« Des agressions à répétition, indique l'article, alimentent la colère des gardiens, qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’attaque de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 11 janvier, qui a mis le feu aux poudres. Depuis, une série d’agressions dans plusieurs établissements du pays a ravivé le sentiment de ras-le-bol.A la veille du blocage, la situation s’est tendue dans de nombreux établissements pénitentiaires. Un surveillant et une surveillante ont notamment été agressés avec un pied de table en fer par un détenu à la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais). Ils ont été conduits à l’hôpital, dimanche, vers 18 h 30. « Ils ont de nombreuses contusions aux bras et sont touchés psychologiquement », a détaillé Yannick Lefebvre, du syndicat UFAP-UNSA à la prison de Longuenesse... »

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Michel Peyret


22 Janvier 2018, Publié par Patrick Granet

Prisons : 27 établissements bloqués et au moins 130 touchés par le mouvement des surveillants

Prisons : 27 établissements bloqués et au moins 130 touchés par le mouvement des surveillants En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/#h1oYooAUkCYXSO8k.99

Faute de consensus sur les propositions du gouvernement, les surveillants des 188 établissements pénitentiaires français étaient appelés au « blocage total » des prisons, dès 6 heures, lundi 22 janvier.

En milieu de matinée, le SNP-FO et l’UFAP-UNSA avançaient le chiffre de 120 à 130 établissements touchés. L’administration pénitentiaire faisait pour sa part état, à 12 h 15, de 43 prisons concernées : 15 où les agents de jour ont refusé de prendre leur service et 27 bloquées. A Fleury-Mérogis (Essonne), plus grande prison d’Europe avec plus de 4 300 détenus, environ 150 surveillants étaient rassemblés peu après 7 heures et bloquaient avec des barricades faites de pneus et de palettes l’accès à la prison.

Afin de reprendre « immédiatement » le dialogue et de trouver une issue à la situation, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, recevra ce même jour, à 15 heures, « l’ensemble des organisations syndicales représentatives ». Elle appelle les surveillants « à la responsabilité de chacun afin que la sécurité et le fonctionnement des établissements pénitentiaires soient assurés ».

Lire aussi :   Prisons : les syndicats rejettent le projet d’accord, nouveaux débrayages

La ministre réaffirme également « son soutien et sa solidarité aux surveillants victimes d’agressions graves et intolérables » et dit mesurer « les difficultés et les risques auxquels ils sont confrontés à chaque déplacement qu’elle effectue, depuis son entrée en fonction, dans les centres pénitentiaires ».

Des agressions à répétition alimentent la colère des gardiens, qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’attaque de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 11 janvier, qui a mis le feu aux poudres. Depuis, une série d’agressions dans plusieurs établissements du pays a ravivé le sentiment de ras-le-bol.

Nouvelles agressions dans le Pas-de-Calais et à Châteauroux

A la veille du blocage, la situation s’est tendue dans de nombreux établissements pénitentiaires. Un surveillant et une surveillante ont notamment été agressés avec un pied de table en fer par un détenu à la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais). Ils ont été conduits à l’hôpital, dimanche, vers 18 h 30. « Ils ont de nombreuses contusions aux bras et sont touchés psychologiquement », a détaillé Yannick Lefebvre, du syndicat UFAP-UNSA à la prison de Longuenesse.

L’agresseur, un détenu de droit commun, a été placé en garde à vue, selon le secrétaire interrégional FO pénitentiaire Julien Martin. « On est très choqué, ça ne va faire qu’amplifier la grogne et il y aura un durcissement demain à Longuenesse, a-t-il dit. Les syndicats appellent à ne pas prendre les clefs : on peut s’attendre à ce que ce soit les policiers qui viennent gérer l’établissement. »

Un autre surveillant a été agressé au centre pénitentiaire de Châteauroux dimanche, selon le parquet, confirmant une information de La Nouvelle République. Des surveillants tentaient de maîtriser le détenu « en situation de violence » lorsque celui-ci a lancé une chaise en criant « Allah akbar » (« Dieu est le plus grand »), blessant un des gardiens, qui s’est vu délivrer un jour d’incapacité temporaire de travail (ITT). Le détenu n’est pas connu pour être radicalisé. Placé en quartier disciplinaire, il doit être entendu lundi dans le cadre de l’enquête en cours.

La maison d’arrêt de Châteauroux fait partie des établissements bloqués lundi matin.

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Dimanche après-midi, toujours dans les Hauts-de-France, des dizaines de détenus dans les prisons de Maubeuge (Nord) et de Sequedin (Nord) avaient refusé de regagner leur cellule après la promenade. La situation est redevenue normale en fin de journée.

Gouvernement et syndicats dans l’impasse

Le rendez-vous de lundi aura lieu deux jours après que les surveillants ont rejeté un projet d’accord négocié avec le gouvernement. L’UFAP-UNSA, syndicat majoritaire (40 %), a fait savoir tard dans la soirée qu’après avoir interrogé ses militants, il ne signerait pas le texte. La CGT-Pénitentiaire (environ 15 %) avait déjà annoncé dans l’après-midi qu’elle ferait de même, évoquant des propositions « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés, notamment en termes de reconnaissance et d’attractivité de [ses] missions de service public [indemnité et statut] et de l’insuffisance de création de postes proposés ».

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Ce projet d’accord prévoyait notamment la création de 1 100 emplois de surveillant sur quatre ans, « dont une première tranche de 100 emplois dès 2018 » ; des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens ; un régime de détention spécifique pour les « détenus terroristes et radicalisés ».

De son côté, FO-Pénitentiaire (environ 30 %), qui fait cavalier seul depuis le début du mouvement, a appelé à durcir le ton et à des débrayages et à des « dépôts de clés », geste qui consiste pour les surveillants à ne pas prendre leur travail et à laisser, le cas échéant, les forces de l’ordre les suppléer.


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