« En France, nous dit l'Appel, ce sont les acquis du CNR, Sécurité sociale, retraites par répartition, Code du travail, nationalisations industrielles, conventions collectives nationales de branche, statuts publics, tout ce qui fut mis en place en 1945/47 par les ministres communistes, qui sont furieusement attaqués par les peu recommandables Fillon, Macron, Hollande et Cie. Dans nombre de pays ce sont les acquis fondamentaux des femmes comme le droit à l’IVG, le mariage civil, l’égalité dans le couple, sans parler du principe « à travail égal, salaire égal » qui sont érodés ou détruits par la poussée des idéologies rétrogrades qui ont proliféré sur la base de l’anticommunisme.Dans ces conditions, nous adressons le salut du PRCF à toutes les femmes, à tous les travailleurs, à tous les citoyens progressistes et insoumis de notre pays et d’ailleurs. Rendons au 8 mars sa signification révolutionnaire. Face à l’inhumanité capitaliste, face aux guerres impérialistes et à la fascisation sous toutes ses formes, prolétaires, femmes, peuples opprimés du monde, unissez-vous !... »

Reprenons la lecture de l'Appel...

Michel Peyret


Du 8 mars 1917 au 8 mars 2017

Appel collectif



C’est le 8 mars 2017 que la puissante Révolution russe dite de Février prit toute sa force à Petrograd, principalement sous l’impulsion de militants ouvriers clandestins du Parti bolchevik.

Plongée dans une spirale de misère et de mort par l’exploitation capitaliste et féodale en Russie, exaspérée par l’interminable guerre impérialiste de 1914-17, où l’Armée tsariste allait de défaite en défaite face aux Austro-Allemands, la population ouvrière de Petrograd s’insurgea contre le tsarisme assassin en réclamant du pain, la paix et les libertés démocratiques. La répression brutale ne fit qu’accroître la révolte, d’autant plus qu’à l’armée, les soldats d’origine paysanne se rebellaient de plus en plus contre une guerre absurde, conduite par et pour les privilégiés de Russie. Ainsi se réalisait pas à pas l’idée directrice de Lénine, appelant dès 1914 à transformer la guerre impérialiste en insurrection révolutionnaire.

Aujourd’hui, il est de bon ton d’opposer la Révolution « démocratique » de février 17 au prétendu « coup d’Etat » bolchevik d’Octobre. De même qu’il est fréquent d’entendre de faux savants opposer le communisme « ringard » à la « grande modernité » du féminisme. Double aberration quand on examine de près le contenu objectif du 8 mars 1917.

D’abord, il n’est nullement surprenant que la Révolution russe ait pris tout son essor un 8 mars : cette journée internationale de lutte des femmes contre l’exploitation capitaliste, pour le socialisme et l’égalité entre les sexes avait été instituée en 1911 par la Deuxième Internationale à la demande de Clara Zetkin, militante socialiste allemande, rédactrice de la revue Die Gleichheit (l’Egalité) : et le but poursuivi par Zetkin était parfaitement clair : ASSOCIER la lutte des femmes au combat prolétarien pour l’abolition de l’exploitation capitaliste. Zetkin était marxiste et c’est dans le grand livre intitulé L’origine de la famille, de la propriété et de l’Etat qu’Engels a montré les liens très forts qui lient la domination patriarcale à l’exploitation capitaliste. Rappelons aussi à ceux qui taisent la signification « rouge » du 8 mars que Clara Zetkin s’opposa frontalement à la Guerre impérialiste de 14-18 (comme Lénine en Russie, Jaurès en France ou Karl Liebknecht en Allemagne), qu’elle fut réprimée pour cela par le régime du Kaiser, qu’elle soutint la Révolution russe dans son entier (février ET Octobre) et qu’elle devient l’une des fondatrices de la Troisième Internationale (communiste). Déjà âgée, elle entra clandestinement en France à la Noël 1920 pour apporter le soutien de l’I.C. à la fondation du Parti communiste français lors du Congrès de Tours.

Par ailleurs, il est absurde d’opposer Février à Octobre 1917 : c’est en effet parce que les gouvernements bourgeois associés aux menchéviks qui se succédaient à Petrograd après la chute du tsar ajournaient sans cesse les revendications populaires des ouvriers, paysans et soldats, que le parti bolchevik – dont l’influence ne cessait de grandir chez les ouvriers, les soldats et les paysans pauvres – appela les Soviets, ces organes de la démocratie révolutionnaire en marche, à exercer tout le pouvoir et à chasser le gouvernement provisoire de Kerenski, qui voulait prolonger la guerre impérialiste avec le secret espoir qu’une victoire allemande règlerait son compte à la révolution prolétarienne. Et c’est pour donner la terre au paysans, instaurer le contrôle ouvrier sur la production et décréter la paix unilatéralement que les bolcheviks, devenus majoritaires dans les Soviets, renversèrent Kerenski le 7 novembre 1917. A l’issue d’un immense processus insurrectionnel démocratique que l’écrivain américain John REED a décrit avec flamme dans ses « DIX JOURS QUI EBRANLERENT LE MONDE », tout le pouvoir fut remis entre les mains des Soviets, c’est-à-dire à des organes élus par les masses, contrôlés par elle, et représentant ce que les marxistes ont toujours appelé la dictature du prolétariat.

Aussitôt le nouveau gouvernement soviétique formé, ce furent le Décret sur la paix, le Décret sur la Terre et, très vite, l’abrogation de toutes les lois discriminant les femmes, du droit de vote pour elles (28 ans avant la France !), avec l’intense activité des femmes rouges dans la Révolution, des Russes Alexandra Kollontaï et Nadia Kroupskaïa, aux bolcheviques françaises Inès Armand et Jeanne Labourbe. Trop souvent méconnue des communistes français d’aujourd’hui, cette institutrice communiste trouvera la mort en appelant les marins français dépêchés par Clémenceau pour mater la Révolution à se mutiner contre la poursuite de la guerre impérialiste.

Aujourd’hui, la contre-révolution fait rage ; c’est elle qui donne le ton réactionnaire, fascisant, belliciste, de la mondialisation néolibérale et de la prétendue « construction » européenne. En Russie et dans la plupart des pays ex-socialistes d’Europe annexés par l’Europe de Berlin, les travailleurs regrettent majoritairement – les sondages le prouvent – les acquis perdus du socialisme défait. En France, ce sont les acquis du CNR, Sécurité sociale, retraites par répartition, Code du travail, nationalisations industrielles, conventions collectives nationales de branche, statuts publics, tout ce qui fut mis en place en 1945/47 par les ministres communistes, qui sont furieusement attaqués par les peu recommandables Fillon, Macron, Hollande et Cie. Dans nombre de pays ce sont les acquis fondamentaux des femmes comme le droit à l’IVG, le mariage civil, l’égalité dans le couple, sans parler du principe « à travail égal, salaire égal » qui sont érodés ou détruits par la poussée des idéologies rétrogrades qui ont proliféré sur la base de l’anticommunisme.

Dans ces conditions, nous adressons le salut du PRCF à toutes les femmes, à tous les travailleurs, à tous les citoyens progressistes et insoumis de notre pays et d’ailleurs. Rendons au 8 mars sa signification révolutionnaire. Face à l’inhumanité capitaliste, face aux guerres impérialistes et à la fascisation sous toutes ses formes, prolétaires, femmes, peuples opprimés du monde, unissez-vous !

PREMIERS SIGNATAIRES DE CETTE DÉCLARATION DU PRCF :

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, pour le Secrétariat politique du PRCF

Angulo Henriette (13)
Berge Marie-Claude (45
Desaigle Denise (31)
Dupont Madeleine (62)
Flament Emmanuelle (59)
Guduk Sylvie (59)
Lacquemant Marie (06)
Lochouarn Nicole (92)
Macia Danielle (47)
Mateu Casado Annette (75)
Persichini Anna (06)
Sanfelieu Jany (89)
Vendeville Marie-Christine (75)

Audibert Camille (83)
Combe Christiane (19)
Guilbert-Landini Gilda (78
Hage Odile (59)
Lacroix-Riz Annie (78)
Lesturgeon Suzanne (22)
Mallet Michelle (78)
Murat Huguette (29)

Cotty Jean-Louis (77)
Guillaumin Bernard (78)
Houseaux Jean-Claude (84)
Le Moguen Claude (29)
Minard José (62)
Nicolas Daniel (08)

»» http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/8-mars-1917-8-mars-2...

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