« Autrement dit, indique le texte, la question de l’unité est liée à la façon dont nous utiliserons les fondamentaux du ML pour mettre en œuvre ce processus d’élaboration démocratique du programme parmi les masses prolétariennes et populaires. La question politique importante est donc la manière de rendre visible une perspective politique d’alternative, c’est à dire la manière de définir concrètement la phase de transition socialiste que nous voulons construire. Cela suppose à la fois de comprendre ce que les classiques du ML ont à nous dire sur le sujet, et en quoi ces enseignements peuvent être mis en correspondance avec la situation actuelle, et voire même, s’ils le peuvent encore. Et cela suppose aussi de comprendre et d’analyser les expériences historiques au cours desquelles ces enseignements ont été élaborés, et d’en tirer enfin les leçons utiles, tant aux regards de leurs échecs que de leurs succès, nécessairement relatifs, mais pas forcément minimes, et encore moins, négligeable... »

Reprenons la lecture des conceptions de Luniterre...

Michel Peyret


 

« Unir les communistes », « Construire le parti », Quel sens pour ces mots d’ordre aujourd’hui ?

Ces derniers mois, différentes initiatives, différents processus ont été entrepris pour tenter d’unir les communistes se réclamant du marxisme-léninisme, et pour certains, du maoïsme, sous l’expression « marxisme-léninisme-maoïsme ».

Pourtant, force est de constater que « construction du parti » comme « unité des communistes » sont déjà de l’ordre du mythe récurrent depuis un demi-siècle environ, dans ce pays, et que les choses ne paraissent pas, manifestement, être sur le point de changer.

Sans rentrer dans le détail des polémiques entre individus, groupes et groupuscules, on s’en tiendra, ici, aux considérations générales à la fois les plus importantes et les plus fondamentales sur lesquelles repose ce débat.

La première question posée par l’énoncé du problème lui-même, est déjà de comprendre s’il s’agit d’unir des militants et des courants politiques ayant une idéologie commune ou bien s’il s’agit carrément de construire une unité à partir d’idéologies différentes.

En effet, « unir les communistes », est un mot d’ordre des plus ambivalents, si l’on n’en précise pas davantage les limites et les contours…

Déjà archi-usée par les diverses fractions « de gauche » du parti archi-révisionniste PCF, la formule est elle- même, pour tout dire, archi-galvaudée… !

Même la caractérisation ML, à laquelle nous restons particulièrement attachés, sur TML, ne peut servir de « périmètre », en quelque sorte, tant ce « périmètre » reste flou par le nombre de gens qui s’y considèrent inclus de manière souvent pour le moins arbitraire.

Même sans considérer uniquement la « nuance » importante ML/MLM, il faut donc bien admettre qu’il y a pluralité d’ « idéologies » sous le vocable général.

Même si elles dérivent toutes du même corpus, on peut voir qu’elles ont précisément suffisamment dérivé, et de plus, en se ramifiant continuellement, et cela depuis autant de temps, pour constater qu’elles n’ont plus en commun entre elles que des apparences purement formelles.

Faut-il renoncer à toute possibilité d’unification pour autant ?

Même si les possibilités sont minces, renoncer complètement ne mène nulle part, et d’autant moins que le problème se reposera inévitablement si les luttes se développent, et qu’il ne peut rester insoluble sans les condamner à l’échec.

Mais se baser sur des apparences communes formelles ne mène donc à rien non plus…

Par contre, un autre aspect plus constructif du débat, quoi que encore plus mal compris, ces derniers mois, fut la critique du spontanéisme.

Sur TML, une première tentative, l’an dernier, au moment où la lutte contre la loi El Khomri s’était déjà nettement engagée dans une impasse, s’est trouvée synthétisée dans cet article :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/xxx-3-marxisme-leninisme-conscience-spontanee-etou-avant-garde-proletarienne-xxx/

Effectivement, combattre le spontanéisme revient à réintroduire la politique dans la démarche et dans l’action militante.

Cela suppose donc de définir un but politique à cette action. Or, là aussi, « construire le parti », « unir les communistes », cela reste de l’ordre du formel, même pour les éléments avancés du prolétariat, si cela n’est pas relié à une alternative politique visible, ou à tout le moins perceptible comme perspective, en opposition au système actuel. Considérés en dehors d’un programme politique, ou au moins d’un projet sérieusement ébauché, « unir les communistes », « construire le parti », comme mots d’ordre considérés donc uniquement en eux-mêmes, et de la façon dogmatique couramment pratiquée depuis plusieurs décennies, ces mots d’ordre ont perdu tout sens pour les éléments prolétariens d’avant garde, et même pour ceux qui ne sont pas sous l’influence du spontanéisme ou de l’anarcho-syndicalisme,

C’est la perspective politique rendue visible par le programme qui amorcera réellement le réveil massif de la conscience de classe.

Même s’ils participent davantage à son dévoiement qu’à son éveil, c’est en faisant participer les masses populaires à l’élaboration de leur programme que les sociaux-démocrates « de gauche » de Mélenchon ont réussi à ravir le leadership du populisme au FN.

La leçon utile de cette « mutation », c’est donc qu’il importe de définir, ou à tout le moins, d’ébaucher sérieusement, notre projet de programme, non pas de manière dogmatique, mais précisément dans le cours de l’enracinement progressif des communistes ML dans le prolétariat.

L’ébauche d’un programme et l’enracinement peuvent, et même, doivent être, deux aspects d’un processus dialectique, faisant également renaître à la fois la démocratie prolétarienne directe et le centralisme démocratique parmi les communistes.

Dans la mesure où il s’agit précisément d’un processus marxiste-léniniste, reposant sur les fondements théoriques du marxisme-léninisme, c’est sur l’approche qu’on en a qu’il y a lieu de s’interroger, si on veut faire avancer la question de l’unité.

Autrement dit, la question de l’unité est liée à la façon dont nous utiliserons les fondamentaux du ML pour mettre en œuvre ce processus d’élaboration démocratique du programme parmi les masses prolétariennes et populaires.

La question politique importante est donc la manière de rendre visible une perspective politique d’alternative, c’est à dire la manière de définir concrètement la phase de transition socialiste que nous voulons construire.

Cela suppose à la fois de comprendre ce que les classiques du ML ont à nous dire sur le sujet, et en quoi ces enseignements peuvent être mis en correspondance avec la situation actuelle, et voire même, s’ils le peuvent encore.

Et cela suppose aussi de comprendre et d’analyser les expériences historiques au cours desquelles ces enseignements ont été élaborés, et d’en tirer enfin les leçons utiles, tant au regards de leurs échecs que de leurs succès, nécessairement relatifs, mais pas forcément minimes, et encore moins, négligeables.

Et c’est là que l’on se trouve à nouveau éventuellement confrontés au problème des « nuances » idéologiques, sinon, carrément, de leurs antagonismes.

Aurait-on fait pour autant un tour pour rien ?

Ce qui distingue le mouvement dialectique d’une simple pirouette, c’est de savoir si l’on avancé d’un cran, et bien évidemment, vers le haut !

Or, si l’on est parvenu à cerner l’objectif du débat, on peut donc espérer qu’il ne soit pas vain, même s’il s’annonce, pour le moins, assez âpre… !

Un premier pas en avant a été fait, récemment, avec la création du Collectif Marxiste-Léniniste OCTOBRE! Il s’est trouvé aussitôt remis en cause sous l’influence du dogmatisme. Néanmoins, tant le contenu essentiel élaboré à cette occasion que la démarche d’agit-prop qui devait s’en trouver initiée restent pour nous, sur TML, un point de départ possible.

Néanmoins, pour aller plus loin dans la compréhension de la situation actuelle et de l’impasse cyclique « unité proclamée »- division réelle au fond de laquelle le mouvement ML tourne en rond, il nous a semblé nécessaire de préciser davantage le fond dialectique de notre démarche:

 

communistedialectique

 

  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/01/de-lunite-communiste-comme-processus-dialectique/

 A la suite, la liste des principaux articles sur le sujet, depuis le manifeste du Collectif Marxiste-Léniniste OCTOBRE! et la polémique qui s’en est suivie:

 19m/2017/07/23/1917-2017-octobre-arrive-que-faire-du-centenaire-un-premier-element-de-reponse/17-2017 : Octobre arrive !! Que faire du centenaire ? Un premier élément de réponse…

https://tribunemlreypa.wordpress.co

Prix du pétrole : Effondrement des cours et effondrement d’une théorie pseudo « marxiste-léniniste » !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

 

 De la nature de classe de la contre-révolution khrouchtchévienne (nouveau débat avec l’OCF)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/



Un siècle après la Révolution d’Octobre 1917, comprendre l’histoire de l’URSS

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

 

D’Octobre à la chute de l’URSS, problématique du rapport de force et de la superstructure

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

 

1917-2017 …Centenaire Révolutionnaire !! …Octobre vu de Russie …et vu d’ici !! (Nouvelle édition)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/22/1917-2017-centenaire-revolutionnaire-octobre-vu-de-russie-et-vu-dici-nouvelle-edition/

 

Luniterre