« Au vu des résultats, indique RFI, la crise est loin d’être résolue, analyse notre envoyée spéciale à Madrid, Juliette Gheerbrant. Le bloc indépendantiste se maintient même s’il est minoritaire en voix. C’est un revers politique pour Mariano Rajoy mais il montre bien la réalité de la fracture de la société catalane et le gouvernement d’une façon ou d’une autre va devoir y faire face.Jeudi 21 décembre, en conférence de presse, un responsable du parti a longuement insisté sur le nécessaire respect de la loi par le prochain gouvernement quel qu'il soit, mais les deux grands partis indépendantistes vont avoir besoin de la CUP, cette petite formation qui continue de prôner une sécession unilatérale, s’ils veulent gouverner... »

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Michel Peyret


ESPAGNE

Catalogne: le parti de Mariano Rajoy face au désastre électoralhttp://scd.rfi.fr/sites/filesrfi/imagecache/rfi_16x9_1024_578/sites/images.rfi.fr/files/aef_image/2017-12-22t113115z_1737376896_rc1ac6376fa0_rtrmadp_3_spain-politics-catalonia_0.jpgLe Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors du comité exécutif du Parti populaire le 22 décembre 2017.

© REUTERS/Paul Hanna

 

Par RFI 

Publié le 22-12-2017 Modifié le 22-12-2017 à 16:02

La liste de Carles Puigdemont, Junts per Catalunya, maintient sa position dominante au sein du bloc unioniste, avec 34 sièges décrochés, mais c'est toutefois Ciudadanos, parti de centre droit et opposé aux indépendantistes, qui a finalement recueilli le plus de suffrages aux élections régionales du 21 décembre. Il obtient 35 sièges. Ce n'est donc pas une victoire nette et totale pour les indépendantistes. Ce qui est certain, en revanche, c'est qu’il s’agit d’un véritable camouflet pour le pouvoir de Madrid et pour Mariano Rajoy, qui entendait calmer les ardeurs indépendantistes.

Conforté par le résultat des élections régionales anticipées du 21 décembre, l’ex-président de Catalogne, Carles Puigdemont, actuellement en exil à Bruxelles, a proposé au Premier ministre espagnol Mariano Rajoy de le rencontrer hors d’Espagne. Demande refusée par Mariano Rajoy, qui assure qu'il s'opposera à toute initiative contraire à la Constitution espagnole.

Le président du gouvernement estime que pour l'heure, il doit discuter en priorité avec l'unioniste Inès Arrimadas, du parti Ciudadanos arrivé en tête de l'élection. Une période de dialogue s'ouvre en Catalogne, considère en revanche M. Rajoy, selon qui la responsabilité de tous les partis politiques doit être de travailler à réduire les fractures au sein de la société catalane.

Les dirigeants du Parti populaire ont fort à faire, pour analyser ce qui est à la fois un désastre électoral et un nouveau défi pour le gouvernement. Avec trois sièges seulement contre 11 dans la précédente législature, le parti de Mariano Rajoy a subi un véritable camouflet. Xavier García Albiol, le leader régional du PP, ne pourra même pas constituer un groupe parlementaire à la Generalitat.

Au vu des résultats, la crise est loin d’être résolue, analyse notre envoyée spéciale à Madrid, Juliette Gheerbrant. Le bloc indépendantiste se maintient même s’il est minoritaire en voix. C’est un revers politique pour Mariano Rajoy mais il montre bien la réalité de la fracture de la société catalane et le gouvernement d’une façon ou d’une autre va devoir y faire face.

Jeudi 21 décembre, en conférence de presse, un responsable du parti a longuement insisté sur le nécessaire respect de la loi par le prochain gouvernement quel qu'il soit, mais les deux grands partis indépendantistes vont avoir besoin de la CUP, cette petite formation qui continue de prôner une sécession unilatérale, s’ils veulent gouverner.

Au niveau national cette fois, la vague orange de Ciudadanos risque d’affecter le leadership du Parti populaire à droite de l’échiquier politique. Enfin, dans les rues de Madrid ce vendredi, la plupart des gens se désolent du résultat de ces élections et font part de leurs inquiétudes pour les mois à venir.