le PCF dont je suis ne nous ai pas évité d’en arriver là. Vous le saviez, FI avais pris son envol et le PC était inodible. Donc, maintenant que nous sommes dans une situation catastrophique vous décidera vous à unir vos forces avec toute la gauche pour nous éviter le PIRE

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Moreau 19 avril 2018 à 19 h 44 min

Les gens ne sont pas assez informés en 2018 en ce qui concerne les propositions réelles des syndicats pour avoir de bons transports en commun ferroviaires et sur les progrès possibles et non réalisés pour le fret et le ferroutage qui sont de réels enjeux économiques et écologiques ; ce qui contraste avec l’information faite correctement sur l’évolution du 80km/h puisque nous apprenons actuellement que le Sénat donne comme avis que ce soit fait sur certaines routes mais pas sur toutes les routes, ce qui est une proposition réelle ; mais pourquoi le Sénat ne donne pas aussi son avis sur la suppression de lignes de chemins de fer et de gares…

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Moreau 20 avril 2018 à 17 h 01 min

Dans un article du journal Les Echos, il y a ce passage prononcé par le prix Nobel Jean Tirole donnant des conseils pour un service public ferroviaire du vingt et unième siècle :

« Il faudra être pragmatique : la concurrence ne viendra pas toute seule dans cette industrie de réseau et de plus toute concurrence n’est pas efficace ; il faut à mon avis commencer par une série de mesures favorisant la concurrence pour l’octroi de concessions des services TER et éventuellement de certaines lignes de TGV.
Tout d’abord, une partie des gains d’efficacité potentiels viendra d’une meilleure organisation du service ; ceci nécessitera de s’assurer que la nouvelle hiérarchie des normes permettra aux accords d’entreprises de faire émerger ces nouvelles formes d’organisation du travail. Ensuite, il conviendra de séparer plus clairement l’infrastructure (voies ferrées, gares, etc.) des services qui eux peuvent être mis en concurrence. Jean Tirole. »

Ce n’est pas très compréhensible pour les simples lecteurs comme moi, mais faut-il retenir que les idées intéressantes et le Sénat devrait réfléchir aussi pour la ruralité ; que les lignes et les gares pourraient rester inchangées, ce que je pense depuis le début malgré les manques d’informations ; je pense qu’il n’y a pas entre 4000 et 9000 kms de lignes à supprimer réellement ou il faudrait en apporter par l’information une première démonstration…

Et puis il faudrait plus de débats dans le pays pour donner à décider par exemple de garder le service public tel que nous le connaissons pour le réseau des trains à moyenne vitesse, et de faire passer uniquement à la concurrence le service des trains à grande vitesse… L’idée principale alors serait de relancer en l’améliorant un service public de transports en commun ferroviaire pour tous, en moyenne vitesse.

Le Sénat devrait dire comme il le fait pour la vitesse à 80Km/ en disant accepter cette limitation pour la nouvelle société mais seulement sur les routes « accidentogènes », ce qui me semble pertinent puisque de toute façon les gens rouleront à bien plus de 80km/h sur les autoroutes.

Une réforme est une révolution si elle est la plus adéquate possible pour la vie de la population, maintenant, et dans les années à venir.

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Moreau 20 avril 2018 à 17 h 07 min

Reste dès lors à connaître comment seraient répartis le fret et le ferroutage entre le service public et ferroviaire grande vitesse, c’est très proche des préoccupations des gens parce que beaucoup de gens font des achats via internet et il y a du des frais de ports ou de transports qui ne font qu’augmenter, je me dis qu’avec le 80km/h s’il n’est pas pragmatique, les frais de ports ou de transports risquent de venir encore plus chers alors qu’ils sont déjà trop chers.

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