« Alors, indique Jean-François, que la politique austéritaire de nos gouvernants vise à faire supporter au peuple de France la baisse du taux de profit chère à Marx, les communistes peuvent-ils aider le peuple à adapter la superstructure à la base économique pour sortir du mode de production capitaliste ? Sans doute. A condition de voir la nouveauté de la situation et ce dont elle est porteuse, à condition de de ne pas rester obnubilé par les élections et de vouloir y enfermer le peuple : il ne faut pas confondre voie démocratique au changement et voie parlementaire... »

Reprenons la lecture des réflexions de Jean-François...

Michel Peyret


Nous qui voulons rompre avec le K



Chères et chers camarades,

 

Une note du bureau de l'ANC (dont je ne suis pas membre) et des

commentaires qu'elle a suscités m'ont été adressés dans un courriel

intitulé "Nous qui voulons rompre avec le K". Mes préoccupations sont

peut-être éloignées de ces camarades mais, au risque de surprendre,

voilà ce qui, aujourd'hui, me semble important.

 

Quand plus de 90 % du peuple de France vit de la vente de sa force

de travail —même si c'est au titre d'« entrepreneur »—, quand

l'intelligence artificielle se prépare à prendre sa place en grand dans

l'activité humaine, c'est que la base matérielle est mûre pour changer de

mode de production.

 

Un mode de production c'est, tout à la fois, une base matérielle et une

superstructure, les idées. Or la superstructure, les hommes et les femmes

qui forment le peuple de France, est elle aussi en pleine évolution.

 

Avec l’élection présidentielle, le clivage gauche-droite (dont chacun

constatait l’inanité) a été remplacé par le clivage base-sommet, autrement

dit : exploités-exploiteurs.

 

En refusant de prendre part à l’élection présidentielle, le peuple de

France a signifié à l'« élu » qu'il n'avait aucune légitimité pour le

représenter. Sauf à refuser de faire de la peine à l'« élu », ne serait-il pas

juste que les luttes prennent bien en compte cette donnée capitale ? Peut-

on oublier que le « non » du peuple français en 2005 a été transformé en

« oui » par nos élites de droite et de gauche ?

 

L'expérience du peuple c'est que les élections sont le moyen de mettre

des oligarchies au pouvoir. Il serait peut-être bien de réserver les

votations pour choisir les idées, la Constitution, les lois, et de tirer au

sort les représentants du peuple : réglés les problèmes de quotas femmes,

hommes, ouvriers, employés, patrons, actifs, retraités, rentiers, etc., avec

le tirage au sort la représentation est proportionnelle.

 

Alors que la politique austéritaire de nos gouvernants vise à faire

supporter au peuple de France la baisse du taux de profit chère à Marx,

les communistes peuvent-ils aider le peuple à adapter la superstructure

à la base économique pour sortir du mode de production capitaliste ?

Sans doute. A condition de voir la nouveauté de la situation et ce dont

elle est porteuse, à condition de de ne pas rester obnubilé par les élections

et de vouloir y enfermer le peuple : il ne faut pas confondre voie

démocratique au changement et voie parlementaire.

 

Les communistes pourraient essayer de se rassembler, d'affiner leur

réflexion sur la situation, de se mettre au service du peuple de France

(de parti de la classe à parti de la société ?). Ils peuvent aussi continuer

ce que certains font depuis plus de 2 décennies : écarter ceux qui ne

partagent pas leur point de vue et vendre les derniers vestiges

immobiliers comme ils ont vendu l'outil de formation des militants. Le

peuple de France écrira alors son Histoire sans eux... Malgré eux ?

 

En vous remerciant d'avoir pris le temps de me lire, je vous prie de

croire, chères et chers camarades, à mes sentiments communistes.

 

Jean-François Autier,

ex-membre du PCF 33 (ex-responsable départemental),

cheminot retraité, hémiplégique et aphasique.