« Si, nous dit Alexandre Loukil,  l’air était moins pollué, 34.000 décès pourraient être évités chaque année, avec un gain moyen de 9 mois d’espérance de vie. Il suffirait pour cela que l’ensemble des communes réussisse à atteindre les niveaux de PM2.5 observés dans les 5 % des communes les moins polluées. L’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avait organisé un colloque en 2014 pour fêter ses 50 ans. A cette occasion, son directeur de recherche en épidémiologie, Rémy Slama, avait alors affirmé que le nombre de décès dus à la pollution atmosphérique est aujourd'hui estimé entre 20.000 et 40.000 par an. En comparaison, ce chiffre est 5 à 10 fois plus élevé que celui des victimes d’accidents de la route, établi à 4.000... »

Reprenons la lecture des données de Alexandre Loukil...

Michel Peyret


POLLUTION DE L'AIR : COMBIEN DE MORTS FAIT-ELLE EN FRANCE ET À PARIS ?

PUBLIÉ LE 13/10/2017 À 18H21  MIS À JOUR LE 14/10/2017 À 18H10

Paris, le 24 janvier 2017, lors d'un pic de pollution LUDOVIC MARIN / AFP

Anne Hidalgo, la maire de Paris a annoncé vouloir bannir la voiture essence d’ici 2030, en plus des véhicules diesel dès 2024. Parmi les raisons invoquées, la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution. Combien de décès sont effectivement liés chaque année aux particules fines émises par les pots d’échappement, à Paris et en France ?

Elle en a surpris plus d’un. Anne Hidalgo, la maire de Paris, souhaite la disparition des voitures essence de Paris à l'horizon 2030, en plus de celle des véhicules diesel déjà prévue pour 2024. La mesure a été présentée lors d’un comité de pilotage du plan climat de la ville, mercredi 11 octobre. Cela laisserait seulement 12 ans aux Franciliens pour se convertir à l’électrique, aux transports en commun ou...quitter la région.

Le problème est effectivement sérieux. Une étude de l'agence Santé publique, parue en 2016, estime que le nombre de morts dus aux particules fines s’élève à au moins 48.000 par an, soit 9% de la mortalité nationale ! Toujours selon la même étude, à Paris, 2.500 personnes meurent chaque année de pollution atmosphérique. Ces décès seraient principalement liés à la concentration en particules fines de type “PM2.5” que recrachent notamment les véhicules diesel. Ce sont elles qui peuvent atteindre tous les organes du corps en s’incorporant dans le sang. Il en résulte ainsi des cancers ou des maladies cardio-vasculaires. Mais les moteurs à essence ne sont pas pour autant exemptes de tout reproche, une récente étude de l’Ademe rappelant qu’ils émettent également des particules fines.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la pollution de l’air n’affecte pas que les grandes villes précise l’étude. “Les villes moyennes et petites ainsi que les milieux ruraux sont aussi concernés” peut-on lire. Certes dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitants les résultats montrent, en moyenne, une perte de 15 mois d'espérance de vie à 30 ans du fait des PM2.5. Mais dans les zones moins peuplées - entre 2.000 et 100 000 habitants - la perte d’espérance de vie est aussi très élevée : 10 mois en moyenne. Enfin dans les zones rurales, à l’inverse de ce que l’on pourrait imaginer, ce sont en moyenne 9 mois d'espérance vie qui sont estimés perdus.

Une autre étude avance des chiffres plus prudents

Si l’air était moins pollué, poursuit la note, 34.000 décès pourraient être évités chaque année, avec un gain moyen de 9 mois d’espérance de vie. Il suffirait pour cela que l’ensemble des communes réussisse à atteindre les niveaux de PM2.5 observés dans les 5 % des communes les moins polluées.

L’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avait organisé un colloque en 2014 pour fêter ses 50 ans. A cette occasion, son directeur de recherche en épidémiologie, Rémy Slama, avait alors affirmé que le nombre de décès dus à la pollution atmosphérique est aujourd'hui estimé entre 20.000 et 40.000 par an.En comparaison, ce chiffre est 5 à 10 fois plus élevé que celui des victimes d’accidents de la route, établi à 4.000. En revanche, les effets de la fumée de cigarette - 70.000 à 80.000 décès - et ceux de l'alcool - 50 000 décès - sont encore bien plus meurtriers.

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ALEXANDRE LOUKIL