Ce 21 février 2018, n’oublions pas le 21 février 1944 !

Le 21 février 1944 les Résistants du groupe FTP-MOI, Manouchian, étaient fusillés par les nazis

Bonsoir

 

Des résistants du Groupe FTP MOI de Missak Manouchian ont été fusillés par les nazis au mont Valérien. Notre devoir est de rendre hommage en ce jour anniversaire à leur sacrifice. Ils ont donné leur vie pour que la France retrouve son indépendance et sa Liberté. Cet engagement total jusqu’à la mort a permis de vaincre l’Allemagne et de s’opposer à son hégémonie. L’Europe allemande était déjà le projet d’Hitler. Puisse cet hommage nous rappeler à nos devoirs élémentaires et à nous sortir de cette léthargie qui permet à nos adversaires toutes les audaces pour détruire les conquis de la Résistances !

N’oublions pas que celui qui oublie l’histoire est condamné à la revivre.

Vous trouverez ci-après le message de Georges Gastaud pour rendre hommage à ces Résistants.

Bien cordialement

Lucien Pons

Lettre écrite par Missak Manouchian à sa femme Mélinée le 21 février 1944 à la prison de Fresnes, quelques heures avant que le chef du groupe de résistants, Manouchian soit fusillé au fort du Mont Valérien. 

"Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais. Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps. Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération. Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari. Manouchian Michel. P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M. "

Le groupe Manouchian était composé de :

 « Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes

Ni l’orgue, ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà, que cela passe vite onze ans /
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des partisans. »....

ça vous dit quelque chose bien sûr ... ! Et oui, ce sont les sublimes vers de l’Affiche Rouge d’Aragon, qui rend hommage à Missak Manouchian et ses Camarades qui ont été fusillés le 21 février 1944 au Mont Valérian.

Adhérant au parti communiste en 1934, il rejoint également le HOC (comite de soutien à l’Arménie qui subissait alors le blocus allié). Puis, avec la montée du front populaire, Missak Manouchian est désigné comme rédacteur en chef du journal du HOC.
A la fin de l’année 1937, Manouchian est délégué au 9ème congrès du PCF.

En février 1943, il rejoint le groupe des Francs-tireurs et partisans, un groupe armé constitué par Boris Holban, Juif de Bessarie.

Il va créer alors son réseau « le réseau Manouchian » constitué de 23 résistants communistes, « étrangers et nos frères pourtant … », Espagnols, Italiens, Arméniens, et Juifs, 22 hommes et une femme…

Constitué et organisé entre la fin de l’année 1942 et février 1943, le réseau Manouchian fait partie du groupe de résistance des « Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée » (FTP-MOI).

Composé de 23 communistes (dont 20 étrangers : espagnols, italiens, arméniens et juifs d’Europe centrale et de l’est), le réseau effectue de nombreux attentats et actes de sabotages contre l’occupant nazi.
Arrêtés en novembre 1943, ses membres sont jugés lors d’un procès qui se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris, du 17 au 21 février 1944. Ils sont condamnés à mort et fusillés le 21 février au fort du Mont-Valérien..

La seule femme du groupe, Olga Bancic, fut décapitée le 10 mai.

À l’heure où le buste de Manouchian, qui surplombe le port de Marseille, vient de subir des profanations répétées de « sympathisants d’extrême droite ».il est encore plus urgent de rendre hommage à nos Camarades, qui ont donné leurs vies pour notre liberté.

Des cérémonies, ont lieu durant tout le week-end.

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