« Le capitalisme, indique l'article, plus qu’un système social auquel presque chacun est dorénavant plutôt bien adapté, de bon ou de mal gré, consistant à créer puis organiser les « nécessaires » inégalités de revenus, est donc aussi un état d’esprit qui invite à l’accumulation des richesses, sans limites aucunes et de manière concentrationnaire, par les plus méritants, tout du moins ceux qui se sont auto-proclamés comme tels. Et plus je suis riche, plus la richesse se concentre, et plus je dois me battre pour la garder. On parlera ainsi de capitalisme libéral, terme qui constitue en soi -on l’aura compris- une tautologie, voire un truisme, et qui institue la notion de compétition comme fondement même de la régulation des rapports humains. C’est cette fameuse « main invisible du marché », tellement invisible que personne ne l’a en réalité jamais vue, même si on aurait aimé la voir gifler certaines personnes... »

Reprenons la lecture de l'article.. 

Michel Peyret


 

Développement durable, capitalisme vert, greenwashing : l’imposture

par Elixir
mercredi 20 septembre 2017

« Le minimum d'actions, de dépenses, d'investissements (...) scientifiquement nécessaire pour combattre le réchauffement de la planète dépasse largement le maximum politiquement faisable pour ne pas perdre les prochaines élections. »
Al Gore

A l’heure où les Antilles tournent maintenant au rythme d'un cyclone de catégorie 4 par semaine, il ne faut pas se voiler la face, et l’ancien prétendant à la présidence des Etats-Unis ne le sait que trop bien : l’écologie a toujours eu autant de pouvoir en politique qu’un diplomate en a d’arrêter la guerre en agitant ses bras sur un champ de bataille, et en en prenant au passage plein la gueule…

Les effets d'annonces, les coups de com’ médiatiques, les « punchlines », les sommets toujours plus hauts les uns que les autres n’y changeront malheureusement rien, Trump avait déjà annoncé d’office la couleur en balayant d’un revers de main le château de cartes des accords de Paris sur le réchauffement. On pourra lui reconnaître au moins un certain pragmatisme, car on ne peut pas défendre « en même temps » la croissance économique et la protection de la nature sauf à vouloir le beurre et l’argent du beurre, tout autant que le sourire des banquiers, ce que nous allons nous évertuer à démontrer. Le président américain a ainsi su faire le choix décomplexé que tous les autres gouvernants ne peuvent électoralement pas faire : préférer ouvertement le libéralisme à la protection de l’environnement.

Alors pour parer à ce défi cornélien, nos politiques et leurs services de communication ont eu la bonne idée, après 40 ans au moins de réflexion intense, de repeindre l’économie en vert, et de nous pondre un prétendu capitalisme-light, comme l’avait fait Coca-cola en son temps en remplaçant le sucre par de l’aspartame dans la formule de sa célèbre boisson. Pour eux le tour était joué et les obèses du monde entier ont pu continuer à profiter des bubulles tout en croyant continuer à maigrir...

 

Il en va de même pour la politique. Vous êtes inquiet pour l’environnement ? L’avenir de vos enfants vous en touche une ? Pas de problèmes… on a un nouveau produit ! Et celui-là devrait vous plaire… Vous allez ainsi pouvoir consommer encore plus, tout en protégeant la planète !

Incroyable non ?

On attend ainsi le capitalisme "zéro", et le libéralisme "100% biodégradable"...

Et pourtant « plus c’est gros plus çà passe » disait Goebbels, maître es-propagande...

 Bref, vous aurez compris que la petite musique de l’ « écologie » du 20h j’en ai un peu raz le bol, et je pense que certains trolls me rejoindront aussi sur ce point, même si pas pour les mêmes raisons…

Nous avons donc la notion de « capitalisme vert  » dans le collimateur, et les nombreux consommateurs conquis par le concept, appelé autrement « développement durable », ou« croissance écologique » -pourquoi pas, soyons fous- aimeront à recevoir quelques explications pour lesquelles nous croirions y déceler une certaine imposture.

 

En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai. 
Talleyrand

 

Qu’est-ce donc d'abord que ce capitalisme que l’on croit si bien connaitre ? Si l’on s’en réfère à l’éthymologie que nous rapporte Wikipédia, le terme capitalisme provient du mot latin « caput » (à ne pas confondre avec l’allemand kaput…), qui signifie « la tête », à l'origine la tête de bétail (le cheptel). On est tout de suite mis dans l’ambiance… 

Pour ne pas tartiner 3 pages et ne pas laisser trop de prise à la contradiction, je me contenterai d’une brève définition personnelle tout à fait sérieuse qui serait la suivante :

Le capitalisme serait« la liberté personnelle de s’enrichir ». Oui je sais le mot liberté çà fait « classe » et même plutôt envie, et çà plait énormément aux marcheurs ou autres amateurs de sensations fortes, mais çà fait peut-être même aussi un peu lutte des classes lorsqu’on y réfléchit… alors n’allons pas trop loin tout de même….

Donc quand on parle de s’enrichir c’est au niveau financier bien sûr, il ne s’agit pas de s’enrichir l’âme ou l’esprit, on n’a jamais vu un « représentant de commerce » prétendre vouloir atteindre le nirvana en nous vendant un aspirateur à 500 euros … en général c’est plutôt à la ménagère à qui il promet monts et merveilles tout en lui faisant en plus le cadeau d'une brosse…

Car lorsqu’on s’enri-chie c’est bien entendu au dépens des autres, comme le dit le vieil adage : « pour que peu aient beaucoup il faut que beaucoup aient peu ». Pour le capitaliste, peu importe le montant de sa bourse, du moment qu’elle en a plus que les autres. Cela s’appelle le profit. Profiter de quelque chose, de quelqu’un, en d’autres temps on aurait appelé çà du vol, ou de l’exploitation. Aujourd’hui, le vice a été érigé en vertu et celui qui ne participe pas à la curée collective est ridiculisé, méprisé, voire même mis rapidement hors d'état de nuire, sauf à faire office d'épouvantail…

Le capitalisme, plus qu’un système social auquel presque chacun est dorénavant plutôt bien adapté, de bon ou de mal gré, consistant à créer puis organiser les « nécessaires » inégalités de revenus, est donc aussi un état d’esprit qui invite à l’accumulation des richesses, sans limites aucunes et de manière concentrationnaire, par les plus méritants, tout du moins ceux qui se sont auto-proclamés comme tels. Et plus je suis riche, plus la richesse se concentre, et plus je dois me battre pour la garder. On parlera ainsi de capitalisme libéral, terme qui constitue en soi -on l’aura compris- une tautologie, voire un truisme, et qui institue la notion de compétition comme fondement même de la régulation des rapports humains. C’est cette fameuse « main invisible du marché », tellement invisible que personne ne l’a en réalité jamais vue, même si on aurait aimé la voir gifler certaines personnes...

 

mars-info

 

Alors donc, en quoi consisterait le capitalisme vert pour des gens qui ne jurent que par le verbe "innover" ? Accumuler de la peinture ? Pas sûr, quoiqu’avec les peintres qui nous gouvernent aujourd'hui on pourrait en douter. 

Peut-être devrions nous nous pencher maintenant du côté de la notion d’écologie pour essayer de mieux comprendre… désolé si çà en fera vomir certains...

Selon wiktionaire, l’écologie est "la partie de la biologie qui étudie les relations et les interactions entre un organisme vivant et son milieu de vie."

Bon c’est sûr que dit comme çà, çà peut donner envie d’aller faire une virée en moto pour se détendre… Mais ne partons pas trop vite, on risquerait d’avoir un accident. Le principe de l’écologie est lié à l’équilibre dans le temps entre tous les acteurs d’un même milieu. Chaque être vivant ne prélève ainsi que ce qui lui est nécessaire pour vivre, ce qui permet la cohésion de l'ensemble. Les grecs, qui ont fait les mêmes erreurs avant nous, avaient appelé l'infraction à cette loi naturelle l'hybris, où le fait de désirer plus que nécessaire, et l'avait considéré comme une faute fondamentale tantôt liée à la jeunesse, tantôt liée à la folie.

Ainsi lorsqu’une espèce commence à s’accaparer toutes les ressources de cet écosystème l'équilibre est-il perdu, et le milieu se dégrade. Ce qui est le cas actuellement pour l’homme dont la quête de croissance éternelle pourrait d'ailleurs être associée à une forme de régression au stade juvénil où l'organisme a besoin de croître assez vite pour exister, ce qui n'est plus le cas normalement à l'âge adulte, où il commence même à rapetisser lentement.

Oh là ! surtout ne parlez pas de décroissance ! Bigre ! Vous les voyez en dreadlocks ?

Pourtant, ce déséquilibre organisé atteint aujourd’hui son paroxysme. 

C'est ainsi, par exemple, que huit milliardaires en son arrivés à détenir autant de richesses que la moitié la plus pauvre du monde... Mais 8 individus, aussi bons soient-ils, valent-ils autant que 3,5 milliards autres personnes ?(les echos) 

Peut-être est-ce devenu trop philosophique ou que les chiffres sont trop gros pour être appréhendés... C'est à se demander d'ailleurs pourquoi l'évolution nous a doté de milliards de milliards de connexions neuronales possibles, si c'est pour se contenter de savoir simplement couper une courge...

Servitude volontaire, quand tu nous tiens...

Heureusement,

comme la possibilité de s’enrichir indéfiniment semble compromise par la réalité de la physique, puisque les ressources naturelles nécessaires à la fondation de ces fortunes s’amenuisent de plus en plus rapidement, les riches, ou autres petits aspirants qui les vénèrent, et les hommes politiques qui les soutiennent et qui pour rien au monde ne souhaiteraient renoncer à leur sacro-saint principe d’accumulation de biens qui leur a permis d’accéder au Graal, sauf à nous accorder quelques miettes pour se donner bonne conscience, ont décidé de se soucier du sort de la planète et de (ne pas) se remmetre en cause...

Leur question est devenue simple : comment éviter l'obsolescence programmée qui atteint maintenant le système ? C'est une question qu'ils ne connaissent que trop bien, même si le problème était plutôt pour eux de savoir comment faire durer les choses moins longtemps, afin de pouvoir les renouveller plus vites en vue d'engranger plus de cash. (bac +8 en économie)

Surprise ! Il n 'ont pas trouvé...

ou plutôt si...

le greenwashing, ou écoblanchiment, dont les banques ont probablement entendu parler avant nous, mais pour d'autres raisons.

Comme on maquille le président pour qu’il passe mieux à la télé ils en sont arrivés à réutiliser des recettes antiques grossières consistant à farder le capitalisme en un système éthique et vertueux, afin que les consommateurs y croient encore, et surtout qu’ils continuent d’acheter tous ces produits merveilleux qui promettent le respect de la faune et de la flore, la jouissance du consommateur, tout autant que les dividendes et les stock options. Et qu’on te fout un champ d’éoliennes par-ci, ou qu’on te refourgue un panneau solaire à 3 briques par-là, qu’on te fasse ressortir un Nicolas Hulot pour épater l'électeur, et qu’elle est pas belle la vie, avec des sacs en plastiques dessinés avec des fleurs et des publicités pour des banques en ligne ? Ainsi tout le monde peut dormir tranquille…le temps que les très riches se mettent à l'abri, au soleil, quelque part dans leurs paradis fiscaux...

Et l’on en est donc venu à croire que l’on allait pouvoir continuer comme çà encore longtemps, en triant ses bouteilles de bière et ses trognons de pommes d'une main et en caressant son bijou de smartphone à reconnaissance faciale de l'autre ...

L'Iphone 12 à reconaissance faciale améliorée

(Depuis son essor il y a dix ans, l'industrie du smartphone est pointée du doigt pour son coup humain et écologique important, mais largement invisible du consommateur final. Esclavage, travail des enfants, pollutions de villes entières, usages de matériaux toxiques et non-renouvelables, conflits armés...)

 

Mais pas de bol, les faits sont têtus. Ce que la vie a mis des centaines de millions d’années à façonner, en créant des millions d’espèces différentes, cohabitants selon des équilibres subtils et probablement encore largement méconnus, ne se reproduira pas artificiellement en laboratoire en triturant maladroitement quelques éprouvettes, à ce moment là il sera déjà bien trop tard ... Vous savez, Jurassik Park, c'était seulement du cinema...

C’est vrai, on le reconnait, que la science était un peu le dernier espoir pour certains technomaniaques qui se voyaient peut-être passer leur fin de vie à se faire enfoncer des suppositoirs par des robots habillés en string…Oui, où va l'imagination, et pas que des japonais...

Mais pour les autres… ?

 

Plus la République était corrompue, plus les lois se multipliaient. 
Tacite