Avec Marx

08 septembre 2018

BIEN PENSER, UNE PRAXIS DE L’HUMANITÉ PAR L’INDIVIDU.

7 Septembre 2018

Par Camille Loty Malebranche 

 

Tout ce qui élude la nature humaine en son essence spirituelle, tout ce qui évoque l'homme en rejetant l'esprit, ou même en essayant de refuser la primauté de l'esprit, cette hypostase métaphysique de l'être humain, réduit l'homme à ce qu'il n'est pas. De même, celui qui prétend ne considérer que l'esprit en méprisant la matérialité organique de l'homme et toutes ses implications temporelles c'est-à-dire somatiques et sociales, est ce que j'appelle un abstractionniste ontologique, un abuseur de l'abstrait, indigne manipulateur d'une spiritualité négatrice.

 

L'esprit est en nous la dimension capable d'un émerveillement et d'une passion cogitante comme projection de soi à travers le sens perçu selon l'imaginaire et l'intuition.

 
L’enthousiasme de la pensée et sa propension passionnée d’aboutir à l’idée comme étape décisive parce que cognitive, est le commencement de l’homme au-delà de l'animal humain; là où l’esprit humain prolonge dans le temporel, la face de Dieu soit en digne soit en traître, en tant que déterminateur de nouveauté.

 
Dire que l’idée est l’étape avouée de l’esprit pensant et agissant, c’est donc lui reconnaître son statut entéléchique de la vocation de l’énergie cogitante qui est propre à cette espèce, cet être qu’est l’humain. 

Penser comme je l'ai toujours soutenu, c’est d’abord Méditer; ensuite, Réfléchir; et enfin, Connaître. Cela aboutit à une autre triade qui est elle-même la marque de la souveraineté de l’esprit en train de connaître : la découverte, l’invention, la création. D’où, par delà les incongruences ressassées sur la scolarisation ou non d’un philosophe, d’un artiste ou d’un scientifique, la véritable pensée achevée qui parvient à l’idée propre, est autodidactique par essence.

 
Naturellement ici nous sommes loin des idées réflexes du quotidien fonctionnel que tous répètent sans même s'en rendre compte. Ces réflexes quotidiens comme se toiletter, déjeuner avant de sortir conduire sa voiture sont des fonctions intégrées dans la vie quotidienne comme des réflexes, la pensée-action, elle, est une praxis de la conscience pesant et jugeant les choses et les faits, se projetant comme être présent et avenir et choisissant le meilleur au bout du raisonnement clos ne serait-ce que provisoirement par des idées conçues en matériaux d’édification du devenir.

 
Apprendre par soi-même en usant de toutes  les institutions de la culture, est une mission de l’entendement digne de de soi, apte à son humanité et manifestant son authenticité de conquérant de soi, de sujet se manifestant pleinement humain dans l’enthousiasme cognitif et construisant son devenir permanent de personne en sa conscience en évolution vers l’amélioration permanente de soi. Apprendre, c’est vouloir comprendre pour s’améliorer. C’est manifester le parfait malgré les manques cinglants qui prouvent notre imperfection. C’est répondre à la perfectibilité en sachant minimiser le mal qui amenuise. C’est montrer que le non sachant porte en soi les germes du savoir qu’il doit cultiver et féconder jusqu’à la fertilisation. 

Bien penser est la praxis d’une adhésion vitale à la construction individuelle de l’humanité effective par l’animal humain aspirant à sa pleine vérité d’être. Praxis de l’homme criant sa foi en sa nature profonde en cultivant son essence, manifestant son humanité dans les faits par le feu de l’action cette instance imageante du soi humain.

Émerveillons-nous de nos propres splendeurs d’espèce! Et soyons toujours enthousiastes voire ivres de savoir pour ne jamais cesser d’apprendre! Oui, apprenons à voir en nous le ciel scintillant de nos brillances pour les maintenir par une pensée-action bénéfique qui minimise nos failles et nos faiblesses. Apprenons à faire de chaque instant un chant à notre nature spirituelle; efforçons-nous de manifester la grandeur de l’esprit par l’intellect pensant et agissant de telle sorte que notre entendement lumineux bénisse Dieu en lui rendant par la splendeur de notre pensée-action d’Imago Dei assumée, un peu de sa propre magnificence absolue!

Dépasser l'individu, transcender l'individuation organique par la culture de la nature profonde spirituelle, telle est la fin du bien penser pour bien agir et bien vivre par l'esprit conscient de soi et se construisant dans sa vérité humaine! 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016

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Kumaran Ira, France, les grandes fortunes toujours plus importantes

« Le rapport de Challenges, indique Kumaran Ira, souligne que le capitalisme français — malgré ses prétentions à être un ordre social moins dur, plus prévenant et plus réglementé — est déchiré par les mêmes contradictions sociales insolubles que le capitalisme mondial dans son ensemble. Les inégalités révélées dans ce rapport constituent une condamnation historique du capitalisme et des organisations qui se sont longtemps fait passer pour la “gauche” en France. A la Libération, le Conseil national de la Résistance a justifié la maintenance du capitalisme, malgré les crimes de la bourgeoisie fasciste en France et à travers l’Europe, en promettant que la France serait à jamais une République sociale. Les composantes staliniennes, social-démocrates et gaullistes du CNR promettaient toutes de mener l’élimination des « féodalités économiques et financières » en France. Non seulement les féodalités financières ont survécu à la Libération, mais elles ont établi un degré d’hégémonie économique dont elles n’avaient pas joui depuis les plus sombres heures de la Grande Dépression des années 1930 et de la Deuxième Guerre mondiale... »

Reprenons la lecture de l'étude de Kumaran Irza...

Michel Peyret


Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)

Les 500 grandes fortunes françaises possèdent 30 pour cent du PIB français

Par Kumaran Ira
25 juillet 2018

Depuis le krach de 2008, les Français les plus riches ont triplé le pourcentage de l’économie qu’ils détiennent personnellement. De 2009 à 2018, leur fortune collective est passée de 10 à 30 pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays, atteignant un niveau record de 650 milliards d’euros, selon le classement 2018 du magazine Challenges. La production nationale, quant à elle, n’a crû que de 12 pour cent.

Ce montant cumulé des 500 plus grandes fortunes de France est le produit de l’austérité sociale menée par les gouvernements successifs depuis 2008, pour détruire les acquis sociaux obtenus par les travailleurs à la Libération de l’Occupation nazie et du régime de Vichy.

L’accumulation de telles fortunes réfute tous les arguments selon lesquels il faudrait attaquer les salaires et les acquis sociaux parce qu’ils coûtent trop cher et qu’il n’y a pas assez d’argent. En fait, les réductions de salaires et la détérioration des conditions de travail ont servi à bâtir les fortunes obscènes d’une haute aristocratie financière ultra-réactionnaire.

Macron agrandit leurs fortunes en foulant aux pieds l’opposition de l’écrasante majorité des Français à sa politique de casse des services publics, de la santé, de l’éducation, des statuts des cheminots et des fonctionnaires, et des salaires et de l’emploi dans les entreprises via la loi travail. Sa dénonciation du « pognon de dingue » que la France dépenserait sur les services sociaux reflète l’arrogance et le sans gêne des banquiers et des ultra-riches qui dominent la France et l’Europe.

Selon un rapport publié par Bloomberg en mai, les treize personnes les plus riches de France se sont enrichies de 23,67 milliards d’euros depuis le début de 2018. Depuis janvier, les milliardaires français ont accru leur richesse de 12,2 pour cent et les 100 premières fortunes ont vu une hausse d’environ 15 pour cent en un an.

Parmi les milliardaires, on retrouve pour la deuxième année consécutive Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, en tête du classement, dont la fortune est passée de 18 à 73,2 milliards entre 2008 et 2018. Sa fortune est la première d’Europe et la quatrième mondiale. Arnault a vu sa fortune s'accroître de 19,1 milliards d'euros en un an, soit 52 millions d'euros par jour.

Avec 40 milliards d’euros, Alain et Gérard Wertheimer, les deux propriétaires de Chanel, passent de la 6ème à la 2ème place. Suivent ensuite les fortunes d’Axel Dumas, le gérant d’Hermès (39,6 milliards) et Françoise Bettencourt-Meyers, la propriétaire du groupe l’Oréal (39,3 milliards). En cinquième et sixième position, on retrouve Gérard Mulliez pour le groupe Auchan (38 milliards) et François Pinault (groupe de luxe Kering, 30,5 milliards).

Ces milliardaires ont bénéficié de réductions importantes de l’Impôt sur la fortune et de subventions de l’État au détriment des travailleurs qui créent les richesses.

La famille Arnault, qui a commencé par diriger une entreprise régionale de bâtiment, a constitué sa fortune en se servant de ses relations politiques et des subventions publiques pour restructurer et attaquer l’industrie du textile. Elle a finalement acquis LVMH dans les années 1980, laissant dans son sillage un cortège d’usines fermées et de communautés dévastées à travers le nord de la France. Cette région est devenue une base électorale du Front national néo-fasciste.

Arnault, qui est devenu fabuleusement riche en acquérant une marque de mode et de luxe après l’autre, a soutenu Macron l’année dernière.

La concentration historiquement sans précédent de la richesse au sommet de la société est un phénomène international. En 2017, 82 pour cent des richesses créées dans le monde ont été récupérées par les 1 pour cent les plus riches de la population mondiale; la moitié la plus pauvre de l'humanité n'a vu aucune augmentation de sa richesse.

Un rapport de Wealth-X montre que la population mondiale de milliardaires a augmenté de 15 pour cent depuis 2016, pour s’établir à 2.754 personnes, et que la richesse de ces milliardaires «a bondi de 24 pour cent à un niveau record de 9.200 milliards de dollars». C’est 12 pour cent du PIB annuel de toute la planète.

Par contre, partout dans le monde, les travailleurs et les masses démunies sont exclus des processus décisionnels des gouvernements. Alors que les États adoptent des politiques qui enrichissent des milliardaires, des millions de personnes passent sous le seuil de la pauvreté chaque année.

En 2010 déjà, en France, 62 pour cent des richesses était aux mains des 10 pour cent les plus riches des Français; les 50 pour cent les plus pauvres ne se partageaient que 5 pour cent du gâteau.

Un sondage Ifop pour Atlantico a découvert que plus d'un Français sur deux craint de tomber dans la pauvreté et que 55 pour cent des Français redoutent encore plus que par le passé de tomber sous le seuil de pauvreté. Selon Christophe Boutin, un politologue cité par Atlantico, « ce sont les retraités, avec leur score particulièrement bas, qui amènent ce résultat de 55 pour cent pour l’ensemble des Français, alors que les Français qui travaillent seraient plus proches d’une moyenne de 60 pour cent. » Cette proportion atteint 82 pour cent chez les chômeurs.

Le rapport de Challenges souligne que le capitalisme français — malgré ses prétentions à être un ordre social moins dur, plus prévenant et plus réglementé — est déchiré par les mêmes contradictions sociales insolubles que le capitalisme mondial dans son ensemble.

Les inégalités révélées dans ce rapport constituent une condamnation historique du capitalisme et des organisations qui se sont longtemps fait passer pour la “gauche” en France. A la Libération, le Conseil national de la Résistance a justifié la maintenance du capitalisme, malgré les crimes de la bourgeoisie fasciste en France et à travers l’Europe, en promettant que la France serait à jamais une République sociale. Les composantes staliniennes, social-démocrates et gaullistes du CNR promettaient toutes de mener l’élimination des « féodalités économiques et financières » en France.

Non seulement les féodalités financières ont survécu à la Libération, mais elles ont établi un degré d’hégémonie économique dont elles n’avaient pas joui depuis les plus sombres heures de la Grande Dépression des années 1930 et de la Deuxième Guerre mondiale. Face à la montée de ces fortunes politiquement illégitimes, les travailleurs ne trouveront finalement pas d’autre voie que d’exproprier ces biens mal acquis.

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Wikipedia, Histoire, Céphalonie

« Venise, indique Wikipedia, conserve l'île jusqu'à sa défaite face aux troupes françaises du général Bonaparte, en 1797. Le 28 juin 1797, les Français occupent Céphalonie. Le Général Bonaparte promet la libération des îles Ioniennes. Le livre contenant les noms et les privilèges de la noblesse, le « Libro d’Oro » est brûlé sur la place centrale d’Argostoli. La possession française des îles Ioniennes est officialisée par le Traité de Campo-Formio le 17 octobre 1797. Les îles Ioniennes deviennent des départements, partie intégrante de l’État Français le 1er novembre 1797. L’année suivante, une flotte alliée des Russes et des Turcs commandée par Fiodor Ouchakov conquiert les îles Ioniennes (voir Siège de Corfou (1798-1799)). Le 21 mars 1800, à Constantinople, la République des Sept-Îles est fondée sous la souveraineté nominale du sultan, mais reste occupée par la flotte russe. En contrepartie de leur soutien à ce traité, les riches seigneurs de Céphalonie obtiennent des privilèges exclusifs pour gouverner. Un mécontentement général contre le retour des privilèges conduit à des insurrections dans toutes les îles Ioniennes, qui sont violemment réprimées. La République des Sept-Îles est reconnue par la France par la paix d’Amiens en 1801... »

Reprenons la lecture de l'histoire de Céphalonie...

Michel Peyret


Céphalonie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Céphalonie
Κεφαλονιά / Kefaloniá


Vue satellite de Céphalonie

Géographie

Pays

 Grèce

Archipel

Îles Ioniennes

Localisation

mer Ionienne

Coordonnées

38° 12′ N, 20° 30′ E

Superficie

935 km2

Point culminant

mont Ainos (1 628 m)

Administration

Périphérie

Îles Ioniennes

District régional

Céphalonie

Dème

Céphalonie

Démographie

Population

35 590 hab. (2011)

Densité

38,06 hab./km2

Plus grande ville

Argostoli, Sami

Autres informations

Site officiel

www.kefalonia.gr [archive]

Géolocalisation sur la carte : Îles Ioniennes (périphérie)

Céphalonie

Céphalonie

Géolocalisation sur la carte : Grèce

Céphalonie

Céphalonie

(Voir situation sur carte : Îles Ioniennes (périphérie))

(Voir situation sur carte : Grèce)



Céphalonie (grec moderne : Κεφαλονιά / Kefaloniá ou Κεφαλλονιά / Kefalloniá, de l’italien Cefalonia), connue dans l’Antiquité sous le nom de Céphallénie (grec ancien : Κεφαλληνία / Kephallēnía), est une île grecque de la mer Ionienne réputée pour ses gouffres. C'est la plus grande et la plus montagneuse des îles Ioniennes.

Les villes principales sont Argostoli, la capitale, Lixouri dans la péninsule de Paliki (en), et Sami (port vers Patras et Ithaque).

Elle constitue un dème (municipalité) et un district régional de la périphérie des Îles Ioniennes. Entre le XIXe siècle et la réforme Kallikratis (2010), elle constituait avec l'île d'Ithaque le nome (département) de Céphalonie.

Géographie

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/eb/Cefalonia.jpg/220px-Cefalonia.jpg

Carte de Céphalonie et d'Ithaque, avec les cités antiques, la chronologie et la géographie actuelle.

La taille de l'île est de 935 km2, et la densité de population actuelle est de 36 habitants au kilomètre carré. La ville d'Argostoli regroupe plus du tiers des habitants de l'île. Lixouri est la seconde ville par ordre d'importance, et les deux villes représentent ensemble près des deux tiers de la population de l'île.

Céphalonie est juste au-dessus d'une faille tectonique importante, où le plateau européen rencontre le plateau égéen en provoquant un glissement frictionnel. C'est la même configuration que la célèbre faille de San Andreas en Californie.

Il y a donc des séismes réguliers et des dizaines de secousses, mineures ou non, se produisent chaque année. En 1953, un violent séisme a détruit presque toutes les habitations de l'île n'épargnant que quelques villages dans le nord.

Parmi les formations naturelles remarquables, on notera les katavóthres ainsi que la grotte de Melissani et celle de Drogarati.

La montagne la plus haute de l'île est le mont Ainos, avec une altitude de 1 628 m. L’Ainos forme une épine dorsale du sud-est au nord-ouest de l’île, il est la continuation de la chaîne montagneuse du Pinde qui commence en Serbie et traverse l'Albanie. Les sommets du mont Ainos sont couverts d'une espèce d'arbre endémique, le sapin de Céphalonie (Abies Cephalonica). Le parc national du mont Ainos a été créé en 1962 dans le but spécifique de protéger cette espèce. Par ailleurs, on y trouve notamment des chevaux sauvages[1] et plusieurs espèces endémiques parmi lesquelles plusieurs variétés d'orchidées, la violette de Céphalonie (Viola cephalonica)[1], la saponaire de l’Ainos (Saponaria aenesia), la Scutellaria rubicunda cephalonica, ainsi qu'une sous-espèce de la bugle du levant (Ajuga orientalis aenesia). Dans l’Antiquité, les forêts denses du mont Ainos ont fourni la matière première pour la construction de bateaux. Les anciens utilisaient le sapin pour la construction de trirèmes, galères à trois rangées de rameurs, car son bois est léger. Ulysse aurait construit ses bateaux avec le sapin de l’Ainos. La surexploitation du mont Ainos par les Vénitiens a provoqué un début de destruction de la forêt. En 1501, la colonie vénitienne comportait deux cents bûcherons et charpentiers et des ouvriers pour la gravure sur bois. Au XVIe siècle, un grand feu a fait disparaître les deux tiers de la forêt. En 1797, la forêt a brûlé pendant des semaines et l'incendie en a détruit plus de la moitié.

Les feux de forêt étaient fréquents dans les années 1990 et au début des années 2000, et constituent toujours une menace majeure pour la population. Les professions agricoles traditionnelles sont l'élevage et l'oléiculture, le reste étant composé principalement de céréales et de légumes. Les quelques cultures de légumes se concentrent dans les plaines, qui couvrent moins de 15 % de l'île. Moins d'un quart des terres de l'île sont arables : le relief accidenté et montagneux ne convient guère que pour les chèvres. On cultive anciennement vins rouges et vins blancs sur le plateau de la commune d'Omala, situé à 700 mètres d'altitude, dont le cépage blanc réputé, le Robola. Jusque dans les années 1970, la plupart des Céphaloniens vivaient dans des zones rurales, alors qu'aujourd'hui la population urbaine représente les deux tiers de la population.

Municipalités

Avant la réforme Kallikratis de 2010 l'île regroupait 7 des 8 municipalités du nome :

Argostoli

Eleios-Pronnoi (en)

Erisos (en)

Leivathos (en)

Lixouri ou dème de Paliki (en)

Pylaros (en)

Sami

Omala (en)

La réforme de 2010 a regroupé toutes les municipalités de l'île en une seule municipalité siégeant à Argostoli.

Histoire

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a2/Chamber_tomb_in_Lakithra.jpg/220px-Chamber_tomb_in_Lakithra.jpg

Chambre mortuaire à Lakithra.

Préhistoire et Antiquité

Les premières traces d'occupation humaine remontent au Paléolithique. On a trouvé à Fiskardo, au cap Mouda, à Skala et à Poros des outils datant de 50 000 ans av. J.-C. Ce sont des objets en pierre tels des haches, des couteaux, des pointes, des grattoirs, des poinçons.

Si on n'a découvert aucun vestige remontant à l'âge du bronze, l'époque mycénienne est, elle, très riche (sites de Mazarakata[2] à Metaxata et de Lakithra). Céphalonie est mentionnée dans l’Iliade et l’Odyssée d'Homère qui l’appelle Samé[3]. L'île connut à cette époque une période d’apogée, avec des relations commerciales jusque dans les Cyclades. Ces relations prirent fin à peu près au moment de l'éruption de Santorin. Elles se rétablirent deux siècles plus tard. On dispose de très peu d'informations concernant la période allant de l'arrivée des Doriens (IXe siècle av. J.-C.) au VIIe siècle avant notre ère. Céphalonie semble pratiquement renaître au VIe siècle av. J.-C., avec l'arrivée des Corinthiens et des Eubéens. L'île devint alors une étape commerciale sur la route de l'Italie.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bb/Arxsami1.JPG/230px-Arxsami1.JPG

Partie du mur qui protégeait l'ancienne citadelle de Sami.

Hérodote au Ve siècle av. J.-C. désigne l'île sous le nom de Képhallènia (Céphallénie) et évoque les habitants de la cité de Palé[4]. Thucydide[5] au Ve siècle av. J.-C. qualifie l’île de tétrapole, en raison des quatre cités de Pali, Sami, Cranies[6] et Prônies, qui ont prospéré durant la période mycénienne. Ces cités étaient autonomes, elles frappaient monnaie et participaient à différentes coalitions. Aussi les habitants de Céphalonie pouvaient-ils être alliés tantôt à Corinthe, tantôt à Sparte ou à Athènes. La plus importante des cités était Samé, sur la côte est de l’île. Palé était située sur la péninsule ouest (Lixouri), à l’emplacement de Palaiokastro, Cranies était situé près de la lagune de Koutavos à Argostoli, et Proni dans le sud-est de l'île. Céphalonie s'allie à Corinthe contre Corfou lors de la guerre du Péloponnèse, puis l'île passe successivement sous domination athénienne, puis romaine (à partir de 187 avant notre ère). Durant la période romaine, l'histoire de Céphalonie est indissociable de celle des pirates : à chaque période de sécheresse, de mauvaises récoltes et de mauvaise pêche, les Céphaloniens devenaient eux-mêmes pirates ; à d'autres moments, ils étaient la cible d'attaques venues d'ailleurs. Au Ier siècle, le sénateur romain Publius Aelius Hadrianus Afer offre l’île en cadeau à Athènes.

Sous l'empire byzantin et l'empire latin

Lors du partage de l'Empire romain en 385, Céphalonie échoit à l'Empire d'Orient, dit byzantin, auquel elle reste rattachée jusqu’en 982. Durant cette période, les Céphalonites sont christianisés, mais l'île subit plusieurs invasions (Goths, Slaves, Sarrasins) et assimile aussi des Albanais et des Aroumains fuyant les invasions et venus du continent[7]. Au Xe siècle, Constantin VII Porphyrogénète indique que l’île fait partie du thème de Céphalonie, qui a été créé par l’empereur byzantin Léon VI le Sage.

Elle est disputée aux XIe et XIIe siècles entre les Normands, les Grecs, les Vénitiens et les Pisans. Le Normand Robert de Hauteville, surnommé Robert Guiscard, y meurt de dysenterie le 17 juillet 1085 au large de la baie d'Athéras alors qu'il essayait de conquérir l'île. C'est son fils Bohémond de Hauteville qui réussira cette conquête et donnera le nom de Guiscard (aujourd'hui Fiskardo) au village de Panormos, en l'honneur de son père. En 1103 et 1125, les croisés attaquent l’île. Les Vénitiens alliés aux Génois s’emparent du principal château de Céphalonie.

L'île est brièvement occupée par les Normands de Sicile en 1147 puis reconquise par l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène allié aux Vénitiens.

En 1185, le roi de Sicile Guillaume II de Sicile conquiert Céphalonie et la cède à l’amiral Margaritus de Brindisi, en le nommant comte Palatin de Céphalonie et Zante. En 1194 Margaritus de Brindisi est remplacé par Matteo Orsini, son petit-fils par une de ses filles.

Lors du partage de l'empire byzantin au cours de la quatrième croisade, l'île est attribuée à Venise ; cependant elle reste aux mains de Matteo Orsini, qui se reconnait toutefois vassal à la fois de Venise, du Saint-Siège et de la principauté d'Achaïe. La famille Orsini règne sur l’île jusqu'en 1324, puis est remplacée par la famille Tocco qui gouvernera jusqu’en 1479.

Entre Ottomans, Vénitiens et Français

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/44/Flag_of_the_Septinsular_Republic.svg/220px-Flag_of_the_Septinsular_Republic.svg.png

Drapeau de la République des Sept-Îles

L'île est conquise en 1479 par les Turcs avec à leur tête Gedik Ahmed Pasha. Venise la reprend en 1500 en violant le traité reconnaissant la domination turque sur Céphalonie, et achève la conquête du Château Saint-Georges (en) le 24 décembre. En 1537 le sultan Soliman le Magnifique déclare la guerre à Venise, et un an plus tard, Barberousse, amiral des forces navales de Soliman, attaque Céphalonie, causant de graves dommages et asservissant 13 000 Céphalonites. Les incursions des pirates ottomans dureront à partir de cette date pendant plus de deux siècles. On peut ainsi mieux comprendre pourquoi les villages n’étaient jamais situés en bord de mer, mais en hauteur, dans les montagnes... comme dans beaucoup d'autres îles méditerranéennes.

Venise conserve l'île jusqu'à sa défaite face aux troupes françaises du général Bonaparte, en 1797. Le 28 juin 1797, les Français occupent Céphalonie. Le Général Bonaparte promet la libération des îles Ioniennes. Le livre contenant les noms et les privilèges de la noblesse, le « Libro d’Oro » est brûlé sur la place centrale d’Argostoli. La possession française des îles Ioniennes est officialisée par le Traité de Campo-Formio le 17 octobre 1797. Les îles Ioniennes deviennent des départements, partie intégrante de l’État Français le 1er novembre 1797.

L’année suivante, une flotte alliée des Russes et des Turcs commandée par Fiodor Ouchakov conquiert les îles Ioniennes (voir Siège de Corfou (1798-1799)). Le 21 mars 1800, à Constantinople, la République des Sept-Îles est fondée sous la souveraineté nominale du sultan, mais reste occupée par la flotte russe. En contrepartie de leur soutien à ce traité, les riches seigneurs de Céphalonie obtiennent des privilèges exclusifs pour gouverner. Un mécontentement général contre le retour des privilèges conduit à des insurrections dans toutes les îles Ioniennes, qui sont violemment réprimées. La République des Sept-Îles est reconnue par la France par la paix d’Amiens en 1801. Le 18 vendémiaire An X (10 octobre 1801), Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord pour la France et le comte Arkady Markoff pour la Russie, concluent une convention secrète par laquelle les deux pays reconnaissent et garantissent l’indépendance et la constitution de la République des Sept-Îles, et conviennent qu’il n’y aura plus de troupes étrangères dans ces îles.

En 1802, à la demande des Céphaloniotes, des élections ont lieu dans l'île et le 23 décembre 1803, les représentants démocratiquement élus sont chargés de la création d’une nouvelle constitution qui établira la « démocratie des îles Ioniennes ». Ioánnis Kapodístrias, qui deviendra plus tard le premier chef de l'État grec indépendant, est ministre de la République des Sept-Îles entre 1803 et 1807. En 1807, avec le traité de Tilsit, les îles Ioniennes passent à nouveau sous domination française sous le commandement du général César Berthier, nommé gouverneur. Avec quelques changements, la « République des Sept-Îles » est maintenue. Les habitants espèrent une vie paisible, mais cet espoir s’évanouit rapidement car en 1809 les Anglais occupent les îles, à l’exception de Corfou vigoureusement défendue par le général François-Xavier Donzelot jusqu’en 1814. Le Suisse Charles-Philippe de Bosset (de) devient alors gouverneur de Céphalonie pour le compte des Anglais entre 1810 et 1813. Le pont qu'il fait construire entre Argostoli et le village de Drapano (en), de l'autre côté de la lagune de Koutavos (el), porte toujours le nom de Pont de Bosset.

Lorsque le Traité de Paris (1814), qui met fin au Premier Empire, place les îles Ioniennes sous protectorat britannique, elles prennent le nom de « États-Unis des Îles Ioniennes ». Une nouvelle constitution, qui donne la réalité du pouvoir au Haut-Commissaire britannique, est promulguée le 28 décembre 1817, et conduit à de nouvelles insurrections des Céphaloniotes.

De la guerre d'indépendance à 1864

Bien que l'île soit restée sous la domination anglaise, les Céphalonites ont activement participé à la guerre d'indépendance grecque de 1821 contre la domination turque. Constantinos et Andreas Metaxas, Gerasimos et Dionyssios Fokas, Demétrios Hoidas, Gerasimos Orfanos et Loukas Valsamakis étaient parmi les combattants de la liberté de Céphalonie. Durant la guerre d'indépendance grecque (1821-1830) Lord Byron a séjourné dans le village de Metaxata (à 9 kilomètres d'Argostoli), et y a écrit la majeure partie de son Don Juan. L'île restera sous protectorat britannique jusqu'à sa cession à la Grèce en 1864.

D’après Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (Histoire et description des îles Ioniennes, 1823), l’île était divisée en 19 municipalités. Dans chacune d’elles il y avait plusieurs hameaux ou villages qui conservent parfois les noms des familles italianisées qui y ont habité. Souvent un hameau n’a que trois maisons, les villages peuvent en avoir plus de vingt. Ces municipalités sont : Pedemonte, Coronas, Potamiana, Livathos, Racli, Mailta, Cossimia, Pyrghi, Talamies, Paties, Samo, Pattachi, Leo, Pilaro, Atterra, Scala, Erisso, Valta, Tinea...

Le 14 septembre 1848, à la demande des Céphalonites, le haut-commissaire Seaton accorde au peuple des privilèges importants. Le commissaire suivant, George Eward, voulait démocratiser encore plus la Constitution, mais en a été empêché par les conservateurs. Une nouvelle série d’insurrections forcent la reine Victoria à annoncer des élections pour 1850, après quoi le premier Parlement sera établi. La vie de ce parlement sera très courte, puisqu’il a été dissous lors de l’union des îles Ioniennes à la Grèce : les députés ioniens sont dès lors allés siéger au parlement grec d'Athènes. Les soulèvements des Grecs ont conduit à une crise politique en Grande-Bretagne concernant la Grèce, forçant l’Empire britannique à renoncer à son protectorat sur les îles Ioniennes. Le 23 septembre 1863, le Parlement ionien a voté en faveur de l’union avec le reste de la Grèce. Le 21 mai 1864, Thrasivoulos Zaimis a reçu officiellement les îles Ioniennes des mains d’Henry Storcks.

Au XXe siècle

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Céphalonie a été occupée par les Italiens à partir de 1941. La population de Céphalonie a participé activement à la résistance et a lutté pour la libération du pays tout au long de la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1943, après la chute de Mussolini, les garnisons italiennes et allemandes en poste sur l'île s'affrontent. Les Allemands avec à leur tête les SS de la division Prinz Eugen, vainqueurs, massacrent une bonne partie des prisonniers (Massacre de Céphalonie), dont 5 000 des 9 000 membres de la division Acqui[8]. Les forces d'occupation allemandes ont finalement évacué l'île le 10 septembre 1944. Non loin d'Argostoli, un mémorial a été érigé en 1978 pour rendre hommage à ces soldats italiens massacrés[9].

L'île a été presque complètement détruite par les violents séismes du 9 au 12 août 1953. Seul Fiscardo, un village à l'extrême nord, n'a pas été détruit. Il possède donc encore beaucoup d'édifices du XVIIe siècle. L'aide internationale a été très importante, que ce soit pour porter les premiers secours, ou même ensuite pour aider à la reconstruction ; cette aide est venue en particulier des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Suède et de la Norvège. Par exemple le village d'Assos possède une place nommée place des Parisiens, sur laquelle se trouve une plaque indiquant que les habitants d'Assos remercient la ville de Paris pour l'aide apportée à la reconstruction du village.

L'île a connu une émigration importante et de nombreux Céphalonites se sont installés aux États-Unis, au Canada ou en Australie. Aujourd’hui encore de nombreuses maisons de l’île appartiennent à des émigrés qui ont fait leur vie ailleurs et qui reviennent pendant les vacances d’été retrouver leur famille restée sur l’île. L’île connaîtra des difficultés économiques et financières qui ne prendront fin qu’avec le développement du tourisme. Toutefois, l’île est restée sauvage contrairement à d’autres îles comme Corfou. Ceci constitue une chance de nos jours, car on trouve à Céphalonie une authenticité et des territoires vierges que recherchent de nombreux touristes et qui n’existent souvent plus ailleurs.

Au XXIe siècle

Le 26 janvier 2014 et le 3 février 2014, deux séismes de magnitude 5,8 et 6,1 ont endommagé quelques constructions dans la péninsule de Paliki (vers Lixouri), ainsi que le port de Lixouri[10],[11],[12].

Lieux

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Château de Saint-Georges au sud d'Argostoli.

La forteresse Saint-Georges

La forteresse Saint-Georges se trouve sur une colline à 320 m d'altitude à environ dix km au sud-est d’Argostoli, au-dessus du village de Peratata. Ce château, d'origine byzantine, fut le siège des comtes palatins à partir du XIIIe siècle, puis il a été restauré par les Turcs et reconstruit par les Vénitiens au début du XVIe siècle. Il fut achevé en 1545. Ses murs d’enceinte forment un polygone asymétrique qui mesure 620 m, la forteresse couvre une superficie de 16 000 m2 à une altitude de 320 m, elle est percée par une unique porte voûtée et est équipée de trois bastions pour sa défense, l’un faisant face à Argostoli, un autre donnant sur la mer et le troisième en face du village.

La forteresse fut autrefois la capitale de l'île et aurait compté jusqu'à 15 000 habitants. Un souterrain long de 7 km permettait de sortir de la forteresse pour rejoindre la mer en cas d'invasion. Le château fut reconstruit après le séisme de 1636 mais a été abandonné en 1757 au profit d’Argostoli.

Assos

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Assos.

En 1584 les habitants de l’île ont envoyé des pétitions au Sénat de Venise pour réclamer la construction d'une nouvelle forteresse, la forteresse Saint-Georges ne pouvant suffire à protéger la totalité des habitants de l'île. Cette demande coïncidait avec des plans ambitieux de protection des territoires de l'Est par Venise. C’est ainsi que la construction de la forteresse d'Assos a commencé en 1593 sous la supervision d’Ambroise Cornelius, comme l’indique l’inscription à l’extérieur de la porte principale d’accès. La forteresse est le plus grand château de l’île et un des plus grands de Grèce avec ses 2 000 mètres de murs d’enceinte qui suivent le relief du terrain et forment un rectangle irrégulier renforcé par cinq bastions. Assos (en), au pied de sa presqu'île, est resté un village près de son petit port qui pouvait recevoir quatre galères. Au sommet de la colline qui domine ce port de pêche s'élève une citadelle vénitienne. Les habitants de l’île proches de la forteresse étaient réticents à déménager à l’intérieur de la forteresse : bien que construite sur une presqu’île imprenable, sa position rendait son approvisionnement facile à couper en cas d’invasion. La forteresse était le siège de la noblesse vénitienne et elle renfermait la cathédrale grecque de l’île. Elle a perdu de son importance lorsque Leucade est devenue une possession vénitienne en 1684. L’administration de la région a cependant été maintenue à Assos jusqu’à la fin de la possession vénitienne en 1797. Après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1953, la forteresse a été utilisée comme une prison agricole et recevait les prisonniers politiques qui fabriquaient des terrasses pour les vignobles et les cultures de céréales. Les derniers habitants ont vécu dans les murs du château jusqu'à la fin des années soixante.

Aujourd’hui, la forteresse en ruines ne laisse rien entrevoir de son ancienne splendeur. Le visiteur pourra voir les murs d’enceinte et la résidence de l’intendant de Venise. Des parties de la caserne sont également conservées ainsi que l’église Saint Marc. La forme du dôme de l’entrée du château qui a été conservée en bon état est impressionnante. La forteresse possédait à l'origine quatre portes. Les deux plus grandes sont encore debout et deux plus petites sont en ruines. À remarquer le Lion de Venise visible sur la voûte de la porte d’entrée. Elle était le siège d'une prison vénitienne, construite en forme de dôme avec une porte et de nombreuses petites fenêtres pour les condamnés. Les visiteurs peuvent aujourd'hui voir les vestiges de la cour de la prison et les cellules qui sont encore intactes dans le centre de la forteresse. La prison a été utilisée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il reste quelques ruines de la caserne et de son église voisine appelée « l’église française ». Dans l’enceinte, vers la gauche après être entré par la porte du château, se trouvent les restes de l'église catholique Sant-Marc, construite en 1604. Il ne s’agissait que d’une église catholique parmi d’autres comme celles de Saint-Jean et Sainte-Marie, pour lesquelles il ne reste plus rien de visible. Une église est encore visible qui a été construite en 1888 sur les ruines d'une autre église plus petite. Le séisme de 1953 a détruit le clocher. Autour de l'église on peut voir les ruines d'un bâtiment vénitien nommé la Chambre Gentilini d’après le nom de son propriétaire.

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Le lac souterrain de Melissani, près de Sami.

Le lac souterrain de Melissani

À trois kilomètres au nord de Sami, se trouve un lac souterrain, profond de 39 m, qui se visite en barque. Ses eaux turquoises communiquent par des galeries avec des gouffres situés à 15 km de là, de l'autre côté de l'île. La voûte en partie écroulée permet au ciel de se refléter dans l'eau dont la couleur change avec la position du soleil.

Les katavóthres

Article détaillé : Katavothres d'Argostoli.

Ces gouffres se trouvent à l'extrémité nord d'Argostoli, à la pointe du cap qui s'avance dans le golfe du même nom. Ils sont désignés par un nom qui en grec (καταβόθρες) désigne littéralement des trous qui engloutissent ; ils sont aussi appelés les « moulins de la mer », car ils aspirent d'une étrange manière les eaux de la mer. Très longtemps les scientifiques se sont demandé où allait cette eau. Les hydrogéologues Autrichiens J. Zoetl et V. Maurin ont versé le 26 février 1963 dans les katavóthres 140 kg d’uranine, un très fort colorant vert, et ont découvert que l'eau s'engouffre dans la roche près d'Argostoli, reparaît quatorze jours plus tard près de Sami de l'autre côté de l'île, en traversant le lac souterrain de Melissani, pour finir sa course en mer dans le village de Karavomilos. Le phénomène est sans équivalent et les tentatives d'explication scientifique ont donné lieu à de nombreuses hypothèses dans le passé.

D’après la loi des vases communicants, les niveaux d’eau dans des tubes qui sont connectés sont identiques, quelles que soient leur forme et leur diamètre, ou le nombre de tubes. Mais deux autres lois viennent la contredire. Léonard de Vinci a présenté la loi de l’équilibre de deux liquides de densité différente dans la communication de tubes. L’eau salée est plus dense que l’eau douce, et l’eau saumâtre est entre les deux. Si vous remplissez un tube en U avec de l’eau salée d’un côté et de l’eau douce de l’autre, le niveau de l’eau salée est plus bas que le niveau de l’eau douce, même si le système est équilibré. En outre, si on enlève un peu d’eau dans un des tubes, le niveau de l’eau va redescendre des deux côtés.

Le système de grottes des katavóthres contient de l’eau salée à Argostoli qui se charge d'eau douce en passant sous la montagne, et c'est de l’eau saumâtre qu'on retrouve à Sami ; de sorte que le niveau d’eau est en dessous du niveau de la mer à Argostoli, et au-dessus du niveau de la mer à Sami. La différence est d’environ un mètre. Comme l’eau s’engouffre dans le système à Argostoli, elle permettrait de combler l’ensemble du système d’eau salée jusqu’à ce que le côté atteigne le niveau de la mer. Cela n’arrive pas, une source se forme du côté de Sami. Lorsque le niveau d’eau dans le système augmente, le niveau d’eau de la source augmente, l’eau saumâtre se jette dans la mer. Comme le niveau d’eau à Sami ne peut s’élever au-dessus du niveau de la source, le niveau d’eau à Argostoli reste également en dessous du niveau de la mer, l’eau de mer, continuant donc à s’engouffrer. L’eau saumâtre est continuellement retirée du système à Karavomilos, et elle est remplacée par de l’eau salée à Argostoli[13],[14].

La grotte de Drogarati

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Grotte de Drongarati.

Cette grotte se situe à 4 km au sud-ouest de Sami, petite ville sur la côte est, et principal port de Céphalonie en termes de trafic maritime. Elle a été découverte en 1827 par un chien de berger alors que le berger faisait paître ses moutons, et elle est ouverte au public depuis 1963. Elle descend à une profondeur de 95 m, et le plafond est à 60 m sous le niveau du sol. Sa température est constante à 18 °C avec un taux d’humidité de 90 %. Dimensions de la chambre principale : 65 m × 45 m pour une hauteur de 20 m. Elle est connue pour ses stalagmites bizarres. Elle possède une très bonne acoustique ; pour cette raison, des concerts y sont donnés pendant l'été. Certains prétendent que Maria Callas a chanté dans cette grotte.

Le musée et la bibliothèque Korgialenios

C'est un petit musée des arts et des traditions populaires. On y trouve des costumes traditionnels, des outils, des ustensiles de la vie quotidienne, des objets artisanaux. Il possède une série de photographies prises avant et après le tremblement de terre de 1953.

La villa romaine de Skala

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Mosaïques d'une villa romaine, à Skala. Deux jeunes gens de part et d'autre d'un autel s'apprêtent à un sacrifice.

À l'extrémité sud de l'île, près du cap Mouda, la ville de Skala abrite les restes d'une villa romaine[15] découverte en 1957. De type villa rustica, elle a été construite au IIe siècle, puis a sans doute été détruite par un incendie au IVe siècle. Les murs séparant les différentes pièces et le sol couvert de mosaïques sont en très bon état de conservation, et permettent d'admirer, entre autres, de beaux motifs décoratifs et dans le vestibule, l'allégorie de l'Envie, dévorée par quatre bêtes féroces. Dans l'une des pièces, la mosaïque représente le rituel préparatoire d'un sacrifice.

La plaine de Livathos est remplie d'oliviers centenaires.

Monastères[

Le monastère Saint-Gerasimos

Il est situé à l’est d’Argostoli, dans la vallée d'Omala qu'on appelle aussi la vallée des 40 puits. Sa nouvelle église est la plus grande église de l'île. Elle a été construite après le séisme de 1953 dans un endroit magnifique, entouré de vignobles. Elle possède une iconostase en marbre sculpté monumentale. La dépouille du saint est conservée dans la petite église à l’intérieur du monastère. À l’intérieur de cette ancienne église se trouve l’entrée de la grotte où le saint a vécu. L’accès à cette grotte se fait par l’intermédiaire d’un trou de petite taille. Le visiteur peut constater deux phénomènes étranges qui sont interprétés par certains comme des signes divins, bien que le trou soit très étroit, tout le monde parvient à pénétrer dans la grotte (et à en sortir !), même les plus opulents, et on prétend que les âmes pures ne se salissent pas en visitant la grotte alors qu'il faut ramper sur la terre battue. Les habitants de l'île honorent le saint-patron par deux processions annuelles. La première se déroule le 16 août, au lendemain de la date de sa mort, et la seconde le 20 octobre, date du transfert de sa dépouille dans l'église. Durant son transfert on s’est aperçu que son corps n’était pas décomposé et qu’il sentait le parfum. Depuis lors, la relique reste intacte et parfumée et s'affiche dans une vitrine qui est incorporée dans un larnax en argent placé sur le tombeau du saint. Pendant ces deux processions annuelles la dépouille du saint est portée en procession. À son passage les croyants s'allongent afin que le saint passe au-dessus d'eux pour être bénis. À l'origine seules les personnes atteintes de troubles mentaux s'allongeaient dans l'espoir d'être guéries car Gerasimos était un moine thaumaturge. Des nombreux fidèles viennent sur l'île durant l'été afin de prier près de sa dépouille.

Le monastère de Kipouria

Du haut de sa falaise, le monastère de Kipouria, à Lixouri, est certainement le plus beau de Céphalonie. Construit sur un promontoire rocheux, le monastère a été fondé en 1750 par l’archevêque de Paxi, Chrysanthos Petropoulos et il est dédié à l’Annonciation de la Vierge. Il est appelé monastère de Kipouria pour ses nombreux jardins permettant aux moines d’être auto-suffisants. Il possède également de jolis vignobles en ses alentours. En 1915, il a été bombardé lors d’un jour brumeux par un croiseur français qui a confondu le monastère avec la cheminée d’un navire ennemi. Le monastère a également été détruit par le tremblement de terre de 1953. Au cours des quinze dernières années, les bâtiments ont été reconstruits par le seul moine qui vit au monastère. À l’intérieur de l’église se trouvent de nombreuses icônes post-byzantines. De la cour du monastère on peut contempler une vue sur la plage de Platia Amos toute proche, désormais accessible par un escalier. Les jours de fête du monastère sont le 25 mars et le 14 septembre. Dans l’église, on peut admirer l'icône miraculeuse de l’Annonciation. La route conduisant au monastère est bien indiquée sous le nom de Kipouria ou Kipourion.

Le monastère de Saint André de Milapidia

Le monastère fut fondé à l’époque byzantine sur la commune de Peratata près de Livathos. Il était à l’origine dédié à la vierge de Milapidia. Le monastère a reçu en 1630 une importante somme d’argent de la princesse grecque Roxane, qui est ensuite devenue nonne sous le nom de Romila. Le trésor offert par Roxanne a contribué à la reconstruction du monastère. Un pensionnat pour jeunes filles a été fondé dans les années 1830-1835 par le couple Dixons. Les autorités britanniques ont été en conflit avec les nonnes au début du XIXe siècle. En 1832, les fresques du monastère ont été recouvertes par les Britanniques en signe de colère contre l’attitude du monastère. Les célébrations au couvent avaient lieu le vendredi après Pâques et le jour de la fête de saint André, c'est-à-dire le 30 novembre. Le monastère possédait une église du XVIIe siècle qui est le seul bâtiment ayant résisté au de 1953. Ses jolis murs de pierre renferment des fragments de fresques dont certains proviennent de l’église aujourd’hui disparue de Milapidia, avec une magnifique iconostase en bois du XVIIe siècle, divers objets liturgiques précieux ainsi que des icônes sur bois ou sur métal. Un musée a été établi en 1988. Ce musée renferme des trésors datant du XIVe siècle au XIXe siècle. La nouvelle église conserve la relique du pied droit de [Saint-André].

Le monastère de Sissia

Il se trouve près du village de Simotata. Il aurait été construit au XIIIe siècle par les Francs d'Assisi. Le nom de Sissia provient du mot Assisi. Certains prétendent qu’il porte ce nom parce qu’il aurait été créé par Saint-François d’Assise. Dans l’église du monastère sont conservés d’importantes icônes byzantines, particulièrement la Vierge de Sission peinte au XIIIe siècle, ainsi que la Vierge Akathistou peinte en 1700 par le célèbre hagiographe Stéphanos Tzagarolas.

Le monastère de Koronato

Il s'agit du couvent de la vierge Marie situé à 3 km de Lixouri. Le monastère a été établi à la fin du XVe siècle et aurait été détruit par des séismes au siècle suivant. Il a ensuite été rénové et fonctionne encore aujourd’hui comme couvent pour femmes. Une légende prétend que sa construction a été provoquée par un miracle de la Vierge. Un berger se trouvait à l'endroit du futur monastère. Soudain, un bélier s’est échappé du troupeau pour se rendre à la fontaine à proximité d’un figuier. Le berger l’a suivi et a trouvé l’icône de la Vierge sur le figuier. Il l'a emportée chez lui mais l’icône est retournée seule à l’endroit où elle a été trouvée. Les habitants ont donc décidé de construire une église à cet endroit.

Le monastère d'Agrilia

Situé à 535 m d'altitude, au sommet de la colline qui domine Sami, ce monastère est dédié à la Vierge Marie. Le nom d’Agrilia (en grec Αγριλιά) désigne des oliviers sauvages. La fondation de ce monastère est liée à la découverte de l’icône de la Vierge près de Sami. En 1722, deux bergers et une servante trouvent l’icône de la Vierge ; un peu plus tard, le monastère a été construit à l'endroit de la découverte. Après cette découverte ces trois personnes ont décidé de devenir moines et nonne. Saint Cosmas d'Étolie a prêché dans le monastère lors de son passage à Sami.

Le 'monastère d'Atros'

C’est le plus ancien monastère de l’île. Il a été construit au VIIIe siècle à une hauteur de 760 m près de Poros. Il a la forme d’une forteresse et est conservé dans un bon état bien qu’il ait souffert du séisme de 1953.

Le monastère de Lamia ou monastère de la Vierge Marie

Il est dédié à la Vierge Marie. Ce monastère construit en 1690 se situe près du village de Dilinata. Il possède une superbe icône de la naissance de la Vierge Marie.

Le monastère d'Estravromenos

Il est nommé le couvent de la Crucifixion car il est dédié à l’Exaltation de la Sainte-Croix et se trouve à Pessada. L’icône principale, une superbe œuvre d’art, est installée dans l’église de l’Évanguelistria à Pessada. L’église Saint Jean Chrysostome est située à côté du catholicon. L’autel de l’église est de forme octogonale et se trouve sur la tombe du prêtre Kyriakos Petaloudes (XIXe siècle). L’iconostase, les portes latérales, le sanctuaire et les icônes portatives sont vraiment impressionnants. Est également conservée dans le monastère l’icône miraculeuse de la Vierge Diotissa (de Vlacherna). En 1618, le couvent a été reconstruit sur les ruines d’un ancien couvent des frères Paul et Kolela Aggelos Valsamakis, qui avaient consacré leur vaste domaine au couvent. Les célébrations se déroulent le troisième dimanche de carême (jour de la Sainte-Croix), le 14 septembre (Exaltation de la Sainte-Croix), le 13 novembre, le 27 janvier (translation des restes de Saint-Jean Chrysostome) et le 2 juillet (fête de la Theotokos Diotissa). Le monastère est déserté depuis la mort de la dernière moniale il y a une vingtaine d'années.

Dans la culture

La Mandoline du capitaine Corelli, de Louis de Bernières, coll. Folio, Éd. Gallimard. Toute l'action se déroule à Céphalonie, des années 1930 à nos jours.

Mangeclous, d'Albert Cohen, coll. Folio, Éd. Gallimard.

Solal, d'Albert Cohen, Coll. Folio, Éd. Gallimard.

Les valeureux, d'Albert Cohen, Coll. Folio, Éd. Gallimard.

Codes

Céphalonie a pour codes :

KE, en tête des immatriculations grecques.

Notes et références

a et b Le Parc National de Ainos [archive] sur le site de l'ambassade de Grèce.

(el)Tombes et chambres funéraires de Mazarakata. [archive]

Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (Chant II, vers 630)

Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] IX, 28

Thucydide, La Guerre du Péloponnèse [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], Livre II, XXX

(el) : L'antique cité de Cranies et le mur d'enceinte de Razata [archive]

En témoignent les nombreux toponymes en ...ata (du suffixe albanais ...at) et des noms comme Vlahata ou Mounta : cf. les études de Theodor Capidan et Angheliki Chatzimichali.

(it) LA RESISTENZA DELLA DIVISIONE "ACQUI" A CEFALONIA E CORFU' NEL SETTEMBRE DEL 1943 E GLI ECCIDI PERPETRATI DALLA WEHRMACHT [archive].

Voir la photographie du mémorial. [archive]

« L'île grecque de Céphalonie encore sous le choc », Euronews,‎ 10 février 2014 (lire en ligne [archive])

AFP, « Fort séisme de 6,1 sur l'île de Céphalonie », lepoint.fr,‎ 3 février 2014 (lire en ligne [archive])

« Le documentaire « Kefalonia Insomnia » montre la dévastation de l'île par le séisme », Okea news,‎ 7 février 2014 (lire en ligne [archive])

(en) Salt water encroachment in the low-altitude karst water horizons of the island of Kephallinia [archive]. V. Maurin et J. Zoetl. Symposium sur l'hydrologie des roches fracturées, organisé par les Nations unies, 1965.

Katavothres - How does it work? [archive] sur le site showcaves.com.

(el) Photographies et notice archéologique de la villa romaine de Skala (Céphalonie). [archive]

Article connexe

Îles Ioniennes

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v · m

Îles des îles Ioniennes

Îles principales

Céphalonie ·Corfou ·Cythère ·Ithaque ·Leucade ·Paxos ·Zante

Îles secondaires

Anticythère ·Antipaxos ·Doulichion ·Kalamos ·Kastos ·Lazaréto ·Méganisi ·Pontikonísi ·Skorpios ·Vido

Groupes d’îles

Îles Échinades (Drakonera ·Makri ·Oxia ·Petalás ·Provati ·Vromonas) ·Îles Diapontiques (Érikoussa ·Mathraki ·Othoni) ·Strophades ·Taphos

 

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Subdivisions de la périphérie des îles Ioniennes

Superficie : 2 307 km2 ·Population : 212 984 (2001) ·Chef-lieu : Corfou

District régional de Corfou

Corfou ·Paxos

District régional d'Ithaque

Ithaque

District régional de Céphalonie

Céphalonie

District régional de Leucade

Leucade ·Méganisi

District régional de Zante

Zante

Président : Théodoros Galiatsatos ·Site web: www.pin.gov.gr [archive]

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07 septembre 2018

"La Caste", le livre qui dénonce Macron et son "hold-up sur l'Etat"

+Emmanuel Macron à la Rotonde, le 24 avril 2017. (LEWIS JOLY/SIPA)

Dans "la Caste", Laurent Mauduit invoque Ricoeur pour enquêter sur le groupe, composé de hauts fonctionnaires et d’hommes d’affaires, qui a hissé Emmanuel Macron à l’Elysée.

Par Vincent Jauvert

Publié le 05 septembre 2018 à 18h13

Philippe Besson, écrivain lèche-majesté

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"Les cheminots font grève pour moi, pour nous tous"

Macron rêvait de célébrer Mai 68. Puis il a envoyé des blindés sur la ZAD

Edouard Louis, Marc Levy, Yann Moix... et tous ces écrivains qui en veulent à Macron

 

Dans « la Caste » (à paraître le 6 septembre à la Découverte), Laurent Mauduit, co-fondateur de Mediapart, surnomme le chef de l’Etat «Emmanuel Le Petit», en référence évidemment au «Napoléon Le Petit» de Victor Hugo, qui détestait le Second Empire, ses profiteurs et son chef. La comparaison entre le premier et le dernier des présidents élus de la République est pour le moins osée, exagérée sans doute.

Pourtant ce pamphlet est à lire d’urgence puisqu’il s’agit avant tout d’une enquête excellemment documentée sur le groupe, composé de hauts fonctionnaires et d’hommes d’affaires, qui a hissé Emmanuel Macron à l’Elysée. Une oligarchie néolibérale qui, après avoir réussi à imposer son idéologie, est parvenue à rafler le pouvoir politique. Si bien que, depuis mai 2017, elle gouverne effectivement la France, au risque, selon Laurent Mauduit qui l’étudie depuis des décennies, de faire bientôt sombrer le pays. Aussi bas qu’aux heures les plus sombres de son Histoire.

Ricoeur visionnaire

Le journaliste, qui dénonce les «pantouflages» suspects et les multiples conflits d’intérêts minant le pouvoir actuel, se réfère constamment à Marc Bloch, auteur en 1940 d’«Une étrange défaite» - cette débâcle militaire face à l’Allemagne hitlérienne que l’historien impute autant à l’incurie des généraux qu’à la corruption morale des grands commis de l’Etat. Cependant c’est un autre grand intellectuel, beaucoup moins attendu, qui donne la véritable ligne directrice de «la Caste»: Paul Ricoeur, dont Emmanuel Macron a été l’assistant pendant ses études.

Dans les années 60, le philosophe pointait, avec une étonnante prescience, les risques présentés par l’ascension parallèle de l’énarchie et du capitalisme de connivence.

Le danger, aujourd’hui, écrivait-il alors, est que la direction des affaires soit accaparée par les oligarchies de compétents, associées […] aux puissances d’argent.»

Or, cette menace s’est concrétisée, assure Laurent Mauduit. L’association, la fusion, a bel et bien eu lieu.

"Hold-up sur l'Etat"

Profitant des privatisations, les hauts fonctionnaires de Bercy ont, à partir des années 1980, opéré d’abord un «hold-up sur le CAC 40». Voyez, dit le journaliste, tous ces pontes du ministère des finances qui sont devenus, du jour au lendemain, des PDG multimillionnaires. Puis, forts de ces succès, ils ont ensuite commis un «hold-up sur l’Etat», en s’imposant aux postes politiques les plus en vue, jusqu’à la victoire suprême du jeune inspecteur des Finances, Emmanuel Macron, «dernier avatar du bonapartisme français», sous la présidence duquel l’accaparement «par les oligarchies compétentes associées aux puissances d’argent» a atteint son apogée.

Voilà pourquoi, écrit Laurent Mauduit, il est urgent de refonder la démocratie française. En commençant par supprimer «cette machine à hauts fonctionnaires», l’ENA, dont la disparition est, à son avis, un prérequis à ce renouveau.

Vincent Jauvert

La Caste. 

Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir

par Laurent Mauduit, 

La Découverte, 19 euros.

Vincent Jauvert

Journaliste

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Robert Bibeau, le trafic « négrier » contemporain

« Ainsi, indique Robert Bibeau, aux États-Unis, les besoins en main-d’œuvre bon marché étaient grands; puis il vint un moment où cette superstructure d’acheminement était tellement efficace que les besoins furent comblés d’où Donald Trump (l’impulsif – prévisible) fut appelé à la tête de l’exécutif étatsunien pour mettre un frein à ce trafic « négrier » venant d’Amérique latine, première source d’approvisionnement de la chaîne de valeur américaine. Ce fut le « show » du mur de séparation, commencé avant Trump et qui ne sera pas terminé quand Trump aura complété son mandat. « Mur » qui réduira l’afflux sans tarir l’approvisionnement toujours conséquent. Sachez que le jour où toutes les familles bourgeoises américaines auront leur « Nanny » portoricaine ou colombienne et que chaque usine aura son stock d’esclaves salariés bon marché-précarisés, les vannes de l’immigration se fermeront... »

Reprenons la lecture des dénonciations de Robert Bibeau...

Michel Peyret


 

7 au Front 

LA CRISE DES MIGRANTS EN EUROPE ET EN AMÉRIQUE (l’industrie des ONG humanitaires)

5 septembre 2018 Robert Bibeau

http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/08/bibeau51-200x300-1-200x300.jpg Par Robert Bibeau. Le 5.09.2018. Sur http://www.les7duquebec.com

 

La politique d’immigration d’un État

La politique d’immigration d’un État est une composante essentielle de son économie-politique nationale et doit répondre aux intérêts des acteurs économiques hégémoniques. En ayant ceci en tête, on peut analyser le projet américain de construction d’un mur à la frontière mexicaine; on peut ausculter la politique d’accueil du gouvernement allemand pour un million de migrants; on peut étudier la politique italienne de fermeture des ports après l’entrée de centaines de milliers de migrants; ou même interpeller la politique canadienne d’expulsion des migrants pauvres, etc.

Dans cet article, notre thérapie pour remédier à la « crise des migrants » suggère d’exposer le vers qui est dans le fruit avant de démontrer que c’est l’arbre tout entier qui est contaminé et qu’il faut arracher sans tenter de le réchapper puisque le malade est incurable.

Le trafic « négrier » contemporain

L’activité négrière des ONG « humanitaires » en Méditerranée –  éléments essentiels de la chaîne de valeur de l’esclavage salarié migrant – nécessite en amont un appareillage organisationnel de cueillette des migrants forcés ou dupés (au Proche-Orient et en Afrique) et un  dispositif pour l’acheminement des migrants vers les centres de réception et de tri, ainsi qu’une superstructure gouvernementale et associative (association citoyenne et ONG), dans les pays d’accueil, un dispositif médiatique d’agitation-propagande populiste (de droite comme de gauche) afin de monnayer au mieux cette force de travail précarisée et bon marché.

Plus grand est le besoin en main-d’œuvre salariée précarisée et bon marché, plus intense sera le flux migratoire, plus imposant devra être la superstructure de rabatteurs, de passeurs, de transporteurs, de trieurs, de formateurs et d’intégrateurs de ces millions d’esclaves salariés à déplacer puis à intégrer dans l’économie nationalisée ou privée, peu importe puisque la finalité est la même : rentabiliser le marché « négrier » modernisé.

http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/09/le-mur-mexique-USA-300x200.jpgAinsi, aux États-Unis, les besoins en main-d’œuvre bon marché étaient grands; puis il vint un moment où cette superstructure d’acheminement était tellement efficace que les besoins furent comblés d’où Donald Trump (l’impulsif – prévisible) fut appelé à la tête de l’exécutif étatsunien pour mettre un frein à ce trafic « négrier » venant d’Amérique latine, première source d’approvisionnement de la chaîne de valeur américaine. Ce fut le « show » du mur de séparation, commencé avant Trump et qui ne sera pas terminé quand Trump aura complété son mandat. « Mur » qui réduira l’afflux sans tarir l’approvisionnement toujours conséquent. Sachez que le jour où toutes les familles bourgeoises américaines auront leur « Nanny » portoricaine ou colombienne et que chaque usine aura son stock d’esclaves salariés bon marché-précarisés, les vannes de l’immigration se fermeront. De même en Allemagne, où la pénurie de main-d’œuvre bon marché était criante. Maintenant que les besoins sont comblés, les groupuscules d’extrême droite stipendiés sont à la manoeuvre et exposés à la télé. Quand l’audience n’est pas suffisante, les sectes de la gauche « antifa » sont appelées en renfort pour créer l’affrontement et justifier la couverture médiatique. Il en est ainsi en Italie, un pays traumatisé par son passé fasciste, où le prolétariat n’a aucune aversion contre l’immigration… ce qui donne des maux de tête aux organisateurs de la chaîne de valeur qui cherche les façons de provoquer la confrontation qui est un élément important de la politique de valorisation de la marchandise migrante internationale.

Les acteurs des flux migrateurs

De multiples vecteurs sont mis en œuvre par le grand capital international afin de déplacer des millions d’individus, surtout des travailleurs et des travailleuses (les enfants servant de faire valoir) d’un continent à un autre. Pour que cette chaîne de valeur soit rentable, plusieurs acteurs doivent être mis en oeuvre. Ce sont, les gouvernements et les administrations des pays d’origine des flux migratoires forcés (guerre, famine, chômage, cataclysme, démographie, etc.) et des flux migratoires « dupés » (promesse d’une vie meilleure, rétribution aux migrants désœuvrés). Seront mises à contribution les milices de mercenaires – barbouzes – accoutrés en « islamistes-djihadistes » (sic), de même que les armées nationales qui terrorisent les populations locales davantage que les terroristes-djihadistes patentés. La petite-bourgeoisie nationaliste fait grand ramage et publicise les exactions des uns et des autres à travers les médias et moyens de communication à la solde du capital. Enfin, une structure d’enrôleurs et de rabatteurs, de transporteurs, de passeurs, de trieurs, ainsi que des tortionnaires des esclaves salariés sont enrégimentés. En pays d’accueil, des dizaines de milliers de travailleurs sociaux et humanitaires, des milliers de fonctionnaires gouvernementaux et des milliers de policiers sont affrétés afin de rentabiliser cette chaîne de valeur « négrière » nouveau genre, avant que le grand capital puisse enfin jouir d’une baisse des coûts de production et d’un accroissement de la consommation, à crédit, mais qu’importe.

Évidemment, l’ensemble de ce travail de conditionnement de cette chaîne de valeur requiert un financement conséquent. C’est ici qu’interviennent les grands groupes financiers et industriels mondiaux créanciers des États endettés, ainsi que les organismes de gouvernance de la «communauté internationale humanitaire» (ONU, Unicef, Oxfam, UNESCO, Caritas, CNUCED, HCR, FNUAP, PNUD, PAM, etc.)

La fraude des allocations sociales et l’arnaque des migrants-faux-réfugiés 

http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/09/aquarius2-300x169.jpgIl ne faut pas confondre la petite fraude des allocations sociales, entrainant l’acrimonie des médias bourgeois et l’arnaque des migrants-réfugiés. La fraude des prestations sociales est une opération qui a pour finalité de soulever le prolétariat (qui paie pour ces allocations misérables) contre le lumpenprolétariat poussant ainsi ces impétrants vers le fascisme et le crime social (trafic en tout genre, vol à l’étalage, gangstérisme, etc.)  Dans le cas de la « crise des migrants », les ONG stipendiées participent de plain-pied à l’élaboration de la chaîne de valeur. (1) Les ONG impliquées sont des composantes essentielles de l’opération qui commence souvent en zone africaine, moyen-orientale ou latino-américaine; traverse de nombreux États de transits (complices), que le grand capital international doit parfois reformater pour en faire de docile cloporte contributeur de la chaîne de valeur, comme en Irak ou en Libye de Kadafi qu’il a fallu détruire pour en faire un État voyou où s’effectue le tri des esclaves modernes (travailleuses du sexe, ménagères, ouvrières, manœuvres, et à « jeter à la mer »); le tout est complété par une traversée meurtrière et sélective (comme au temps des galions négriers);  pour enfin se déployer en banlieue parisienne, berlinoise, romaine, londonienne, new-yorkaise ou montréalaise. 

http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/09/antifasciste-300x158.jpgArrivés en cage d’accueil le périple des « immigrés forcés ou floués » n’est pas terminé. Il reste deux opérations à compléter : premièrement, assurer la difficile intégration de ces malaimés enchaînés ou floués afin de compléter le trafic amorcée sous l’équateur. Cette intégration commence sous les quolibets et les agressions des groupuscules extrémistes de droite; sous le regard circonspect des prolétaires inquiets et sous l’agressive émulation des groupuscules de gauche chargés de créer l’évènement qui assurera une tapageuse couverture médiatique, le tout se transformant en « crise des migrants », préparant une vaste opération de déstabilisation des gouvernements justifiant le durcissement des États policiers totalitaires, deuxième opération qui sera complétée avec la collaboration de la droite et de la gauche bourgeoise appelant l’État fétiche et complice à se commettre… il faut bien assurer la sécurité des populations enchaînées.

Que présage cette traite « négrière » moderne ? 

http://www.les7duquebec.com/wp-content/uploads/2018/09/aquarius-300x175.jpgCette opération de traite négrière moderne ne prépare, ni ne présage de la mort de l’Union européenne, mais elle annonce l’effondrement de l’économie capitaliste que les « ânes » de l’Aquarius SOS-Méditerranée – maillons faibles de la chaîne de valeur – et leurs commanditaires milliardaires tentent de sauver in extrémis… (1) Toutefois, la méthode sera différente pour cette troisième édition, car je ne crois pas que le grand capital international réussira à mobiliser les masses ouvrières en faveur des partis fascistes et néonazis comme la dernière fois (1930-1945). Les résurgences fascistes et nazies européennes et américaines n’ont pas vocation à s’emparer du pouvoir comme dans les années trente.  Ils ont plutôt vocation à pousser les gouvernements en place à se fasciser en réponse aux multiples troubles sociaux qu’ils auront provoqués avec l’aide de ces immigrants forcés. Ce qui revient à dire que les activités de l’industrie des ONG « humanitaires », de la droite et de la gauche « anti fasciste » soutiennent objectivement les manigances pour instaurer des gouvernements totalitaires dans chacune des intendances étatiques européennes et américaines.

Le prolétariat n’a rien à faire ni des idées fascistes, néonazies ou racistes, ni de l’agitation gauchiste ou « humaniste populiste », ni des migrants forcés, sous-payés, précarisés que le grand capital et son État fantoche vont exploités puis conscrire comme chair à canon dans les guerres civiles qu’ils préparent dans les principaux pays capitalistes avancés. Le prolétariat saura-t-il offrir une alternative politique révolutionnaire à opposer à ce destin tragique?


NOTE

 1.     http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/les-ong-sont-des-associations-de-voyous/

 ·        Les causes de l’hyperinflation au Venezuela (La Marea)

·        Monsieur Marcoux (Lepage)

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

Congrès PCF · France

 

Bonjour Michel

Sacrifier la jeunesse et les retraités, c’est détruire la société

Un adage populaire veut que l’on juge une politique à partir du sort qu’elle réserve à sa jeunesse et à ses aînés. Or la politique de Macron cogne à la fois sur les jeunes et sur les retraité·es, tout en divisant et opposant nos concitoyens entre eux.

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 #Vidéo 1 : "Retour sur le conseil national du PCF du 5/09/18"

#Vidéo 2 : "La réforme des retraites provoquera un effondrement des pensions"

Programme du stand national des communistes à la Fête de l'Humanité

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Alejandro Lopez, Espagne, Les infâmes réalisations de Franco

« Les infâmes réalisations de Franco, indique Alejandro Lopez, sont bien connues. Il a mené un coup d’État fasciste en 1936, qui a plongé l‘Espagne dans une guerre civile de trois ans, dévastant des villes dans tout le pays et conduisant au meurtre de 200 000 opposants politiques, intellectuels de gauche et travailleurs militants. 400 000 personnes de plus furent jetés dans des prisons et des camps de concentration, où beaucoup moururent de malnutrition ou de famine. Un demi-million de personnes fuirent l‘Espagne en tant que réfugiés politiques. Pendant les quatre décennies du régime de Franco, des milliers de personnes furent arrêtées, torturées et tuées par la police secrète. Les grèves, les partis politiques et les syndicats furent interdits et les libertés civiles abolies. Les journaux et les livres furent censurés et l‘éducation supérieure ne fut accessible qu‘aux privilégiés. Le fait qu‘un pan entier du corps des officiers espagnols considère cela comme un exemple positif, est un avertissement. Le fascisme n‘était pas un accident politique du 20e siècle, mais une émanation inévitable du capitalisme... »

Reprenons la lecture du bilan réalisé par Alejandro Lopez...

Michel Peyret


Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)

L‘armée espagnole salue le bilan du dictateur fasciste Francisco Franco

Par Alejandro Lopez
11 août 2018

Dans une déclaration en hommage au dictateur fasciste espagnol Francisco Franco, 181 officiers de haut rang en retraite de l‘armée espagnole ont fait savoir leur soutien à la politique d‘assassinats de masse conduite par celui-ci pour écraser l‘opposition de la classe ouvrière. C‘est là un avertissement aux travailleurs non seulement en Espagne mais en Europe et au plan international. Sur fond de colère sociale et de grèves montantes contre les mesures d‘austérité et le militarisme en Europe, la classe dirigeante, au désespoir, complote une guerre civile pour réprimer l‘opposition sociale.

Le manifeste du 31 juillet intitulé « Déclaration de respect au Général Francisco Franco Bahamonde, soldat d‘Espagne », signée par un groupe de généraux en retraite, de colonels, d‘amiraux et de capitaines de frégate, dont l‘ancien chef de l‘armée de terre espagnole jusqu‘en 2016, le Général Juan Enrique Aparicio, est sans équivoque. Publiée par l’AME (Asociación de Militares Españoles) pro-franquiste, elle approuve comme sauveur de l‘Espagne un dictateur fasciste ayant massacré des centaines de milliers de travailleurs durant la guerre civile puis fonda une dictature brutale qui dura 40 ans.

Les signataires critiquent la tentative cynique du nouveau gouvernement minoritaire du PSOE (Parti socialiste) soutenu par Podemos, d’obtenir le soutien de travailleurs et de jeunes par quelques critiques impuissantes de Franco et un projet pour retirer la dépouille de Franco du mausolée de la ‘Vallée de ceux qui sont tombés’. Ils savent parfaitement bien que le gouvernement pro-austérité du PSOE est profondément impopulaire et qu‘il ne tient qu‘à un fil.

Critiquant l‘hypocrisie du PSOE, ils font remarquer que sa campagne anti-Franco promeut « un faux progressisme qui cache la réalité de l‘effondrement territorial de la nation et de l‘inégalité manifeste parmi les Espagnols ».

Ils dénoncent « les attaques constantes de la personne du Général Franco depuis sa mort, qui effacent lentement mais sûrement toutes les traces de son œuvre pour l‘Espagne dans les moments historiques où il a du vivre ». Ils rendent responsable la « gauche politique » de déclencher « une campagne sans précédent qui est incompréhensible si on oublie son ardeur viscérale pour effacer un demi-siècle de notre histoire, à travers la tentative finale de supprimer le principal architecte ayant empêché cette histoire de disparaître ».

Ils portent aux nues le « commandement unique par Franco d’une Espagne assaillie et assiégée par le

communisme international et contrôlée par le Front populaire.».

Les infâmes réalisations de Franco sont bien connues. Il a mené un coup d’État fasciste en 1936, qui a plongé l‘Espagne dans une guerre civile de trois ans, dévastant des villes dans tout le pays et conduisant au meurtre de 200 000 opposants politiques, intellectuels de gauche et travailleurs militants. 400 000 personnes de plus furent jetés dans des prisons et des camps de concentration, où beaucoup moururent de malnutrition ou de famine. Un demi-million de personnes fuirent l‘Espagne en tant que réfugiés politiques.

Pendant les quatre décennies du régime de Franco, des milliers de personnes furent arrêtées, torturées et tuées par la police secrète. Les grèves, les partis politiques et les syndicats furent interdits et les libertés civiles abolies. Les journaux et les livres furent censurés et l‘éducation supérieure ne fut accessible qu‘aux privilégiés.

Le fait qu‘un pan entier du corps des officiers espagnols considère cela comme un exemple positif, est un avertissement. Le fascisme n‘était pas un accident politique du 20e siècle, mais une émanation inévitable du capitalisme. Après un quart de siècle de guerres de plus en plus nombreuses et de militarisme depuis la dissolution stalinienne de l‘Union soviétique, et une décennie d‘austérité profonde depuis le crash de Wall Street, les milieux dirigeants envisagent à nouveau une telle politique alors qu’ils font face à une population de plus en plus hostile et en colère.

L‘Union européenne (UE) s’est déplacée très à droite et les forces d’extrême-droite influencent de plus en plus ouvertement son programme politique. Cet été, l‘UE a accepté d‘intensifier drastiquement sa politique anti-réfugiés avec le plan de boucler hermétiquement la Forteresse Europe, déporter les réfugiés en masse vers les zones de guerre du Moyen-Orient et d’Afrique et construire un vaste réseau de camps de concentration dans toute l’Europe et la Méditerranée. Ces camps, comme en a averti le WSWS, seront inévitablement utilisés contre l‘opposition politique de la classe ouvrière.

La décision du corps des officiers espagnols d’exalter le régime de Franco confirme que ces politiques réactionnaires mettent en mouvement une marche vers la guerre civile en Europe même.

En même temps, surtout cette année, la lutte des classes s‘est fortement intensifiée à l‘international. Il y a eu de puissantes grèves des enseignants aux Etats-Unis, des métallos en Allemagne et en Turquie, des cheminots en Angleterre et en France. En Espagne, 8 millions d‘heures de travail ont été perdues du fait des grèves au premier trimestre de cette année; 51 pour cent de plus que sur la même période l‘an dernier. Les travailleurs d‘Amazone ont fait grève le mois dernier. Des grèves chez les pilotes, le personnel au sol et les aiguilleurs du ciel ont atteint des niveaux historiques en Espagne.

Alors que la classe dirigeante loue le fascisme et la guerre, l‘alternative est la construction de l’avant-garde de la classe ouvrière. La question clé est la mobilisation des classes ouvrières espagnoles et européennes en lutte, sur un programme révolutionnaire et socialiste. Pour cela, la classe ouvrière a besoin de construire des sections du Comité International de la Quatrième internationale (CIQI) en Espagne et dans toute l‘Europe.

Des leçons cruciales doivent être tirées. Si l‘armée se sent encouragée à célébrer l‘assassinat de masse de la classe

ouvrière par Franco, cela est avant tout du au rôle réactionnaire joué par le PSOE, les forces staliniennes au sein de Podemos et la faction pabliste de Podemos, composée d‘alliés du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) en France. Podemos et une large strate de partis petits bourgeois anti-trotskystes agissant à sa périphérie sont complètement en faillite et hostiles à la classe ouvrière.

Le gouvernement PSOE soutenu par Podemos met à présent en œuvre un budget d‘austérité tout en faisant passer en force les plus fortes dépenses militaires depuis la mort de Franco il y a plus de 40 ans.

Durant la violente répression du referendum d‘indépendance catalan par Madrid l‘an dernier, qui a fait un millier de blessés alors que les électeurs tentaient de protéger les urnes de la police, le PSOE a soutenu la répression brutale du gouvernement droitier du Parti populaire (PP). Avec Podemos, il a ensuite soutenu l‘imposition d‘un gouvernement non élu en catalogne, l‘emprisonnement des dirigeants nationalistes catalans sur de fausses accusations et la tenue de rassemblements nationalistes à Barcelone.

Le pacte « oubli et pardon » passé par le PSOE et des staliniens avec les franquistes durant la transition du gouvernement dictatorial à la démocratie parlementaire dans les années 1970 pour bloquer une prise révolutionnaire du pouvoir par la classe ouvrière, est démasquée comme entièrement pourri. Malgré l‘opposition de masse au fascisme, le PSOE et les ancêtres politiques de Podemos ont conclu un accord qui a sauvé l‘ensemble de l‘appareil de Franco. A présent, les généraux en retraite qui ont grandis dans les dernières années du franquisme et ont soutenu l‘attaque de masse contre des électeurs catalans pacifiques, se tournent à nouveau vers l‘héritage de la répression fasciste.

En effet, la publication de cette lettre pointe quelques-unes des façons grâce auxquelles la Transition a permis aux fascistes de survivre. Après des décennies de gouvernement PSOE depuis 1978, l‘AME a toujours ses bureaux dans les casernes de l‘armée, reçoit des subsides et publie le journal Militares (soldats) qui est distribué gratuitement parmi les soldats espagnols.

Beaucoup des signataires de la déclaration de l‘AME ont été promus sous des gouvernements PSOE successifs. Ils fondent leur défense de Franco sur l‘Article 21 des Ordonnances royales pour les Forces Armées, approuvées en 2009 sous un premier ministre PSOE, José Luis Rodríguez Zapatero. Elles stipulent que « les membres des Forces armées se sentiront les héritiers et les dépositaires de la tradition militaire espagnole. C’est leur devoir de payer tribu aux héros ayant forgé la tradition militaire espagnole et à tous ceux qui ont donné leur vie pour l‘Espagne et une raison d‘encourager la continuation de cette œuvre ».

Dans le contexte d‘une crise sociale et économique sans précédent, les mesures « anti-fascistes » cyniques et purement symboliques du PSOE et de Podemos, comme le déplacement de la dépouille de Franco de son mausolée, n‘ont fait qu‘enhardir les fascistes. Au moment d‘écrire cet article, le PSOE et Podemos ont continué de garder un silence lâche et assourdissant sur la déclaration des généraux.

Ces événements sont une confirmation historique de la signification durable de la lutte de Trotsky contre le fascisme, les sociaux-democrates et les staliniens, qui ont réprimé en Espagne les luttes de la classe ouvrière durant la Guerre civile.

La seule force luttant pour une perspective politique trotskyste, pour que la classe ouvrière prenne le pouvoir, est le CIQI. Rejetant l’étranglement stalinien des luttes de masse contre les franquistes dans les années 1970 et l‘adaptation à cela des pablistes, le mouvement trotskyste lutte pour armer la classe ouvrière d’un programme socialiste et internationaliste contre l‘inégalité sociale, le militarisme et l‘adoption de formes autoritaires de gouvernement. La voie vers l‘avant dans la lutte contre un État policier et les forces fascistes, est la construction du CIQI en Espagne et à l’international

06 septembre 2018

Prélèvement à la source, vers un suicide fiscal collectif sans création immédiate d’emplois aux Finances Publiques !

Plus bas voir aussi : Prélèvement à la source, plus juste... ou plus compliqué plus injuste ?

Textes transmis par Jean-Jacques Lagarde

Dans un exercice alternant mensonges et promesses racoleuses, le Premier ministre a essayé de lever les doutes des français sur le prélèvement à la source. En effet, ces derniers jours, au fur et à mesure que le voile d’ignorance se levait sur ce dispositif, les craintes et les oppositions à la mise en place du prélèvement à la source ont augmenté. Prenons deux exemples du discours d’Edouard Philippe.

« UN GAIN DE TRÉSORERIE POUR LES MENSUALISÉS ACTUELS », C’EST FAUX !

« avec le nouveau système on sera prélevé à la fin du mois sur douze mois et non au milieu du mois sur dix mois ». Ce qui représente pour lui un gain de trésorerie pour les ménages. Payez son impôt 11 mois et demi plus tôt, présenterait donc un gain de trésorerie ? Étrange conception économique ! En effet, aujourd’hui pour un salaire perçu au 31 janvier 2017, on payait l’Impôt correspondant au 15 janvier 2018 donc 11 mois et 15 jours plus tard. En 2019, pour un salaire perçu au 31 janvier 2019, on payera l’impôt au 31 janvier 2019.

D’autre part, prendre pour argument un prélèvement par douzième plutôt que par dixième est ridicule. Dans le cadre de la mensualisation automatique il était évidement possible de l’appliquer sur douze mois.

DANS LA SÉRIE DEMAIN ON RASE GRATIS « UN ACOMPTE DE 60 % SUR CERTAINS CRÉDITS D’IMPÔT »

Comment rendre encore plus bancal un système déjà ultra-complexe et qui ne tient pas debout. Évidement, contrairement à ce qu’avance le Gouvernement, l’énorme gain de trésorerie attendu ne sera pas pour les contribuables mais pour l’État !

En 2019, on devra donc payer l’impôt en même temps que nous percevons nos revenus. Mais, quand l’État devra nous verser une réduction ou un crédit d’impôt, il pourra bien attendre un an pour le faire. La ficelle étant trop grosse, il y aura un dispositif dérogatoire pour quelques crédits d’impôt (en fait pour une petite minorité), les contribuables ayant déjà bénéficié de ces crédits d’impôts bénéficieront d’un acompte doublé hier et porté à 60 % du montant accordé l’année précédente.

Premièrement, tous les crédits d’impôts ne sont pas visés et ce sont encore les plus riches des contribuables les mieux servis notamment les investisseurs dans l’immobilier.

En outre, cette mesure va générer pour un grand nombre de contribuables des reprises d’impôt à posteriori. Par exemple, un contribuable ayant un enfant à la crèche en 2017 et scolarisé à compter de septembre 2017 aura bénéficié d’un crédit d’impôt à ce titre. Il va donc bénéficier d’un acompte de crédit d’impôt en 2019 alors qu’il n’a plus de frais de garde d’enfant depuis septembre 2017. Le réveil sera difficile à l’automne quand il devra le rembourser.

LES VOYANTS TECHNIQUES SONT AU ROUGE

La complexité technique de la mise en place du prélèvement à la source a été largement sous-estimée. Faire coexister des fichiers différents et les rapprocher n’est pas sans risque. Les informations en provenance des services nous démontrent que de nombreux bugs ne sont pas résolus et ne pourront pas l’être à l’échéance du 1er janvier.

UN SYSTÈME COMPLÈTEMENT INADAPTÉ À LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE

La conjugalisation et la progressivité du système fiscal français rendent très compliqué la mise en place du prélèvement à la source en France. Les évolutions sociétales, prolifération des contrats courts, changement plus fréquents dans la vie personnelle des contribuables sont autant d’éléments rendant plus aléatoire la fiabilité du système. De même, la prolifération des niches fiscales est un facteur d’erreur et de rectification extrêmement important.

Le prélèvement à la source est une modalité de prélèvement d’impôt totalement archaïqueet de plus en plus décrié dans les États où il a été mis en place pour certains, il y a presque un siècle ! Vous avez dit moderne ?!

COMBIEN D’ARGENT PERDU POUR L’ÉTAT ?

Le fait d’ajouter un tiers collecteur va immanquablement faire chuter le taux de recouvrement. Si on se réfère en terme de comparaison aux difficultés de recouvrement de la TVA déjà collectée par les entreprises, l’État pourrait perdre 8 milliards d’euros de recettes fiscales.

Quoi qu’il en soit le prélèvement à la source est une usine à gaz infernale où les contribuables auront énormément de mal à s’y retrouver. Les plus fragiles seront les principales victimes puisque dans le nouveau système on payera d’abord et on devra contester ensuite les sommes prélevées.

Plus que jamais, les services des Finances publiques, déjà ponctionnés de plus de 30 000 emplois ces dix dernières années, ont besoins de milliers de créations de postes en urgence si l’État ne souhaite pas que le prélèvement à la source tourne en fiasco total.

Communiqué commun de la fédération des Finances CGT et du syndicat CGT des Finances publiques.


Prélèvement à la source, plus juste... ou plus compliqué plus injuste ?

« C’est une bombe à retardement » pour le secrétaire général de la CGT Finances, Alexandre Derigny, qui craint une remise en cause de l’égalité devant l’impôt et dénonce le manque d’effectifs aux Impôts.

Entretien réalisé par le journal l’humanité.

L’Humanité.fr : Le prélèvement à la source une manipulation en marche selon la CGT Finances, une « bombe à retardement » selon Le Monde du 17 août, « un chantier particulièrement difficile » selon Le Figaro du 24 août. Pourtant le gouvernement dit que ce sera plus simple ?

Alexandre Derigny : « C’est une bombe à retardement parce que ça ne s’est jamais fait et donc ça ne va pas être plus simple. Ca va être plus compliqué pour les contribuables, les entreprises et l’état.

Dans la vie réelle les gens vivent chez leurs parents, les aident, ont des enfants, ont des revenus qui évoluent en + ou en - pour x raisons, cumulent des CDD, se marient, divorcent, prennent leur retraite, arrivent dans la vie active etc. Le systême proposé ne pourra pas s’adapter à ces changements, c’est un mensonge de dire que ce sera plus simple.

La plupart des gens pensent qu’avec le prélèvement à la source finies les déclarations d’impôt et les relations avec les services des finances. Pas du tout, il faudra continuer à faire une déclaration d’impôt (en ligne pour tout le monde à compter de l’année prochaine), à recevoir un avis d’imposition et en plus de ça on va être soumis à des rectifications régulières et des va et viens avec l’administration fiscale.

Aujourd’hui, le contribuable n’a qu’un seul interlocuteur, le service des impôts c’est à dire des professionnels expérimentés. A partir de janvier 2019 on aura à faire à plusieurs interlocuteurs : le service du personnel de son entreprise pour les salariés, la caisse de retraite pour les retraités et Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi (qui deviennent collecteurs des impôts à la place du Fisc) et puis le service des impôts puisqu’il faut continuer à faire des déclarations, prévenir les Impôts de tout changement etc. ».


L’Humanité.fr : En quoi le prélèvement à la source est une manipulation en marche, exemples à l’appui ?

Alexandre Derigny : « Prenons l’exemple courant d’un salarié qui a trois mois d’activité ou cumule les CDD avec un salaire correct (disons 2 000 euros nets mensuels) mais il ne travaille que trois mois dans l’année, soit 6 000 euros de revenus. Dans le système d’imposition actuel, il est non imposable.

Avec le prélèvement à la source, s’il travaille de janvier 2019 à mars 2019, il subira un prélèvement sur ces 2 000 euros chaque mois qui ne lui seront restitués qu’à l’automne 2020, soit un an et demi après puisqu’il bénéfice d’un taux de prélèvement de 0%. On va donc lui prélever un impôt alors qu’il n’est pas imposable qu’on lui restituera un an et demi plus tard.

Autre exemple : chacun de nous bénéficions d’un crédit d’impôt (travaux dans la maison, enfants scolarisés, parents dans le besoin ou en maison de retraite etc.). Aujourd’hui on paie l’impôt au même moment qu’on reçoit le crédit d’impôt (ou la réduction d’impôt). On paie les impôts et l’Etat nous rembourse ou déduit le crédit d’impôt. Avec le prélèvement à la source ça ne se passe plus ainsi : en janvier 2019, si vous effectuez des travaux dans la maison par exemple, le crédit d’impôt vous sera attribué qu’en septembre 2020, un an et demi après. En effet, cet avantage fiscal n’est pas pris en compte dans le calcul du taux d’imposition. En fait vous en faites l’avance à l’Etat. »


L’Humanité.fr : Les gens s’inquiètent des taux d’imposition proposés (taux individuel, du ménage, neutre). Ça les gêne que l’employeur connaisse leur taux et ce n’est pas clair pour eux. Qu’en dites-vous ?

Alexandre Derigny : « Le taux d’imposition ce n’est effectivement pas clair. En France notre spécificité est l’impôt progressif : plus on a de revenu + le taux d’imposition est élevé. Avec le prélèvement à la source ça se complique Car en janvier 2019 on ne sait pas quel sera le montant de vos revenus en octobre, si vous avez changé d’emploi, perdu un emploi, pris votre retraite etc. Donc on est incapable aux impôts de donner le bon taux pour l’année de prélèvement.

Le gouvernement répond : pas de souci si vos revenus changent en cours d’année vous pouvez modifier votre taux. Exact sauf qu’il faut en faire la demande à l’administration fiscale. Celle-ci qui a été amputée de 30 000 suppressions de postes n’est pas en capacité de modifier votre taux du jour au lendemain. En effet il faut recalculer le montant de l’impôt, le taux, l’envoyer au service de la paie de l’entreprise ou de la caisse de retraite ou de pôle emploi pour être appliquer à la paie suivante.

Pour effectuer cette opération, ce n’est pas trois mois de délai comme annoncé mais 6 mois si tout va bien. Ainsi : en février vous avez une augmentation de salaire, le taux ne sera changé au mieux qu’en août mais si en juin vous perdez votre emploi, ce n’est qu’en décembre que le taux de prélèvement de l’impôt sera corrigé etc. Donc pendant toute une période vous vous retrouvez avec un mauvais taux d’imposition qui peut avoir des conséquences fâcheuses sur votre revenu.

Autre conséquence : en devenant collecteur d’impôt, l’employeur dispose d’une information qu’il ne devrait pas avoir : le taux d’imposition de ses salariés. Il est évident que ça peut influer sur les négociations salariales dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ou d’une demande individuelle d’augmentation. Sans compter que pour un même emploi les salaires seront différents parce que les taux seront différents en fonction de la situation du foyer fiscal de chacun. »


L’Humanité.fr : Le prélèvement à la source, un chantier particulièrement difficile ?

Alexandre Derigny : « aux Finances publiques, nous sommes comme dans un hôpital nos agents sont surbookés, les antennes sont bondées en effectifs réduits, on a déjà du mal à répondre aux problèmes actuels des contribuables qui viennent nous voir. On va nous supprimer des emplois et en même temps (pour la comparaison avec l’hôpital) une pandémie se prépare : le prélèvement à la source.

Est-ce que vous pensez que nous sommes prêts à répondre aux préoccupations des contribuables engendrées par le prélèvement à la source.

On propose donc aux contribuables d’aller sur le site internet des Finances Publiques ou d’envoyer un mail. Pour les personnes le plus fragiles ou qui n’ont pas accès à internet ça va être catastrophique comme est la numérisation des services publics pour eux. »


L’Humanité.fr : pourtant le ministre de l’action et des comptes publics assure que 40 000 agents ont été formés à cet effet ?

Alexandre Derigny : « Dans nos services, nous avons reçu une brochure de 460 pages pour expliquer au personnel la mise en place du prélèvement à la source. Quant à la formation, c’est un effet d’annonce. Certes, il y a bien eu une formation en 2017 mais d’une journée et également une journée en 2018. 1 journée de formation pour expliquer à 40000 agents la complexité du sujet et la diversité des problèmes ?

Ce n’est pas sérieux. Les salariés ne sont donc pas vraiment formés pour répondre aux problématiques du prélèvement à la source. Soulignons qu’il ne s’agit pas de 40 000 emplois créés mais d’une formation d’un jour de 40 000 agents en heures supplémentaires.

Nous n’avons pas suffisamment d’emplois pour gérer le prélèvement à la source. »


L’Humanité.fr : alors compliqué et injuste le prélèvement à la source ?

Alexandre Derigny : « il faut s’appuyer sur un système qui fonctionne bien comme c’est le cas de la mensualisation plutôt que de se lancer dans une aventure aussi improbable et complexe. Et ça reste sous le contrôle de l’Etat.

Que cherche le gouvernement avec le prélèvement à la source ? Imposer un taux unique pour tous et remettre en cause le principe de la contribution à hauteur des moyens de chacun de manière égalitaire… autrement dit l’égalité devant l’Impôt. »

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"Trahison", "lâche"... Trump furieux après la tribune anonyme et explosive d'un "résistant" au sein de son administration

 

Dans un texte publié par le "New York Times", un haut responsable de l'administration Trump explique comment il s'efforce de lutter de l'intérieur contre les "pires penchants" du président américain. Ce dernier a appelé au journal de dénoncer "immédiatement" l'auteur de la tribune, au nom de la sécurité nationale.

Donald Trump lors d\'une réunion à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 5 septembre 2018.Donald Trump lors d'une réunion à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 5 septembre 2018. (NICHOLAS KAMM / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le 06/09/2018 | 08:29
publié le 06/09/2018 | 06:13

image il y a 39 minutes

Qui sont les candidats LREM à la présidence de l'Assemblée nationale ?

Le texte a déclenché les foudres du président des Etats-Unis. Donald Trump a réagi avec véhémence, mercredi 5 septembre, à la publication par le New York Times d'une tribune anonyme d'un haut responsable de son administration expliquant comment il s'efforçait, avec d'autres, de lutter de l'intérieur contre les "pires penchants" du président américain.

Visiblement furieux contre cette "résistance silencieuse" qui sort de l'ombre et le place en difficulté, le locataire de la Maison Blanche est allé jusqu'à parler, dans un tweet lapidaire (et en lettres capitales), de "TRAHISON?".

 

Le président a également appelé le quotidien à dénoncer "immédiatement" ce "lâche", au nom de la sécurité nationale.

 

L'auteur de ce texte hors du commun, intitulé "Je fais partie de la résistance au sein de l'administration Trump", souligne qu'il ne s'agit pas pour lui de soutenir la démarche des démocrates, mais de protéger son pays contre le comportement de son 45e président.

 "Le président continue à agir d'une façon néfaste"

La publication –controversée– de ce témoignage intervient au lendemain de la diffusion d'extraits d'un livre explosif du journaliste d'investigation Bob Woodward, qui dresse le portrait d'un président colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s'efforcent de contrôler, voire de contourner, pour éviter de dangereux dérapages.

"Nous pensons que nous avons d'abord un devoir envers notre pays et que le président continue à agir d'une façon néfaste à la bonne santé de notre république", écrit le responsable anonyme. "C'est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de M. Trump jusqu'à ce qu'il ait quitté son poste", ajoute-t-il.

 

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Alexandre Lantier, le danger de guerre de l'OTAN

« La responsabilité pour ce danger de guerre, indique Alexandre Lantier, incombe surtout aux puissances impérialistes, à Washington et à l’Union européenne. Pendant un quart de siècle depuis la dissolution stalinienne de l’URSS en 1991, ils ont intensifié leurs interventions militaires à travers l’Eurasie, de la Yougoslavie à l’Irak et la Syrie, jusqu’en Afghanistan et au-delà. Washington a tenté de préserver son hégémonie mondiale par des guerres qui ont fait des millions de victimes et dévasté des pays entiers. Washington a ouvertement menacé Moscou et Beijing en janvier dans sa National Security Strategy, qui abandonnait la fiction selon laquelle il existe une «guerre contre la terreur» et traitait la Russie et la Chine de cibles. Le secrétaire à la Défense américain, James Mattis, les a dénoncées en tant que «puissances révisionnistes» qui menaçaient l’ordre mondial pro-USA et a déclaré: «La rivalité entre grandes puissances, pas le terrorisme, est l’objet principal de la sécurité nationale américaine... »

Reprenons la lecture des observations de Alexandre Lantier...

Michel Peyret


Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)

Menacée par l’OTAN, la Russie lance les plus grands exercies militaires depuis 1945

Par Alexandre Lantier
3 septembre 2018

Ce mois, des centaines de milliers de troupes russes, chinoises et de l’OTAN se mobilisent pour des exercices militaires rivaux à travers l’Eurasie. Ces exercices, les plus vastes en Russie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, se déroulent sur fond d’une escalade de tensions et de conflits militaires qui posent le danger d’un affrontement direct entre les grandes puissances nucléaires.

Samedi, la marine russe a lancé son plus grand exercice en Méditerranée depuis des décennies, qui durera huit jours. 25 navires et 30 avions, dont des bombardiers stratégiques Tu-160, capables de réaliser des frappes nucléaires stratégiques à l’échelle continentale, y prendront part. Selon le ministère de la Défense russe, les zones en mer où se déroulera l’exercice seront interdites et «déclarées dangereuses pour la navigation et les vols.»

Le 11 septembre, Moscou et Beijing lanceront l’exercice Vostok-18 dans le trans-Baikal, dans l’est de la Russie. Vostok-18 dépassera même la taille de Zapad-81, le plus grand exercice militaire soviétique après la Deuxième Guerre mondiale. Un total de 300.000 troupes, 1.000 aéronefs, et 36.000 véhicules militaires russes y prendront part, ainsi que 3.200 troupes, 30 aéronefs et 900 véhicules chinois. Des troupes mongoles y participeront également.

Le 3 septembre, 2.270 troupes de l’OTAN participeront à l’exercice Rapid Trident 2018 en Ukraine, à la frontière russe. Ce sera le prélude à ce qui serait plus vaste exercice de l’OTAN en Europe depuis la fin de la Guerre froide: Trident Juncture 2018, du 25 octobre au 7 novembre en Norvège, aussi à la frontière russe. 40.000 troupes, 130 aéronefs et 70 navires y participeront, dirigées par une contribution allemande sans précédent de 80.000 troupes, de 100 chars et de 2.000 autres véhicules.

La vaste étendue de ces exercices est un avertissement aux travailleurs partout au monde. Dans les capitales des grandes puissances, dans le dos des peuples, des cabales politico-militaires préparent des guerres qui feraient des milliards de victimes. Avant même que les exercices ne commencent, des tensions dans différents conflits créés par des décennies de guerres lancées par l’OTAN soulèvent directement le danger de conflits entre l’OTAN, la Russie et la Chine. Il y a:

*L’effondrement des pourparlers américains avec la Corée du nord, voisine de la Russie et de la Chine, et que Trump a menacé de «feu et de colère comme le monde n’en a jamais vu», c’est-à-dire de guerre nucléaire. A présent, Washington laisse entendre qu’il pourrait recommencer les exercices avec la Corée du sud qui ont mobilisé 23.000 troupes américaines et 300.000 troupes sud-coréennes pour préparer une attaque «pré-emptive» contre la Corée du nord.

*Les avertissements russes que le renseignement britannique prépare une attaque chimique à Idlib en Syrie, région tenue par les milices islamistes liées à l’OTAN, qui servirait d’excuse à un nouveau bombardement par l’OTAN de la Syrie, comme en avril. «Nous avons fortement mis en garde nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a dit le ministre russe des Affaires Étrangères, Sergueï Lavrov, alors que le contre-torpilleur américain USS Ross arrivait dans la région.

*L’assassinat d’Alexandre Zakhartchenko, chef de la République populaire de Donetsk séparatiste et prorusse dans l’est de l’Ukraine, dans un attentat à la bombe vendredi. Moscou a fait savoir qu’il considérait qu'il s'agissait d'un attentat mené par le régime ukrainien pro-OTAN à Kiev.

La responsabilité pour ce danger de guerre incombe surtout aux puissances impérialistes, à Washington et à l’Union européenne. Pendant un quart de siècle depuis la dissolution stalinienne de l’URSS en 1991, ils ont intensifié leurs interventions militaires à travers l’Eurasie, de Yougoslavie à l’Irak et la Syrie, jusqu’en Afghanistan et au-delà. Washington a tenté de préserver son hégémonie mondiale par des guerres qui ont fait des millions de victimes et dévasté des pays entiers.

Washington a ouvertement menacé Moscou et Beijing en janvier dans sa National Security Strategy, qui abandonnait la fiction selon laquelle il existe une «guerre contre la terreur» et traitait la Russie et la Chine de cibles. Le secrétaire à la Défense américain, James Mattis, les a dénoncées en tant que «puissances révisionnistes» qui menaçaient l’ordre mondial pro-USA et a déclaré: «La rivalité entre grandes puissances, pas le terrorisme, est l’objet principal de la sécurité nationale américaine.»

Moscou et Beijing déclarent à présent que ces exercices sont une réponse à la National Security Strategy et à l’activité militaire mondiale de Washington. Les médias russes citent le commentateur russe Mark Sleboda, selon lequel ces exercices interpellent Washington et sont «une réponse à leur stratégie de sécurité nationale, ainsi qu’aux postures américano-otaniennes dans la mer de Chine méridionale, dans les détroits du Taïwan, et avec ... le positionnement permanent de troupes que l’on voit sur les frontières occidentales de la Russie.»

Sleboda a carrément déclaré que Moscou et Beijing lancent des exercices militaires antimissiles conjoints pour se préparer à une guerre nucléaire mondiale, car ils «considèrent que tout conflit stratégique nucléaire incluant l’un inclurait naturellement l’autre.»

Beijing a déclaré que ces exercices ont vocation à «renforcer le partenariat militaire stratégique entre les deux pays, intensifier l’amitié et la coopération entre les deux armées et accroître encore la capacité conjointe des deux pays à répondre aux menaces sécuritaires.»

L’ampleur des exercices russo-chinois semble être un signal lancé aux stratèges et aux hauts responsables des puissances impérialistes, que Moscou et Beijing craignent sérieusement être au bord d’un conflit nucléaire.

Sur Twitter, François Heisbourg de la Fondation de recherche stratégique et de l’International Institute for Strategic Studies à Londres écrit: «Ce nouvel exercice dépasse ce qui serait utile à des fins de prestige. 30 pour cent des forces russes d’active y participent, ce qui coûte cher alors que le budget militaire russe est sous pression. Cela n’a de sens que si l’on considère une guerre majeure comme une éventualité à haute probabilité.»

Le South China Morning Post a cité Jonathan Holslag de l’Université libre de Bruxelles, pour qui ces exercices sont «un signal de dissuasion». Il a ajouté: «Cela démontre que même si une défiance réelle persiste entre Moscou et Beijing, Moscou n’a pas d’autre choix que de travailler avec la Chine, surtout vu que les relations avec Washington sont toujours instables et que seul le soutien financier chinois atténue l’impact des sanctions occidentales.»

La politique russo-chinoise, fondée dans le nationalisme réactionnaire des oligarchies capitalistes post-soviétiques des deux pays, n’offre aucune perspective de lutte contre la guerre impérialiste. Ces régimes ne peuvent faire appel à l’opposition à la guerre du prolétariat mondial. Ils oscillent entre risquer un conflit total avec les puissances impérialistes qui pourrait anéantir l’humanité, et implorer Washington et ses alliés (que Moscou traite de «partenaires occidentaux») de négocier.

Alors que Trump menace l’Europe d’une guerre commerciale, Moscou espère diviser l’OTAN et mobiliser les impérialistes européens contre Washington. Berlin a indiqué un certain intérêt aux propositions russes de pourparlers sur la Syrie avec la Turquie et la France, principale alliée du projet allemand de militariser l’UE, qui excluraient Washington. Cette stratégie russe est toutefois condamnée, car elle signifie applaudir aux dépenses de centaines de milliards d’euros pour renforcer des appareils militaires dirigés, comme le démontrent les exercices de l’OTAN, contre la Russie.

Comme au début du 20e siècle, les régimes capitalistes rivaux titubent au bord d’une guerre mondiale, cette fois avec des armes nucléaires. Rien n’arrêtera cette poussée vers la guerre sauf une intervention consciente de la classe ouvrière. Le principal danger est les masses de gens ne sont pas pleinement conscients de l’immédiateté du risque; c’est pour cela que le WSWS souligne l’urgence de constuire un mouvement international anti-guerre dans la classe ouvrière, fondé sur une perspective anti-capitaliste et anti-impérialiste.