« La Journée de la terre, qui est célébrée depuis le 30 mars 1976, a toujours bénéficié d'un large consensus au sein de la population palestinienne. Cette journée met en lumière la cause des réfugiés palestiniens et plaide pour leur retour sur leurs terres, comme le stipule la résolution 194 des Nations unies. En ce jour de 30 mars 1976, les forces israéliennes ont froidement abattus 6 citoyens palestiniens communément appelés «Arabes d'Israël», puisqu'ils appartenaient à la communauté palestinienne ayant réussi à rester sur ses terres en 1948, au cours de leur participation à des manifestations de protestation pacifiques contre l'expropriation et la confiscation de terres palestiniennes par les autorités d’occupation.Ces Palestiniens avaient pourtant la nationalité israélienne. Mais elle n’a servi à rien... »

Reprenons la lecture du récit de Fares Chahine...

Michel Peyret


Célébration de la journée de la terre en Palestine occupée

Israël commet un massacre à Ghaza

Taille du texte normalele 31.03.18 | 12h00 Réagissez

Ghaza
De notre correspondant

Répondant à l'appel de plusieurs factions palestiniennes, des milliers de Ghazaouis se sont dirigés, dès vendredi matin, vers les zones frontalières avec Israël pour participer à la «grande marche du retour», dans le cadre de la commémoration de la Journée de la terre, célébrée annuellement depuis 1976, partout en Palestine occupée et par les diasporas palestiniennes à l'étranger. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu.

L'armée israélienne a mis en exécution ses menaces, lancées en début de semaine, d'utiliser des balles réelles pour réprimer les manifestants. Le chef de l'état-major de l'armée d'occupation avait même déclaré à la presse israélienne qu'il allait lui-même superviser la répression de «La grande manifestation du retour», comme l'ont appelé les organisateurs.

Les forces israéliennes, renforcées par une centaine de snipers postés tout le long de la frontière avec la bande de Ghaza, n'ont ainsi pas hésité à tirer sur les manifestants désarmés qui ne portaient que des drapeaux palestiniens et lançaient des slogans réclamant le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres et dans leurs villages d'où ils ont été expulsés de force en 1948.

Le bilan de la tuerie israélienne préméditée était, hier en milieu d'après-midi, de 12 Palestiniens tués et de 550 autres blessés. Une véritable boucherie !

Le fait marquant de cette journée a été sans nul doute la forte participation populaire, malgré les menaces israéliennes de tuer toute personne qui s'approcherait à moins de 300 mètres de la clôture de sécurité qui tient lieu de ligne de frontière entre l'enclave palestinienne et l'entité sioniste.

Au lieu de leur faire peur, les menaces israéliennes ont au contraire galvanisé les citoyens qui se sont rendus en masse vers la frontière pour scander leurs slogans. L'autre point remarquable de cette journée historique était l'absence des bannières des différentes factions palestiniennes. Celles-ci ont laissé place au seul drapeau palestinien, symbole de l'unité du peuple palestinien.

Consensus national

Des centaines de tentes ont donc été plantées tout le long de la frontière à une distance de 700 mètres environ de la clôture. Des aires de jeu ont été aménagées. Malgré la tension palpable et la peur, des enfants et des jeunes ont joué au football. Il y avait aussi beaucoup de femmes.

Cette présence féminine remarquable a d’ailleurs apporté un démenti au gouvernement israélien de droite qui fournit de grands efforts pour accréditer l’idée que les Palestiniens sont des terroristes, des tueurs sanguinaires et des misogynes.

Malgré le danger, les Palestiniens de la bande de Ghaza, qui vivent dans des conditions inhumaines depuis de très longues années, promettent que ce 30 mars 2018 n'est que le début d'une insurrection civile contre les autorités de l'occupation.

La Journée de la terre, qui est célébrée depuis le 30 mars 1976, a toujours bénéficié d'un large consensus au sein de la population palestinienne. Cette journée met en lumière la cause des réfugiés palestiniens et plaide pour leur retour sur leurs terres, comme le stipule la résolution 194 des Nations unies.

En ce jour de 30 mars 1976, les forces israéliennes ont froidement abattus 6 citoyens palestiniens communément appelés «Arabes d'Israël», puisqu'ils appartenaient à la communauté palestinienne ayant réussi à rester sur ses terres en 1948, au cours de leur participation à des manifestations de protestation pacifiques contre l'expropriation et la confiscation de terres palestiniennes par les autorités d’occupation.

Ces Palestiniens avaient pourtant la nationalité israélienne. Mais elle n’a servi à rien. Une telle violence n’a jamais été utilisée par les forces israéliennes contre des manifestations organisées par des Israéliens de confession juive. Il s’agit de la preuve que ces «Arabes d'Israël» sont considérés comme des citoyens de seconde zone. L’Etat hébreu est un Etat qui pratique l’apartheid.
 
La détermination des jeunes

Les Arabes d'Israël, dont le nombre a dépassé le million, représentent le sixième de la population israélienne. Ils souffrent de mesures racistes et militent depuis 1948 pour une égalité des droits dans l'Etat d'Israël.

La Journée de la terre est célébrée annuellement par des marches et rassemblements dans les villes à majorité arabe en Israël.

La diaspora palestinienne commémore également cette journée dans les pays du Moyen-Orient, où la présence de réfugiés est très forte, comme la Jordanie, le Liban et la Syrie. Les manifestations et les marches dans la bande de Ghaza et en Cisjordanie occupée, y compris dans la Ville Sainte d'Al Qods, ont reçu le soutien du gouvernement et des différentes factions palestiniennes, à leur tête le Fatah et le Hamas.

A ce propos, la grande mobilisation d’hier a apporté un cinglant démenti à Ben Gourion, l'un des fondateurs de l'Etat hébreu, qui, parlant des Palestiniens chassés de chez eux, a souvent soutenu que «les vieux vont mourir et que les jeunes vont oublier».

70 ans après, le peuple palestinien a répondu de façon claire : même si les descendants des réfugiés n'ont en effet jamais vu la terre de leurs parents et de leurs grands-parents, ils y sont néanmoins toujours attachés et ont décidé de poursuivre la lutte pour pouvoir y retourner un jour.

Fares Chahine