« Le «rêve chinois», indique l'article, d'une «grande renaissance» du pays le plus peuplé au monde, après un siècle d'humiliation infligée par les Occidentaux, tient lieu de programme au président Xi, qui occupe quasi quotidiennement l'ouverture du grand journal télévisé du soir, recevant des dirigeants étrangers, discutant avec des citoyens ordinaires ou discourant devant des assemblées de cadres qui l'applaudissent frénétiquement. Autant de mises en scènes dans le plus pur style soviétique, qui s'accompagnent d'un retour de l'idéologie, de la propagande et d'une répression tous azimuts contre les ferments potentiels de déstabilisation, à commencer par les réseaux sociaux, étroitement surveillés. «Xi Jinping se présente comme l'anti-Gorbatchev. C'est quelqu'un qui a été traumatisé par la chute de l'URSS, ce qui explique la répression de la société civile et le retour de l'idéologie depuis son arrivée au pouvoir», analyse le journaliste François Bougon, auteur d'un récent ouvrage intitulé «Dans la tête de Xi Jinping»... »

Reprenons la lecture de l'article présentant Xi Jinping...

Michel Peyret


Xi, prince rouge qui veut sauver le communisme

Chine, L'omniprésent Xi Jinping devrait dédier son second mandat à consolider le rêve d'une «grande renaissance» chinoise.

Xi jingping - image d'archive

Xi jingping - image d'archive Image: Keystone

17.10.2017

Il est le plus puissant dirigeant chinois depuis un quart de siècle: Xi Jinping s'apprête à recevoir un nouveau sacre. A la tête de la deuxième puissance mondiale, il est bien décidé à tout faire pour cimenter le pouvoir du parti communiste, sans concessions à la société civile.

Omniprésent dans les médias, au point d'être comparé au fondateur du régime Mao Tsé-toung, Xi Jinping, 64 ans, doit obtenir un nouveau mandat de cinq ans lors du congrès du parti communiste chinois (PCC) qui s'ouvre mercredi à Pékin.

Secrétaire général du PCC, président de la république populaire et de la commission militaire centrale, Xi Jinping, visage rond et silhouette massive, cumule les fonctions à la tête de la deuxième puissance mondiale.

«Il représente ce que les Chinois veulent en matière de gouvernance: un pays bien tenu, une Chine forte et respectée», observe le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l'université baptiste de Hong Kong.

«Grande renaissance»

Le «rêve chinois» d'une «grande renaissance» du pays le plus peuplé au monde, après un siècle d'humiliation infligée par les Occidentaux, tient lieu de programme au président Xi, qui occupe quasi quotidiennement l'ouverture du grand journal télévisé du soir, recevant des dirigeants étrangers, discutant avec des citoyens ordinaires ou discourant devant des assemblées de cadres qui l'applaudissent frénétiquement.

Autant de mises en scènes dans le plus pur style soviétique, qui s'accompagnent d'un retour de l'idéologie, de la propagande et d'une répression tous azimuts contre les ferments potentiels de déstabilisation, à commencer par les réseaux sociaux, étroitement surveillés.

«Xi Jinping se présente comme l'anti-Gorbatchev. C'est quelqu'un qui a été traumatisé par la chute de l'URSS, ce qui explique la répression de la société civile et le retour de l'idéologie depuis son arrivée au pouvoir», analyse le journaliste François Bougon, auteur d'un récent ouvrage intitulé «Dans la tête de Xi Jinping».

Un prince rouge

«Si nous dévions du marxisme ou l'abandonnons, notre parti perdra son âme et son cap», avertissait encore Xi Jingping le mois dernier, comme si son parti n'avait pas fait un pas de géant vers l'économie de marché depuis la fin des années 1970.

Xi Jinping est né dans un milieu privilégié, le 15 juin 1953 à Pékin. Il est le fils de Xi Zhongxun, l'un des fondateurs de la guérilla communiste. Il appartient à la caste toute puissante des «princes rouges», descendants des révolutionnaires arrivés au pouvoir en 1949 avant d'être broyés par les purges de Mao Tsé-toung.

«Son attachement au parti est très fort du fait de son origine familiale. Si son père a été purgé par Mao, M. Xi fait partie de ces fils qui veulent réparer le parti et non s'en venger», estime François Bougon. «Il croit que le parti est la force qui peut vraiment transformer la Chine.»

Xi Jinping cherche à gommer ses origines et cultive une image de dirigeant proche du peuple. La presse officielle insiste sur sa vie à la campagne pendant la «révolution culturelle» (1966-1976), lorsqu'il habitait dans une grotte.

Winnie l'ourson

Avec la fin des troubles de l'ère maoïste, Xi Jinping décroche un diplôme d'ingénieur chimiste de la prestigieuse université Tsinghua à Pékin, mais fait carrière dans l'appareil du PCC, où il entre l'année de ses 21 ans.

Gouverneur du Fujian en 2000, patron du parti au Zhejiang en 2002, deux provinces côtières vitrines des réformes économiques, il est appelé par le président Hu Jintao pour faire le ménage en 2007 à Shanghai, où le chef du PCC a été emporté par un scandale de corruption.

La même année, Xi Jinping entre au comité permanent du bureau politique, le cénacle dirigeant du PCC, dont il prendra les rênes en novembre 2012. Le président chinois connaît l'Occident: il a séjourné aux Etats-Unis, en 1985, pour étudier l'agriculture. Divorcé, il a épousé en secondes noces en 1987 la chanteuse Peng Liyuan, alors beaucoup plus célèbre que lui. Le couple a une fille, tenue à distance des médias.

Son visage poupin lui vaut les moqueries d'internautes qui ont rapproché des photographies de lui et de Winnie l'ourson. A tel point que tout commentaire sur le sympathique ours a été bloqué l'été dernier sur les réseaux sociaux. (ats/nxp)

Créé: 17.10.2017, 06h40