Avec Marx

23 avril 2017

Karl Marx, Antoine Artous, réfléchir sur le travail et son enjeu...

"Avec l’automatisation, nous dit Guy Carassus, des procès productifs supportée par des machines outils qui intègrent des gestes de la main outillée, il voyait poindre à long terme l’exigence d’un développement des capacités humaines d’intervention dans ces processus pour que les travailleurs puissent les mettre en œuvre efficacement et les maîtriser totalement. D’une certaine manière, cette vue prospective relevait d’une anticipation prémonitoire face aux enjeux auxquels nous confrontent aujourd’hui l’intégration de l’intelligence artificielle –fabriquée par des cerveaux humains- dans les outils de travail robotisés. Car dans ce contexte absolument nouveau, le travail peut potentiellement devenir une activité qui requiert un individu richement développé, porteur d’une multitude d’aptitudes et de facultés, ou bien un nouveau prolétaire totalement subordonné à la machine et dépossédé de tout savoir-faire. Là est l’enjeu..."

Reprenons l'article de Guy Caressus...

Michel Peyret


Marx et le travail

Guy Carassus commente « Le travail et l’émancipation. Karl Marx » d’Antoine Artous

Pour qui veut réfléchir sur le travail face aux mutations profondes auxquelles le confronte aujourd’hui un capitalisme computationnel mondialisé, comme aux difficultés actuelles à penser les voies nouvelles d’une émancipation qui ne peut faire l’économie de son articulation au travail, le passage par Marx paraît incontournable. Aussi le livre d’Antoine Artous, en exposant et en commentant un choix des multiples approches qui furent les siennes, est-il bien venue pour nous aider à y voir plus clair.

Pour ma part, je voudrais faire deux remarques qui n’entendent pas résumer les différentes pistes qu’emprunte cet ouvrage ou les questionnements qu’il soulève mais simplement poursuivre le dialogue sur quelques points qui me paraissent importants.

L’auteur, en référence à Marx, souligne le caractère historique de la notion de travail -et plus encore de travail salarié- qui est une forme d’activité productive, somme toute récente, forgée par le capital pour créer de la valeur d’échange et répondre aux exigences de l’accumulation. Les activités productives humaines ont une longue histoire et leurs caractéristiques sont liées aux modes de productions dominants.

Mais ce qu’il me semble essentiel de raccorder à cette dimension historique, c’est la dimension anthropologique : pour Marx, l’activité productive est constitutives des sociétés humaines et de la personne humaine. Elles s’y construisent toutes deux, dans une complexité de rapports sociaux qui se prolongent au-delà de ceux du travail. Cette activité se mène au travers d’une médiation que sont les outils et le langage. Elle produit des objets et des services, objectivisations de facultés humaines, qui de par leur extériorité doivent être appropriées pour répondre aux besoins physiques et spirituels. De cette extériorisation/séparation naît la possibilité de l’aliénation, c’est-à-dire la fermeture de l’accès à la diversité des créations sociales qui sont autant de possibles développements humains pour tout en chacun.

Le propre d’une activité émancipatrice est, dès lors, de créer les conditions pour se réapproprier les productions humaines et pour favoriser le développement de nouvelles capacités humaines. Tout ceci est très schématiquement exposé ici pour signifier que le travail est une forme historique d’activité, au cœur du présent et du devenir des sociétés, dont il s’agit de transformer radicalement les rapports sociaux qui l’enserrent pour l’émanciper et s’émanciper.

La deuxième remarque, en lien avec la précédente, porte sur le rapport qu’évoque A. Artous entre temps de travail et temps libre. Au fond, montre-t-il, il y a chez Marx l’idée qu’il faut à la fois s’émanciper du travail et émanciper le travail. Soit avoir du temps de loisir -du temps pour soi- et pour cela réduire le temps de travail au strict nécessaire pour répondre aux besoins humains. Soit libérer le travail des limites capitalistes qui l’enserrent et le contraignent pour qu’il devienne alors un des tous premiers besoins humains dans une société développée.

Il me semble qu’il ne faut pas lire en cela l’expression d’une contradiction logique - comment peut-on être libre si il faut se libérer du travail pour l’être et affirmer qu’on peut l’être dans l’exercice du travail ? – mais considérer que nous avons à faire à une contradiction dialectique à plusieurs facettes entre nécessité et liberté.

En schématisant là encore, pour Marx le travail restera une nécessité qu’il faudra organiser de la plus humaine des façons. Mais les progrès de la productivité du travail total réduiront le temps de travail nécessaire pour répondre aux besoins. Ce temps « libéré » peut devenir un temps de loisir dans lequel les personnes pourront se livrer à des activités diversifiées qui leur permettront d’acquérir des aptitudes plus variées.

Et ce sont ces individus plus richement développés qui entreront à nouveau dans une activité productive plus exigeante en compétences. La nécessité est le tremplin de la liberté. La liberté conquise réduit le périmètre d’une nécessité indépassable. Dialectique de la nécessité et de la liberté. Si et seulement si le capitalisme est contesté dans sa logique qui tend à faire de ce gain de temps du chômage ou encore du sur-travail pour maximiser les profits. On comprend pourquoi Marx faisait de la lutte pour la réduction du temps de travail un premier pas concret vers le communisme…

A cette réflexion sur le travail comme activité, sur la relation entre temps de travail nécessaire et temps de loisir libéré du travail, doit être reliées les anticipations marxiennes sur l’automation. De mon point de vue, ce sont ces dernières qui font entendre le propos de Marx sur le travail comme un tout premier besoin humain. Les besoins qui sont l’expression d’une exigence de développement humain et civilisationnel, doivent être satisfaits pour que les sociétés évoluent et progressent. Ceux liés à la mise en œuvre de forces productives matérielles en sont une des formes essentielles.

Avec l’automatisation des procès productifs supportée par des machines outils qui intègrent des gestes de la main outillée, il voyait poindre à long terme l’exigence d’un développement des capacités humaines d’intervention dans ces processus pour que les travailleurs puissent les mettre en œuvre efficacement et les maîtriser totalement. D’une certaine manière, cette vue prospective relevait d’une anticipation prémonitoire face aux enjeux auxquels nous confrontent aujourd’hui l’intégration de l’intelligence artificielle –fabriquée par des cerveaux humains- dans les outils de travail robotisés. Car dans ce contexte absolument nouveau, le travail peut potentiellement devenir une activité qui requiert un individu richement développé, porteur d’une multitude d’aptitudes et de facultés, ou bien un nouveau prolétaire totalement subordonné à la machine et dépossédé de tout savoir-faire. Là est l’enjeu.

« La grande industrie oblige la société sous peine de mort à remplacer l‘individu morcelé, porte douleur d’une fonction productive de détail, par l’individu intégral qui sache tenir tête aux exigences les plus diversifiées du travail et ne donne, dans des fonctions alternées, qu’un libre essor à la diversité de ses capacités naturelles ou acquises. » [1]

Dès lors, le travail peut être considéré comme un besoin porteur et vecteur d’exigences de développement humain.

« Dans une phase supérieure de la société communiste, quand aura disparu l’asservissante subordination des individus à la division du travail et avec elle l’opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais sera devenu le premier besoin vital (…) » [2]

Où l’on peut voir que l’émancipation humaine passe par l’émancipation du travail de ses oppressantes tutelles capitalistes pour aller vers un libre développement humain dans toutes les activités.

 Le travail et l’émancipation. Karl Marx . Antoine Artous paru aux Editions sociales en 2016.

Notes :

[1] Le capital, livre 1er, p 347, E S, 1976.

[2] Critique du programme de Gotha, p 59 et 60, ES GEME, 2008.

Turquie, Jana J. Jabbour et son analyse de la diplomatie turque

"Jana J. Jabbour, nous dit l'article, à travers son ouvrage La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente, nous offre une analyse très aiguisée de la politique étrangère d’une puissance émergente moyenne en revenant sur la genèse du virage opéré par la Turquie avec l’arrivée de l’AKP au pouvoir. L’auteure met en exergue le rôle clef joué par Ahmet Davutoǧlu – ancien ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre d’Erdogan entre 2014 et mai 2016 – dans l’élaboration de cette politique étrangère turque ainsi que sa diplomatie. Elle explique parfaitement les équilibres politiques qui se jouent et la volonté de la Turquie de jouer pleinement de son influence sur son voisinage proche mais également le plus oriental ainsi que sa diplomatie du grand écart qui a mis au grand jour ses faiblesses et contradictions..."

Revenons à l'entretien donné par Jana J. Jabbour...

Michel Peyret


Entretien avec Jana J. Jabbour – Analyse du résultat du référendum et de ses conséquences, notamment sur la politique étrangère de la Turquie

Article publié le 20/04/2017 – Les Clés du Moyen-Orient

Propos recueillis par Carole André-Dessornes, Docteure en sociologie de l’EHESS et consultante.

Jana J. Jabbour

Jana J. Jabbour est Docteure en Sciences politiques associée au CERI et enseignante à l’USJ de Beyrouth ainsi qu’à Sciences po Paris et Menton, auteure du livre La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente, CNRS éditions, février 2017.

Dimanche 16 avril dernier, les Turcs ont été appelés à se prononcer lors du référendum destiné à modifier la constitution en accordant plus de pouvoirs à l’actuel président Recep Tayyip Erdogan (en effet, la réforme constitutionnelle lui permettra de contrôler l’exécutif et assez largement le législatif et le judiciaire).

Le « oui » l’a emporté avec 51,4% des voix ; cette victoire contestée par l’opposition met au grand jour une profonde division au sein du pays. Jana J. Jabbour nous a fait le plaisir de répondre à nos questions sur les résultats et conséquences de ce référendum, notamment sur la politique étrangère de la Turquie.

Recep Tayyip Erdogan a remporté une victoire, mais cette victoire est assez serrée si l’on s’en tient aux derniers résultats communiqués. Le « non » a gagné les grandes villes du pays, Istanbul et Ankara en tête…peut-on interpréter ces votes comme un signal fort envoyé au président ?

Ces résultats révèlent une fracture qui se dessine en Turquie aujourd’hui entre l’ancienne élite kémaliste et la nouvelle élite représentée par l’AKP. Les grandes villes, notamment Izmir, Istanbul et Ankara, sont le bastion de l’élite laïque et pro-occidentale qui, depuis la fondation de la République en 1923 et jusqu’au début des années 2000, a contrôlé le centre de l’échiquier politique et le système économique.

Cette élite ultra-minoritaire a constamment tenu à l’écart la majorité sociologique du pays, c’est-à-dire la « masse » anatolienne (située au centre et dans l’est du pays), qui était plus conservatrice et ne s’identifiait pas avec l’idéologie kémaliste/ataturkiste. L’AKP, parti fondé en 2001, se veut le porte-parole de ces « Turcs noirs », de cette « masse » anatolienne pieuse et conservatrice sur le plan religieux, mais libérale et capitaliste sur le plan économique. Avec l’AKP, au pouvoir depuis 2002, les « Turcs noirs » ont conquis le centre politique, et éclipsé l’ancienne élite kémaliste.

Ceci dit, si les résultats du « non » à Izmir et Ankara ne sont pas surprenants, le « non » à Istanbul est un revers pour le parti AKP et le Président Erdogan personnellement, étant donné qu’Istanbul est sa ville natale et c’est là où il fut maire de 1994 à 1998, et a travaillé à améliorer les infrastructures de la ville et le niveau de vie de ses habitants.

Ce référendum a-t-il accru les divisions du pays ou a-t-il juste mis en évidence une situation qui n’a fait que s’amplifier avec l’arrivée à la présidence d’Erdogan et ses actions après le coup d’Etat avorté de juillet 2016 ?

Ce référendum reflète les nombreuses divisions du pays depuis quelques années. Il y a un clivage idéologique, entre laïcs et religieux ; un clivage sociopolitique entre ancienne et nouvelle élite ; et une coupure géographique entre l’Anatolie profonde d’une part, et le sud-ouest (les cotes méditerranéennes), la Thrace, et les grandes villes, d’autre part.

Les purges menées après le coup d’état avorté ne font qu’amplifier la division : l’opposition (CHP, HDP) a voté « non » car elle conteste ces purges dont elle est victime, alors que l’AKP et une partie du parti nationaliste MHP ont voté « oui » car ils considèrent que les purges sont nécessaires pour « purifier » l’Etat des « ennemis de l’intérieur » (notamment le mouvement Fethullah Gulen) et qu’un président avec des pouvoirs exécutifs étendus est une garantie de sécurité et de stabilité.

Certains avancent déjà le fait qu’Erdogan a officiellement gagné mais qu’il aurait perdu politiquement. Cette réflexion est-elle juste ? Quelle analyse faites-vous de cette victoire ? La victoire est contestée par le CHP et le HDP. Le Haut Conseil électoral a fait savoir que les bulletins dépourvus de tampons seraient considérés comme valides…

C’est une victoire au sens de la démocratie majoritaire, une majorité de Turcs ayant approuvé les amendements constitutionnels voulus par le Président. En revanche, c’est une victoire au goût amère étant donné que la différence relativement étroite entre les 51.4% du « oui » et les 48.6% du « non » montre le manque de consensus social sur les réformes proposées. Le Président et son parti seront ainsi relativement contraints dans leur marge de manœuvre politique lors de l’instauration du régime présidentiel. Ils ne sont pas aussi libres qu’ils auraient pu l’être avec, par exemple, 60% des voix.

Peut-on avancer que le vote des Turcs de l’étranger a fait la différence ? Ou au final ces votes ont-ils eu un impact assez limité ?

Les 1.5 millions de Turcs résidant en Europe et ayant le droit de vote ont massivement choisi le « oui ». L’Autriche, les Pays-Bas et l’Allemagne ont enregistré les pourcentages les plus élevés, avec respectivement 73%, 71% et 65% des électeurs soutenant l’instauration d’un régime présidentiel. Ce résultat n’est pas un hasard : c’est dans les pays où les Turcs ont été humiliés que le vote en faveur du oui l’a emporté.

En effet, les Turcs d’Europe se sont sentis insultés par l’interdiction par l’Autriche, Allemagne et les Pays-Bas de l’entrée de ministres turcs sur leur territoire lors de la campagne référendaire : en particulier, l’expulsion de la ministre turque des Affaires sociales par la police néerlandaise a été considérée comme un grand acte d’humiliation, ce qui a réveillé le sentiment national des Turcs. En réaction, ils ont voté pour un Président fort, capable de rétablir la fierté nationale et de montrer que la Turquie n’est plus l’homme malade de l’Europe. Ce vote a eu un impact important sur la victoire du « oui ».

Les résultats contestés et avec une faible avance du « oui » ne vont-ils pas affaiblir Erdogan sur la scène internationale ?

Je ne le pense pas. Erdogan a une conception majoritaire de la démocratie : pour lui, peu importe le pourcentage du « oui », une majorité de Turcs a approuvé le référendum, ce qui lui donne une légitimité politique nouvelle. Cela le poussera à s’imposer sur la scène internationale et à exiger de ses homologues de le reconnaitre en tant que partenaire égal, et en tant que Président plébiscité par la majorité de son peuple.

La campagne électorale a eu un impact assez négatif sur les relations entre le président turc et un certain nombre de dirigeants européens parmi lesquels Angela Merkel (pour avoir interdit aux officiels du gouvernement turc de venir faire campagne en Allemagne où se trouve la plus grand communauté turque présente en Europe). Ce « oui » au référendum ne va-t-il pas conforter Erdogan dans sa politique du « bras de fer avec l’UE ? Et notamment quel impact ces résultats peuvent-ils avoir sur la question des réfugiés syriens et les accords passés avec l’UE ?

Maintenant qu’Erdogan est renforcé et qu’il a obtenu ce qu’il voulait, il aura tendance à apaiser les tensions avec l’Europe. En effet, l’Europe est une priorité stratégique pour les Turcs. Ni un partenariat avec la Russie ni un rapprochement avec les pays du Moyen-Orient ne peuvent constituer une alternative à l’ancrage européen et atlantique (OTAN) de la Turquie.

Erdogan mène une diplomatie de quête de statut et de reconnaissance : s’il est reconnu par les Européens, il baissera le ton et choisira la voix de la coopération. Les Turcs ne sont pas nécessairement attachés à une adhésion à l’UE, mais veulent au moins un nouveau partenariat stratégique portant sur les questions sécuritaires (coopération dans la lutte contre le terrorisme), économiques (une nouvelle union douanière) et sociales (levée des visas).

Ceci dit, la question du PKK est un sujet de désaccord majeur entre les deux parties, la Turquie estimant que les pays européens continuent de soutenir cette organisation même s’ils la reconnaissent comme « terroriste ». Le dossier des réfugiés syriens constitue un autre point de désaccord, les Turcs estimant que le montant de l’aide qui leur a été versée par les Européens n’est pas suffisante pour subvenir aux besoins des 3 millions de réfugiés qu’ils accueillent. Ankara considère qu’elle partage le fardeau de l’Europe, sans obtenir de reconnaissance politique ou d’aide économique.

Concernant l’imam Gülen (accusé d’avoir orchestré la tentative de coup d’état et vivant aux Etats-Unis), cette victoire ne va-t-elle pas le pousser à demander à nouveau à Washington d’extrader ce dernier pour le juger ?

L’extradition de Fethullah Gülen est considérée par Ankara comme une nécessité de sécurité nationale, le mouvement güleniste étant accusé d’être l’instigateur du coup d’état de juillet 2016. Pour les responsables turcs, si les Etats-Unis sont un vrai allié, ils doivent le prouver en temps de crise et de difficulté, en extradant Gülen. En revanche, il est peu probable que Washington accepte cette requête : les Etats-Unis ne voient que l’aspect éducatif et social de la confrérie Gülen, qu’ils ont tendance à comparer au mouvement jésuite, et peinent à cerner l’aspect politique de cette confrérie qui, selon les Turcs, entend infiltrer l’Etat et provoquer une révolution de l’intérieur et par le bas.

Dans votre livre La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente vous avez très bien souligné les ambigüités de la politique étrangère de la Turquie et les failles.
Ahmet Davutoǧlu, à l’origine de l’élaboration de la politique étrangère turque et de la diplomatie du pays, a été écarté du pouvoir, en tant que Premier ministre, en donnant sa démission en mai 2016.
A-t-il été remplacé depuis par d’aussi fin connaisseurs des questions de politique étrangère ?

Ahmet Davutoǧlu a été le grand stratège de la politique étrangère turque des années 2000, d’abord comme conseiller du Premier ministre Erdogan (2003-2009), comme ministre des affaires étrangères (2009-2014), puis Premier ministre (2014-2016). Si Davutoǧlu avait une vision claire et articulée, il n’en demeure pas moins que celle-ci a montré ses failles et limites : en particulier, la pensée de Davutoǧlu reposait sur le faux postulat que les régimes autoritaires arabes allaient s’inscrire dans le temps, que le statu quo régional allait demeurer, et aussi que la Turquie sera acceptée par tous les acteurs régionaux. Or, les révolutions arabes ont démontré les faiblesses de cette thèse, et la crise syrienne a révélé que si Bachar el-Assad a développé une amitié avec Erdogan, cela ne le pousse pas pour autant à se soumettre aux conseils, ordres et invocations d’Ankara.

C’est donc l’échec de la politique moyen-orientale de la Turquie, théorisée par Davutoǧlu, qui a en partie contribué à son éviction. Aujourd’hui la politique étrangère turque est un bateau ivre sans repère ; personne n’a pu remplir le rôle de Davutoǧlu.

Avec le « oui », Erdogan va concentrer entre ses mains encore plus de pouvoirs. Cela aura-t-il un impact sur la politique étrangère de la Turquie ? N’aura-t-il pas la tentation de vouloir conduire seul la politique étrangère du pays ? Ou est-ce déjà le cas ?

Le Président est désormais en charge de la sécurité nationale du pays et supervise l’institution militaire. Un Erdogan renforcé aura tendance à s’affirmer davantage sur la scène régionale et internationale. Si une menace de sécurité nationale se présente (par exemple, de nouvelles avancées sur le terrain pour les Kurdes de Syrie et le PYD), il aura tendance à lancer une opération militaire, de large envergure, vers la Syrie mais aussi l’Irak ; une opération « Bouclier du Tigre », similaire à l’opération « Bouclier de l’Euphrate » (août 2016-avril 2017).

Ne va-t-il pas être tenté de poursuivre la mise en place d’alliances « contre nature » ?
Est-il envisageable de se faire une idée des grandes lignes de sa politique étrangère ou est-il encore trop tôt pour le faire ?

La Turquie continuera sa diplomatie du « grand écart ». Il s’agit de profiter de son statut de puissance moyenne, en position intermédiaire entre le Nord et le Sud, pour développer des relations étroites avec tous les Etats, et devenir ainsi un acteur incontournable du système international. Comme le disait Ahmet Davutoǧlu : « Nous sommes les seuls à pouvoir nous réunir avec le président américain, tenir un meeting à Bruxelles, parler au président iranien et prononcer un discours au Caire ».

Comment peut-il envisager sa politique régionale qui n’a pas toujours été un franc succès en passant de la politique du zéro problème avec ses voisins à une politique confrontée à une réalité plus complexe (concernant la Syrie, le rapprochement avec la Russie et l’Iran qui reste à nuancer…)

Les relations avec la Russie et l’Iran seront menées avec beaucoup de pragmatisme. En effet, la Turquie est dans une situation d’interdépendance économique avec ces pays, tout en rivalisant avec eux pour le leadership régional. Elle doit ainsi gérer avec pragmatisme cette relation « ami-ennemi ».

Par ailleurs, un rapprochement entre Ankara, Moscou et Pékin est naturel étant donné qu’il s’agit de trois puissances moyennes (ré-)émergentes en quête de statut et d’autonomisation sur la scène internationale. Elles sont unies par leur contestation commune de l’ordre mondial actuel qui reste dominé par une oligarchie de puissances occidentales. 

En revanche, ce rapprochement tactique de court-terme ne peut se matérialiser en une alliance stratégique de long terme.

Quelques mots sur le livre de Jana J. Jabbour

Jana J. Jabbour, à travers son ouvrage La Turquie, l’invention d’une diplomatie émergente, nous offre une analyse très aiguisée de la politique étrangère d’une puissance émergente moyenne en revenant sur la genèse du virage opéré par la Turquie avec l’arrivée de l’AKP au pouvoir. L’auteure met en exergue le rôle clef joué par Ahmet Davutoǧlu – ancien ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre d’Erdogan entre 2014 et mai 2016 – dans l’élaboration de cette politique étrangère turque ainsi que sa diplomatie. Elle explique parfaitement les équilibres politiques qui se jouent et la volonté de la Turquie de jouer pleinement de son influence sur son voisinage proche mais également le plus oriental ainsi que sa diplomatie du grand écart qui a mis au grand jour ses faiblesses et contradictions.

Les Balkans, le Maghreb, l’Afrique subsaharienne n’ont pas pour autant été négligés dans cette politique étrangère émergente. J. Jabbour offre un regard neuf sur un pays qui rêve de devenir une puissance émergente moyenne et incontournable, mais qui doit faire avec ses failles et faiblesses. 

Cet ouvrage est à recommander à tous ceux qui souhaitent comprendre le tournant pris par la Turquie depuis le début des années 2000.

PNG - 126.3 ko

Hiram Lee, le génocide arménien, le film de son histoire

"L'une des scènes les plus troublantes du film d’Akin, nous dit Hiram Lee, survient lors du passage de Nazaret dans le camp de la mort de Ras al-Ayn (à la frontière de la Syrie et de la Turquie d’aujourd’hui), où ceux qui n’ont pas encore été assassinés y meurent de faim. De tels moments sont brutaux et parfois difficiles à regarder. Mais l’on sent qu’Akin n’a pas filmé ces scènes de manière à les exploiter. Son approche durant ces séquences est généralement sympathique et sensible. La performance de Tahir Rahim est aussi très forte. L’acteur est en mesure de communiquer une vaste gamme d’émotions malgré le fait qu’il ne parle pas durant la seconde moitié du film.Des scènes montrant la chaleur humaine et même de l’humour entre les survivants du génocide alors qu’ils se rassemblent pour visionner un film de Charlie Chaplin The Kid à Alep, en Syrie, laisse une forte impression..."

Reprenons le récit de Hiran Lee...

Michel Peyret


The Cut, une histoire du génocide arménien

Par Hiram Lee
17 novembre 2014

Le dernier film du réalisateur allemand d’origine turque, Fatih Akin (Head-On, The Edge of Heaven, Soul Kitchen) se déroule durant l’épisode le plus sombre de la Première Guerre mondiale: le génocide arménien.

Début avril 1915, l’Empire ottoman, qui était entré en guerre du côté des puissances de l'Europe centrale, lance une campagne d’extermination contre sa population arménienne. Le groupe nationaliste bourgeois des Jeunes Turcs, qui avait pris le pouvoir en 1908, se trouve encerclé par les forces de l’Alliance. Il avait souffert de lourdes pertes aux mains des Russes dans la campagne caucasienne de 1915, sa tentative de reprendre des territoires perdus précédemment le long des frontières est de l’Empire ottoman se voyant ainsi repoussée.

Affirmant que ces défaites avaient été causées par l’appui donné à la Russie par la population à prédominance arménienne chrétienne au sein de l’Empire, les Jeunes Turcs élaborent un programme d’assassinat de masse et d'expulsion de la population arménienne. On croit que plus de 1,5 million d’Arméniens auraient péri.

The Cut

Le film d’Akin débute à Mardin, une ville du sud-est de la Turquie. Nous sommes en 1915, et la Première Guerre impérialiste fait rage. Nous sommes à la veille du génocide arménien. Un soir, à son retour de travail, le forgeron Nazaret Manoogian (Tahar Rahim) et sa famille s’inquiètent de la violence de la guerre qui pourrait finalement les atteindre. Ils écoutent les nouvelles de l’arrivée des forces alliées à Gallipoli. Cette nuit, leurs pires craintes se réalisent.

Les soldats turcs rassemblent les hommes de Mardin et les amènent dans le désert. Leur disant que chaque homme de plus de 15 ans est dorénavant conscrit dans l’armée, ils sont contraints aux travaux d’esclavage à la construction de routes. Plusieurs travaillent dans la chaleur accablante jusqu’à épuisement et meurent.

Les prisonniers ouvriers voient d’importants groupes de femmes et d’enfants de la ville de Kharput, dans l’est d’Anatolia, marcher au loin devant eux. Il s'agit d'une partie des gens expulsés de force dans des marches mortelles à travers la Mésopotamie.

Nazaret et les autres captifs arméniens travaillent jusqu’au jour où ils sont menés à un endroit éloigné de leur camp. Attachés ensemble et agenouillés de force, tous sauf Nazaret sont exécutés. Il est épargné uniquement parce que le soldat qui devait l’exécuter hésite et est incapable de le tuer. Cependant, une blessure au cou l’empêchera de parler pour le reste de sa vie.

Laissé pour mort, Nazaret va réussir à prendre la fuite et commencer une longue quête pour retrouver ses filles jumelles, les deux seules survivantes présumées de sa famille. Sa quête va le mener en Syrie, au Liban, à Cuba et aux États-Unis.

Le film d’Akin est une sorte d’Odyssée du génocide arménien, dans lequel un héros solitaire passe d’épisode en épisode cet horrible événement. Cela nous amène à plusieurs moments importants, mais, dans l’ensemble, les différentes parties du film ne semblent pas suffisamment reliées ou réfléchies. On nous donne un aperçu des choses, mais le portrait général reste flou. C’est une œuvre parfois émouvante, mais souvent décevante.

The Cut

L'une des scènes les plus troublantes du film d’Akin survient lors du passage de Nazaret dans le camp de la mort de Ras al-Ayn (à la frontière de la Syrie et de la Turquie d’aujourd’hui), où ceux qui n’ont pas encore été assassinés y meurent de faim. De tels moments sont brutaux et parfois difficiles à regarder. Mais l’on sent qu’Akin n’a pas filmé ces scènes de manière à les exploiter. Son approche durant ces séquences est généralement sympathique et sensible. La performance de Tahir Rahim est aussi très forte. L’acteur est en mesure de communiquer une vaste gamme d’émotions malgré le fait qu’il ne parle pas durant la seconde moitié du film.

Des scènes montrant la chaleur humaine et même de l’humour entre les survivants du génocide alors qu’ils se rassemblent pour visionner un film de Charlie Chaplin The Kid à Alep, en Syrie, laisse une forte impression. C’est aussi vrai des scènes tournées à l’intérieur d’une fabrique de savon utilisée comme résidence d’urgence pour les réfugiés arméniens. À leur manière, ces scènes font ressortir beaucoup plus que les scènes d’horreur et de violence à elles seules auraient pu montrer de ce qui a été fait à ces gens. L’on sent la vigueur, la culture, les différentes attitudes et sensibilités des gens.

The Cut

Akin n’a pas simplement présenté les citoyens turcs décrits dans le film comme des monstres ou des partisans du génocide, et c’est tout à son honneur. Dans une scène, étant témoin de l’angoisse d’une mère turque et de son jeune enfant qui se font maudire et lapider par un groupe de survivants en colère, Nazaret décide qu’il ne participera pas à la violence contre eux.

Malheureusement, la seconde moitié du film, durant lequel on suit Nazaret à la recherche de sa fille, est beaucoup plus faible que la première. Même s’il y a des scènes touchantes, l’on sent que la portée du film devient de plus en plus limitée. L’histoire devient progressivement celle de la détermination d’un homme à retrouver ses enfants, un éloge à l’esprit de détermination individuel dans des circonstances extrêmes. Le génocide et sa signification se perdent de plus en plus en arrière-plan.

Akin est peut être dépassé par l’histoire du génocide et l’étendue de son horreur. Il a tenté d’inclure beaucoup d’éléments dans son film, mais il passe par dessus beaucoup de choses trop rapidement. Le sort des survivants arméniens à travers le monde, leur expérience en tant qu’immigrants dans de nouveaux et différents pays est un thème digne d’intérêt. Mais ces dernières séquences, dans lesquelles Nazaret voyage de pays en pays, ne portent pas le poids des événements de la première moitié du film. Nous avons alors l’impression de regarder les événements historiques à travers le trou d’une serrure. Trop de choses sont laissées de côté.

Beaucoup d’éléments intéressants de la première moitié du film sont également oubliés. Nazaret avait précédemment exprimé sa colère contre le fossé entre les riches et les travailleurs comme lui. Rien n’est poursuivi à ce sujet; pourtant c’est une question centrale. Que ce cachait-il derrière la brutalité du nationalisme turc et la Première Guerre mondiale? Quelles forces et pressions sociales sont à la base de ces événements? Pourquoi, en d’autres termes, tout cela est-il arrivé? Les questions auxquelles l’auditeur n'a pas de réponse à la fin sont celles que le réalisateur n’a pas lui-même commencé à aborder.

Au final, derrière l’épopée du génocide arménien d’Akin, la pensée et la façon de raconter l'histoire demeurent trop conventionnelles.

(Article paru d'abord en anglais le 28 octobre 2014)

22 avril 2017

Parti de la démondialisation, élection présidentielle, alors que faire ?

"Alors que faire ?, interroge le Pardem. Il faut que les vainqueurs des élections, à la présidentielle comme aux législatives, soient largement minoritaires. Autrement dit, il faut que le total des abstentions, blancs et nuls (dont les cartons rouges) dépasse le nombre de voix obtenu par les candidats. Dans ce cas, la légitimité aura changé de camp. C’est le peuple, majoritaire, qui sera légitime pour agir, quels que soient les élus. Seule sa mobilisation, du type Front populaire, pourra permettre d’arracher au pouvoir, affaibli, les revendications d’emploi, de salaire, de services publics, de Sécurité sociale… bloquées depuis si longtemps..."

Reprenons l'article du Pardem...

Michel Peyret


À lire samedi 22 avril 2017 avant le premier tour de l’élection présidentielle

Par le Parti de la démondialisation
 
Le 21 avril 2017.
 
Le Parti de la démondialisation met à disposition de tous les citoyens intéressés une réflexion théorique sur l’élection présidentielle et les élections législatives de 2017 et leurs enjeux. Sa portée, outre le choix pour le premier tour de l’élection présidentielle le 23 avril, va bien au-delà. Il s’agit d’une analyse du blocage politique français et des voies et moyens pour en sortir.
 
Jusqu’à présent, gauche et droite de gouvernement ont tenté de maintenir une bipolarité vide de tout contenu et enjeu politique. D’accord avec la mondialisation néolibérale et son chef d’œuvre continental, l’Union européenne, le principal parti de la gauche et le principal parti de la droite ont tout fait pour éliminer la souveraineté de la France. Face à l’épuisement de ce modèle et au brouillage de plus en plus visible du clivage gauche-droite, la droite de la gauche et la gauche de la droite, avec une partie du grand patronat, ont lancé un nouveau produit : Emmanuel Macron. Ce dernier est la réponse française à la crise mondiale de la social-démocratie. Celle-ci est en train de s’effondrer en Amérique du Sud. Elle s’est déjà effondrée dans les pays scandinaves qui en étaient le modèle emblématique. Elle s’est également effondrée dans les pays de l’Europe du Sud.
 
Partout les mêmes causes sont à l’origine de cette déliquescence : absence d’analyse de la mondialisation néolibérale, refus de s’attaquer sérieusement aux classes dominantes quand elles exercent le pouvoir d’État (Amérique du Sud), alliances gouvernementales avec la droite et mise en œuvre de politiques néolibérales (Union européenne). L’usure des partis travaillistes, socialistes, socio-démocrates, qui appartiennent à la catégorie des partis « réformistes », nécessitait une reconfiguration générale. Celle-ci est en cours. En Grèce, c’est Syriza qui joue ce rôle. En Espagne, Podemos a failli être utilisé dans ce but.
 
En France, le discrédit du PS obligeait à réagir, d’où la fabrication de Monsieur Macron. Propulsé par les grands médias, il est parvenu, selon les sondages, à capter une partie des électeurs de gauche, du centre et de la droite. Messieurs Hollande et Valls, entre autres, militent ouvertement pour cette recomposition politique. Le Parti socialiste du congrès d’Épinay (1971), en effet, a accompli son œuvre. Créé autour de François Mitterrand pour accéder au pouvoir en captant les voix du Parti communiste français, il a atteint son but et permet au Parti socialiste d’exercer trois mandatures présidentielles. Pour des résultats lamentables pour le peuple, excellents pour les classes dominantes. Si l’opération Macron échoue, l’oligarchie, avec Monsieur Mélenchon, aura un deuxième choix. Contre mauvaise fortune elle fera bon cœur. Certes il a le verbe haut et son petit caractère. Mais ce n’est pas cela qui compte. Ce qui compte, c’est son programme. Et celui-ci est inoffensif pour les classes dirigeantes.
 
D’autant que le parcours de Monsieur Mélenchon a de quoi rassurer la caste. Membre du Parti socialiste et mitterrandien pendant des décennies, il a compris qu’il fallait parler « populaire » pour être élu, pour ensuite faire une politique qui laisse en place le pouvoir des classes dominantes. Monsieur Mélenchon a voté OUI au traité de Maastricht (1992) qui ouvrait la voie à la monnaie unique. Il a été ministre de la « gauche plurielle » de Lionel Jospin (1997-2002) qui détient le record des privatisations, et il n’a pas jugé utile de démissionner. Il a soutenu jusqu’au bout l’échec prévisible du Premier ministre grec Alexis Tsipras. La dynamique réelle qui existe aujourd’hui en faveur de Monsieur Mélenchon annonce l’immense déception de demain s’il était élu. Il ne resterait alors au peuple – sauf si le Pardem se développe – que le FN pour incarner une rupture qui, elle non plus, n’aura pas lieu.
 
Alors que faire ? Il faut que les vainqueurs des élections, à la présidentielle comme aux législatives, soient largement minoritaires. Autrement dit, il faut que le total des abstentions, blancs et nuls (dont les cartons rouges) dépasse le nombre de voix obtenu par les candidats. Dans ce cas, la légitimité aura changé de camp. C’est le peuple, majoritaire, qui sera légitime pour agir, quel que soient les élus. Seule sa mobilisation, du type Front populaire, pourra permettre d’arracher au pouvoir, affaibli, les revendications d’emploi, de salaire, de services publics, de Sécurité sociale… bloquées depuis si longtemps.
 
(…)
 
Pour lire la suite, cliquez ci-dessous :
http://www.pardem.org/presidentielle-2017/671-a-lire-samedi-22-avril-2017-avant-le-premier-tour-de-l-election-presidentielle

 


 

Adhérez au Parti de la démondialisation !

Pour imprimer le bulletin d'adhésion, cliquez ci-dessous :
http://www.pardem.org/adherer

 


Nous vous invitons à confirmer votre inscription à cette liste en envoyant un message à l'adresse suivante inscription-pardem-info@pardem.org avec la mention "Confirmation d'inscription" (cliquez sur l'adresse pour ouvrir le message et l'envoyer)

 

 



"Alors que faire ?, interroge le Pardem. Il faut que les vainqueurs des élections, à la présidentielle comme aux législatives, soient largement minoritaires. Autrement dit, il faut que le total des abstentions, blancs et nuls (dont les cartons rouges) dépasse le nombre de voix obtenu par les candidats. Dans ce cas, la légitimité aura changé de camp. C’est le peuple, majoritaire, qui sera légitime pour agir, quels que soient les élus. Seule sa mobilisation, du type Front populaire, pourra permettre d’arracher au pouvoir, affaibli, les revendications d’emploi, de salaire, de services publics, de Sécurité sociale… bloquées depuis si longtemps..."

Reprenons l'article du Pardem...

Michel Peyret

À lire samedi 22 avril 2017 avant le premier tour de l’élection présidentielle
 
Par le Parti de la démondialisation
 
Le 21 avril 2017.
 
Le Parti de la démondialisation met à disposition de tous les citoyens intéressés une réflexion théorique sur l’élection présidentielle et les élections législatives de 2017 et leurs enjeux. Sa portée, outre le choix pour le premier tour de l’élection présidentielle le 23 avril, va bien au-delà. Il s’agit d’une analyse du blocage politique français et des voies et moyens pour en sortir.
 
Jusqu’à présent, gauche et droite de gouvernement ont tenté de maintenir une bipolarité vide de tout contenu et enjeu politique. D’accord avec la mondialisation néolibérale et son chef d’œuvre continental, l’Union européenne, le principal parti de la gauche et le principal parti de la droite ont tout fait pour éliminer la souveraineté de la France. Face à l’épuisement de ce modèle et au brouillage de plus en plus visible du clivage gauche-droite, la droite de la gauche et la gauche de la droite, avec une partie du grand patronat, ont lancé un nouveau produit : Emmanuel Macron. Ce dernier est la réponse française à la crise mondiale de la social-démocratie. Celle-ci est en train de s’effondrer en Amérique du Sud. Elle s’est déjà effondrée dans les pays scandinaves qui en étaient le modèle emblématique. Elle s’est également effondrée dans les pays de l’Europe du Sud.
 
Partout les mêmes causes sont à l’origine de cette déliquescence : absence d’analyse de la mondialisation néolibérale, refus de s’attaquer sérieusement aux classes dominantes quand elles exercent le pouvoir d’État (Amérique du Sud), alliances gouvernementales avec la droite et mise en œuvre de politiques néolibérales (Union européenne). L’usure des partis travaillistes, socialistes, socio-démocrates, qui appartiennent à la catégorie des partis « réformistes », nécessitait une reconfiguration générale. Celle-ci est en cours. En Grèce, c’est Syriza qui joue ce rôle. En Espagne, Podemos a failli être utilisé dans ce but.
 
En France, le discrédit du PS obligeait à réagir, d’où la fabrication de Monsieur Macron. Propulsé par les grands médias, il est parvenu, selon les sondages, à capter une partie des électeurs de gauche, du centre et de la droite. Messieurs Hollande et Valls, entre autres, militent ouvertement pour cette recomposition politique. Le Parti socialiste du congrès d’Épinay (1971), en effet, a accompli son œuvre. Créé autour de François Mitterrand pour accéder au pouvoir en captant les voix du Parti communiste français, il a atteint son but et permet au Parti socialiste d’exercer trois mandatures présidentielles. Pour des résultats lamentables pour le peuple, excellents pour les classes dominantes. Si l’opération Macron échoue, l’oligarchie, avec Monsieur Mélenchon, aura un deuxième choix. Contre mauvaise fortune elle fera bon cœur. Certes il a le verbe haut et son petit caractère. Mais ce n’est pas cela qui compte. Ce qui compte, c’est son programme. Et celui-ci est inoffensif pour les classes dirigeantes.
 
D’autant que le parcours de Monsieur Mélenchon a de quoi rassurer la caste. Membre du Parti socialiste et mitterrandien pendant des décennies, il a compris qu’il fallait parler « populaire » pour être élu, pour ensuite faire une politique qui laisse en place le pouvoir des classes dominantes. Monsieur Mélenchon a voté OUI au traité de Maastricht (1992) qui ouvrait la voie à la monnaie unique. Il a été ministre de la « gauche plurielle » de Lionel Jospin (1997-2002) qui détient le record des privatisations, et il n’a pas jugé utile de démissionner. Il a soutenu jusqu’au bout l’échec prévisible du Premier ministre grec Alexis Tsipras. La dynamique réelle qui existe aujourd’hui en faveur de Monsieur Mélenchon annonce l’immense déception de demain s’il était élu. Il ne resterait alors au peuple – sauf si le Pardem se développe – que le FN pour incarner une rupture qui, elle non plus, n’aura pas lieu.
 
Alors que faire ? Il faut que les vainqueurs des élections, à la présidentielle comme aux législatives, soient largement minoritaires. Autrement dit, il faut que le total des abstentions, blancs et nuls (dont les cartons rouges) dépasse le nombre de voix obtenu par les candidats. Dans ce cas, la légitimité aura changé de camp. C’est le peuple, majoritaire, qui sera légitime pour agir, quel que soient les élus. Seule sa mobilisation, du type Front populaire, pourra permettre d’arracher au pouvoir, affaibli, les revendications d’emploi, de salaire, de services publics, de Sécurité sociale… bloquées depuis si longtemps.
 
(…)
 
Pour lire la suite, cliquez ci-dessous :
http://www.pardem.org/presidentielle-2017/671-a-lire-samedi-22-avril-2017-avant-le-premier-tour-de-l-election-presidentielle

 


 

Adhérez au Parti de la démondialisation !

Pour imprimer le bulletin d'adhésion, cliquez ci-dessous :
http://www.pardem.org/adherer

 


Nous vous invitons à confirmer votre inscription à cette liste en envoyant un message à l'adresse suivante inscription-pardem-info@pardem.org avec la mention "Confirmation d'inscription" (cliquez sur l'adresse pour ouvrir le message et l'envoyer)

 

Algérie, Kamel Aïssat, des élections pour quoi dire !

 "L’opportunité pour Kamel Aïssat, nous dit l'article, qu’offre la tribune électorale est pour, «une façon de réoccuper le terrain des luttes et sanctionner ceux qui l’ont déserté». Et ce, en ayant ce slogan qui lui tient à cœur, chanté par Matoub Lounès, comme leitmotiv : «Awidak yeghrane Init-ass-en iy maghvane ad vedlen taswiht.» Entendre : le changement viendra des petites gens. C’est à ceux-là que Kamel compte s’adresser lors de sa campagne..."

Revenons à l'article qui présente Kamel Aïssat et les pourquoi de sa campagne électorale...

Michel Peyret


Mercredi 19 avril 2017 – El Watan

Kamel Aïssat, tête de liste du PST à Béjaïa

L’homme qui veut «réoccuper le terrain des luttes»

le 17.04.17

Avoir un siège à l’APN n’est pas un rêve pour lui ni pour ses camarades du Parti socialiste des travailleurs (PST).

Les législatives ne sont pour eux qu’une tribune, une occasion d’agiter l’étendard du socialisme et plaider la cause ouvrière, car, comme pour tout marxiste qui se respecte, seule la révolution socialiste est garante d’une humanité égalitaire. Kamel Aïssat, 54 ans, se définit en tant que tel.

Ancien militant du MCB, marxiste (trotskiste), syndicaliste, il milite depuis plus de 30 ans pour les démunis et les exploités. Originaire de Boudjellil, à 90 km de Béjaïa, il est marié à une militante et père de deux enfants. Il est, en outre, enseignant-chercheur en biologie à l’université de Béjaïa. Des candidats aux prochaines législatives, il est l’un des rares à faire valoir un parcours militant respectable et à ne pas avoir pratiqué le papillonnage partisan qui fait florès de nos jours. Il est tombé dans le militantisme au lycée (1979-1982). Une période d’agitation identitaire qui le mène sur le chemin du Mouvement culturel berbère (MCB) en tant que délégué de lycée, aux côtés de Naït Haddad et Mohand Ourabeh, détenus d’avril 1981.

Des débuts dans le MCB

Puis vint la période universitaire à Sétif où, étudiant en biologie, il poursuit ses activités militantes dans le cadre des comités autonomes qu’il a contribué à créer. Plus tard, en 1988, ces comités se sont ligués pour former – sous la houlette du défunt Redouane Osmane, militant du Groupe communiste révolutionnaire (GCR) clandestin (futur PST) –, le Syndicat national des étudiants algériens autonomes et démocrates (SNEAAD).

Ce fut pour le jeune Kamel une période d’affirmation et de maturation politiques dans les idées de gauche. Mais le déclic, selon lui, a eu lieu bien avant, à Yennayer 1983, à l’occasion d’une confrontation avec les islamistes autour d’un gala à l’université de Sétif. «Les berbéro-marxistes se sont courageusement dressés contre les islamistes, contrairement à tous les autres.

C’est l’acte qui m’a rapproché du marxisme», nous confie-t-il. Recruté dans le GCR, Kamel Aïssat côtoie les ténors de la gauche algérienne de l’époque, tels que Chawki Salhi, Redouane Osmane ou Adel Abderrezak, des figures qui joueront un rôle dans sa formation, révèle-t-il. Cette période de clandestinité, Kamel Aïssat l’a vécue partagé entre ses activités communistes et syndicales et son engagement culturel. Arrivent ensuite successivement les événements d’Octobre 1988, l’ouverture démocratique et la proclamation du PST en 1989, dont il intègre la direction.

Le marxisme : la maturation

Suite à quoi, il sera exclu du MCB pour «appartenance partisane». Aussitôt, avec d’autres militants, à l’instar de Djamel Zenati, Saïd Khelil, Sadek Akrour, Nacer Arbane, ils se restructurent en MCB-Commission nationale. L’idée était de maintenir vivant le Mouvement et se dresser contre ceux qui ont proclamé sa mort prématurée. Le 25 janvier 1990, il fait partie, avec le regretté Matoub Lounès, de la délégation qui a remis le deuxième rapport du MCB-Commission nationale à l’APN.

En 1991, il était candidat du PST aux législatives à Sétif-nord. En 1995, après l’assassinat de Nabila Djahnine, il quitte Sétif pour s’installer à Béjaïa afin de fuir la menace islamiste, puis effectue son service militaire à Blida. A son retour, il renoue illico avec le mouvement social dans le Forum des Rebelles, né dans le sillage de l’assassinat de Matoub Lounès.

En même temps, à l’université de Béjaïa, où il enseigne la biologie jusqu’à ce jour, il était membre du bureau national du CNES de 2003 jusqu’à la grève de 2006-2007.

En 2001, quand la Kabylie s’est soulevée, à partir de l’université, il a été de ceux qui ont lancé l’auto-organisation du mouvement autour de mots d’ordre progressistes et gauchisants. Avec Sadek Akrour et d’autres militants socialistes, ils ont organisé la population en comités populaires dans les quartiers et les villages, jusqu’à la rédaction de la plateforme initiale des revendications du mouvement (32 points), dont il était l’un des rédacteurs. Il fait partie, en outre, de ceux qui ont organisé la marche du 14 juin sur Alger.

Aux législatives de 2007, le PST le désigne tête de liste à Sétif. En 2012, le parti rafle 12 500 voix aux locales et il a profité de l’effervescence politique qui a marqué cette période pour être de plusieurs luttes à Béjaïa. Kamel Aïssat sera, à cette date, l’un des initiateurs du collectif de solidarité avec les «grévistes» de la faim de Cevital et l’un des soutiens actifs des travailleurs en lutte de l’ETR, Getic…

L’opportunité qu’offre la tribune électorale est pour, dit-il, «une façon de réoccuper le terrain des luttes et sanctionner ceux qui l’ont déserté». Et ce, en ayant ce slogan qui lui tient à cœur, chanté par Matoub Lounès, comme leitmotiv : «Awidak yeghrane Init-ass-en iy maghvane ad vedlen taswiht.» Entendre : le changement viendra des petites gens. C’est à ceux-là que Kamel compte s’adresser lors de sa campagne.

Notre société, son pivot économique, exigeants, oppressants, voire tyranniques...

"Ainsi, nous dit l'article, depuis plusieurs décennies, un débat radical autour de notre modèle de société est balayé car jugé passéiste, démagogique, irréaliste voire dangereux. Alors, plutôt que de questionner le fond, c’est-à-dire le consumérisme, le productivisme et le néo-libéralisme, la pensée unique et dominante nous impose une fuite en avant des plus inquiétantes. On stigmatise et on ignore ces malaises pour mieux les caricaturer… Ces sujets sont pourtant cruciaux, ne serait-ce parce qu’ils occupent l’esprit d’une part importante de nos concitoyens.Ainsi, de manière consciente ou non, le système a fait le jeu des extrêmes, en particulier à la droite extrême, avec le Front National. Et c’est d’autant plus confortable pour ce système que cela permet d’éluder d’autant plus les débats de fond en les cachant derrière cet épouvantail : pas de débat car « ça va faire le jeu du FN » !

Revenons au texte de l'article...

Michel Peyret


La grande déprime…

Oui, c’est vrai, comment ne pas le constater, nos modes de vie engendrent de la frustration, du mal-être, des peurs et des haines,

Comment nier que notre système économique, pivot de notre modèle de société, est exigeant, oppressant, voire tyrannique, que ce soit pour celles et ceux qui ont un emploi, un de ces « bullshit job » ou encore celles et ceux condamnés à la précarité ou au chômage ? Les premiers doivent faire face à une remise en cause permanente d’eux-mêmes, à une pression toujours constante pour améliorer leur productivité et pour mériter leur place. Ils doivent également subir toujours plus de stress, et sont toujours plus confrontés à des questions éthiques sur leur rôle dans cette société. Les seconds font face à une misère grandissante, à toujours plus d’humiliations, à un sentiment de rejet. Nos sociétés nous mettent en concurrence en utilisant la peur du chômage. La religion des indicateurs et l’économicisme rendent nos vies et activités toujours plus absurdes. De même, en nous opposant, on renforce la peur du déclassement, toujours plus prégnante, accompagnée d’un sentiment d’abandon, de ne pas être entendu, d’être lésé par un système injuste. Nos vies, trop chargées, ne laissent que peu de temps pour souffler. La pression imposée par notre monde moderne est insupportable, à telle point que nous nous croyons dans des situations moins confortables qu’il y a 40 ans… ou que chez le « voisin », « l’autre », qui serait, lui, « protégé », « assisté »…  C’était mieux avant… Et c’est mieux ailleurs…

Alors, oui, il est légitime d’exprimer ces frustrations, ces peurs. Il est sain de se révolter contre ces injustices.

http://www.partipourladecroissance.net/wp-content/uploads/2017/04/anti-fn-5c692-1.jpg

Mais aussi construite, entretenue

Ces constats se retrouvent dans plusieurs études convergentes et mettent en avant un mal-être, des souffrances objectives. Mais il ne faut surtout pas négliger leur dimension subjective !

En effet, ce malaise est partiellement construit et renforcé par la société du spectacle, les médias et la publicité avec l’imaginaire qu’ils développent. Nous sommes dominés, individuellement et collectivement, culturellement et socialement, par le « toujours plus » qui génère de multiples insatisfactions. La rivalité ostentatoire, même inconsciente, est renforcée par des inégalités endémiques, en permanence exacerbée. Et ce, non sans manipulation : la publicité sait utiliser les techniques les plus subtiles, perverses et efficaces afin de nous faire désirer toujours plus en s’appuyant sur les neurosciences, la psychologie et la psychologie sociale… Ainsi, il faut consommer toujours plus pour produire toujours plus pour préserver son niveau de vie… Mais aussi conserver son emploi pour consommer encore plus…

Enfin ce mal être est d’autant plus fort qu’il fait face à manque de projet collectif. L’individualisme exacerbé, le culte de la personne et la pression sociale intenable qu’il engendre, en particulier à travers les réseaux sociaux transforment tout échec, toute frustration en une blessure narcissique qu’aucun projet commun ne viendra compenser.

Des frustrations au service de l’oligarchie

Pourtant nous, occidentaux et classes supérieures au Sud, n’avons jamais été aussi « riches », c’est-à-dire que nous n’avons jamais bénéficié d’autant de richesses matérielles. Mais pour combien de temps et à quel « prix » : sacrifices sociaux, inégalités galopantes et honteuses, désastres écologiques et environnementaux, guerres illégales afin de sécuriser nos approvisionnements en matières premières et leurs conséquences… Surtout, nous semblons ne pas nous en rendre compte. Rien qu’en France, une très grande majorité de nos concitoyens vivent mieux qu’il y a 50 ans. Dissonance cognitive ? Nous sommes ancrés dans une société structurellement frustrante en étant condamnés à désirer toujours plus, à suivre le mode de vie des plus aisés alors que celui-ci n’est ni soutenable, ni généralisable et peut être pas si souhaitable. C’est inhérent à nos modes de vie, que personne ne souhaite ou ne semble prêt à négocier.

Ainsi les vraies questions sont éludées, les frustrations et les craintes méprisées par l’oligarchie et ses chiens de garde, véritables bénéficiaires de cet état de fait, qui expliquent qu’il faut faire toujours plus de sacrifices, qu’il faut être responsable et réaliste, qu’il y a la dette, la concurrence étrangère, etc.

« Ca va faire le jeu du FN »

Ainsi, depuis plusieurs décennies, un débat radical autour de notre modèle de société est balayé car jugé passéiste, démagogique, irréaliste voire dangereux. Alors plutôt que de questionner le fond, c’est-à-dire le consumérisme, le productivisme et le néo-libéralisme, la pensée unique et dominante nous impose une fuite en avant des plus inquiétantes. On stigmatise et on ignore ces malaises pour mieux les caricaturer… Ces sujets sont pourtant cruciaux, ne serait-ce parce qu’ils occupent l’esprit d’une part importante de nos concitoyens.

Ainsi, de manière consciente ou non, le système a fait le jeu des extrêmes, en particulier à la droite extrême, avec le Front National. Et c’est d’autant plus confortable pour ce système que cela permet d’éluder d’autant plus les débats de fond en les cachant derrière cet épouvantail : pas de débat car « ça va faire le jeu du FN » !

Comme si ça ne suffisait pas pour faire vraiment le jeu du FN, on diabolise ses supporters, on leur donne des leçons de manière arrogante, ce qui renforce sa légitimité. Enfin, « Ca va faire le jeu du FN » laisse à penser que le FN aurait des solutions à ces problèmes éludés, réels ou construits… Le FN est ainsi gagnant sur toute la ligne.

Une imposture insupportable

Cette « légitimisation » est d’autant plus insupportable qu’elle est une imposture : le FN, mouvement démagogique et manipulateur, s’empare avec opportunisme de certain de ces sujets de société méprisés par la pensée unique, qui méritent pourtant d’être débattus. Ainsi, la boucle est bouclée, le système a besoin du FN qui lui-même a besoin du système. Le premier utilise le second pour éviter toute remise en cause, le second instrumentalise ce mépris pour mieux s’imposer, sans pour autant souhaiter apporter de solutions à ce qui constituent son fond de commerce.

Ne nous leurrons pas, le FN a les mêmes objectifs, les mêmes injonctions, les mêmes mises en concurrence, le même culte du toujours-plus, qui mèneront nécessairement et automatiquement aux mêmes frustrations qu’aujourd’hui ! Mais en pire… car le FN exacerbe les rivalités en divisant toujours plus. Le FN est une formation « raciste » qui « aime une France morte », une France qui n’a d’ailleurs jamais existé, une France fantasmée. Le FN n’est pas antisystème, puisqu’il est le fruit du système. Il est le vilain petit canard de l’oligarchie au pouvoir, mais il fait quand même partie de cette oligarchie. C’est la frange dure, issue d’une famille riche qui a profité du système au détriment des autres, qui souhaite continuer à prospérer mais qui souhaite surtout se préserver.

Le programme du FN, un cheval de Troie

Les propositions du FN peuvent paraître de bon sens, d’autant que l’oligarchie fait tout pour éviter le débat sur certaines questions… Mais si nous avions ces débats, nous aurions l’occasion de discuter d’un spectre plus large de propositions que ce qui nous est rabâché. Et ainsi, des électeurs séduits par les propositions du FN pourraient finalement se rendre compte que le fond de leur pensée correspond à des propositions similaires à celles du FN,  en apparence seulement, et tellement éloignées sur l’intention et l’application.

Nous avons en commun, en apparence, une critique radicale d’une société dominé par le profit, le néolibéralisme et ses méfaits. De même, leur « parler simple » séduit, d’autant plus qu’il s’intègre parfaitement au format médiatique qui ne laisse pas le temps du développement. Mais leur protectionnisme n’est pas notre relocalisation ouverte, basée sur les solidarités et l’ouverture vers l’autre. Leur critique de l’Euro et de l’Europe est loin de celle que nous portons : l’enjeu n’est pas de continuer à exploiter et à rester dans le culte de la Croissance dans un plus petit territoire. Le FN souhaite surtout ne pas poser la question du partage des richesses, mais au contraire rêve d’une autre croissance, celle du système, pour seulement certains d’entre nous, sans remettre en cause ni l’exploitation humaine, en France ou ailleurs, ni le pillage des ressources. Une sorte de capitalisme bleu-blanc-rouge !

Leurs propositions s’appuient sur des approximations pour donner l’impression qu’elles s’appuient sur du bon sens. Alors qu’elles sont le fruit des valeurs haineuses du FN. Le FN n’est pas antisystème et encore moins dans une démarche de « pas de côté ». Au final, l’élection de Marine Lepen mènerait nécessairement à une exacerbation des frustrations et avec de moins en moins d’issues pour en sortir. Il ne propose pas de questionner les inégalités mais de les déplacer.

Le Front National est un exutoire pour exprimer ses frustrations. Il s’appuie sur des haines, en stigmatisant les étrangers, les réfugiés ou encore les bobos, les urbains, les mondialistes… En fait il ne propose pas de résoudre les problèmes, mais juste de s’en protéger, voire de les renverser à leur profit. Il suggère de se substituer aux exploiteurs au lieu de supprimer l’exploitation. Il renforce cette montée des inégalités en terme de ressentis et de perceptions entre les territoires à travers la métropolisation au lieu de proposer du dialogue, de la compréhension, et des solutions pérennes. Il renforce les haines, l’entre-soi et les certitudes, alors que l’enjeu devrait être de recréer du lien en réinscrivant nos vies dans les territoires, en se réappropriant le sens de nos consommations et productions. Ainsi, bien loin de proposer un avenir souhaitable et un vivre ensemble convivial, il invite à créer toujours plus de frustrations, de concurrences, de haines… tout comme le système dominant que nous rejetons…

Laisser le débat de la Décroissance s’ouvrir

Aujourd’hui, il est temps de casser les mythes de la société de croissance, ses mécanismes, ses imaginaires et ses solutions… donc de casser aussi le mythe du FN. Lutter contre la métropolisation de nos sociétés, privilégier l’ouverture sur l’autre et les autres territoires (et ne pas se figer dans une vision passéiste/fantasmée) non pour s’opposer mais bien pour se compléter car nous sommes inter-dépendants. La seule solution est vraiment d’amener une critique radicale au système dominant, c’est-à-dire aller à la racine des problèmes afin d’éviter de légitimer l’émergence de fausses solutions portés par des cautions du système. Il est temps que les pompiers pyromanes, chiens de garde de la pensée unique, sortent de leur entre-soi et laisse le débat de la Décroissance s’ouvrir : c’est-à-dire questionner notre de modèle économique toxico-dépendant à la croissance, notre système politique enfermé dans l’économicisme, nos cultures sous perfusion de la publicité qui crée frustrations et rivalités, pour mieux se réapproprier le sens de nos vies et un vivre ensemble, relocalisé dans des territoires ouverts sur le monde… Bien loin de l’idéologie du FN,  des chimères de l’oligarchie bien-pensante et des fantasmes de la société de croissance, l’enjeu est de ne pas réagir mais bel et bien d’agir. Les solutions sont là, alors débattons, rencontrons-nous et construisons un avenir sur d’autres principes, comme le partage, la solidarité et la convivialité.

A partager sans modération ...

Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Christophe Ondet et Anisabel Veillot
Co-auteurs d’ « Un Projet de Décroissance ».

Pour compléter :


Alliance électorale ou changement de société ?
http://www.revue-ballast.fr/alliance-electorale-changement-de-societe/

Le Revenu d’Existence, nouveau candidat à l’élection présidentielle ?
https://www.bastamag.net/Le-Revenu-d-Existence-nouveau-candidat-a-l-election-presidentielle

Et dans un registre différent, le 3ème épisode d'Héloïse :

D’un sourire à l’autre… C’est la rentrée pour Héloïse
http://www.projet-decroissance.net/?p=2267

 

http://www.partipourladecroissance.net/wp-content/uploads/2008/12/logo-ppld.gif

contact@ml.partipourladecroissance.net
http://www.partipourladecrois sance.net/

Le débat autour des modes de scrutins

"Les débats autour des modes de scrutin, indique l'article, s’expliquent souvent par la difficulté de concilier plusieurs buts et par des contingences politiques. Pour les proportionnalistes, un système électoral doit donner une image fidèle de la situation politique et du corps électoral ; pour les majoritaires, il vise à désigner une majorité d’élus capable de gouverner. Au-delà de la répartition des sièges, le choix du mode de scrutin correspond à une conception de la vie politique, qu’il influence forcément..."

Revenons à la lecture de l'article...

Michel Peyret


Vie publique - au coeur du débat publicEn brefDossiers d’actualitéPanorama des loisFAQ

Découverte des institutions

Approfondissements

Les différents modes de scrutin et leurs effets

le 3 01 2013

Le mode de scrutin permet le passage du décompte des voix à la désignation des élus. Le système électoral recouvre, lui, l’ensemble des déterminants de l’élection et des conséquences des modes de scrutin (effets sur l’organisation des partis, les alternances, etc.).

Alors que, après de longues luttes pour l’établissement de ses règles et l’extension de son champ, le principe de l’élection au suffrage universel fait aujourd’hui l’unanimité dans les démocraties représentatives, il n’en va pas de même pour le choix du mode de scrutin. Ce dernier apparaît comme un savant mélange où interviennent notamment l’histoire politique nationale, les besoins de représentativité, l’opinion des partis. Les modes de scrutin peuvent aussi varier dans le temps. Depuis 1871, la France a ainsi connu une dizaine de changements importants de mode de scrutin législatif, alors que le Royaume-Uni utilise le même depuis le XVIIIe siècle.

Les scrutins majoritaires

Ils constituent le mode le plus ancien de désignation des élus. Il s’agit d’attribuer un siège (scrutin uninominal) ou plusieurs sièges (scrutin plurinominal) à celui ou ceux qui ont obtenu le plus de voix.

Dans le scrutin uninominal à un tour (ex : en Grande-Bretagne), celui qui obtient le plus de voix emporte le siège. Cela a l’avantage de la simplicité. Au plan global, il résulte souvent pour le parti arrivé en deuxième position une sous-représentation par rapport à son total de voix. Quant aux autres partis, ils n’obtiennent presque aucun élu. Par ailleurs, la représentation géographique des partis influence beaucoup le résultat final dans la mesure où un petit parti très bien implanté peut être représenté, mais aussi où le parti ayant obtenu le plus de voix au plan national peut se voir privé de sa victoire car ses suffrages sont trop dispersés.

Dans le scrutin uninominal à deux tours (ex : en France), la réussite au premier tour est conditionnée par l’obtention d’une majorité absolue des voix, avec parfois l’obligation de réunir un nombre minimal d’électeurs inscrits. Faute d’avoir atteint ce seuil, un second tour est organisé. Son accès est réglementé : les deux candidats les mieux placés au premier tour (scrutin présidentiel français) ; nombre minimum de voix ou pourcentage des inscrits (scrutin législatif français). Par rapport au scrutin à un tour, la possibilité de conclure des alliances pour le second tour lisse les distorsions : les petits partis peuvent s’entendre avec d’autres pour obtenir des élus là où ils sont forts, en échange d’un report de voix ailleurs. En revanche, ceux qui ne souscrivent pas d’alliance sont souvent privés de toute représentation.

Les scrutins de liste, à un ou deux tours, attribuent à la liste arrivée en tête tous les sièges (désignation des grands électeurs pour la présidentielle américaine). L’amplification de la victoire est alors très forte, même si des injustices peuvent exister (majorité des sièges mais minorité des voix). Si le panachage des listes est autorisé, sont élus ceux qui obtiennent le plus de voix (par exemple, en France, pour les élections municipales dans les communes de moins de 1 000 habitants).

Les scrutins proportionnels

Le mode de scrutin proportionnel est simple dans son principe – les sièges sont attribués selon le nombre de voix – mais compliqué dans sa mise en œuvre. Il s’est développé avec le rôle des partis politiques : il s’agit moins de voter pour un homme que pour un parti ou un programme.

Plusieurs méthodes existent pour répartir les voix. La méthode du quotient fixe le nombre de voix à obtenir pour avoir un siège (quotient électoral). Le nombre de sièges attribués à chaque liste est ensuite défini en divisant le total des voix obtenu par chaque liste par le quotient électoral. La première répartition effectuée, les restes sont répartis, soit selon la méthode du plus fort reste qui favorise les petits partis (une fois déduites les voix ayant permis la première attribution, les listes ayant le plus de restes l’emportent), soit selon celle de la plus forte moyenne qui favorise les grands (rapport entre les voix restantes et le nombre de sièges déjà obtenus auxquels on ajoute un siège fictif). Cette dernière est utilisée pour les sénatoriales françaises dans les départements élisant au moins trois sénateurs.

Il existe d’autres méthodes de répartition des restes, comme les systèmes de compensation utilisés en Allemagne. Les sièges sont répartis au sein de la liste selon l’ordre de présentation le plus souvent, mais aussi parfois selon l’indication de préférences donnée par les électeurs.

Dans les scrutins proportionnels, le seuil fixé pour obtenir le droit à la répartition des sièges et la taille de la circonscription constituent des variables déterminantes. Plus le seuil est élevé et plus le nombre de circonscriptions important, plus l’accès des petits partis aux sièges est difficile. Certains pays (ex : Israël pour les législatives) font le choix de n’avoir qu’une seule circonscription au niveau du pays. Le niveau du seuil dépend des caractéristiques de chaque pays : fixé à 5% comme en Allemagne ou en France, il écarte peu de partis nationaux, alors que dans des jeunes démocraties avec de très nombreux partis, il pourrait priver de représentation une frange importante de la population.

Les scrutins mixtes

Enfin, les scrutins mixtes empruntent des éléments aux systèmes majoritaire et proportionnel. Ils combinent donc, mais avec une grande diversité, les deux mécanismes. Il s’agit de cumuler les avantages des deux méthodes et d’en limiter les inconvénients.

Par exemple, le mode de scrutin utilisé en France pour les élections municipales dans les communes de plus de 1 000 habitants a pour but d’assurer une majorité au vainqueur, de permettre des alliances entre les deux tours et de donner une représentation aux minoritaires. Ainsi, à l’issue du deuxième tour, la liste en tête obtient la moitié des sièges, l’autre moitié étant répartie à la proportionnelle entre toutes les listes ayant rassemblé au moins 5% des suffrages.

Avantages et inconvénients de chacun de ces systèmes

Les débats autour des modes de scrutin s’expliquent souvent par la difficulté de concilier plusieurs buts et par des contingences politiques. Pour les proportionnalistes, un système électoral doit donner une image fidèle de la situation politique et du corps électoral ; pour les majoritaires, il vise à désigner une majorité d’élus capable de gouverner. Au-delà de la répartition des sièges, le choix du mode de scrutin correspond à une conception de la vie politique, qu’il influence forcément.

Les scrutins proportionnels conduisent souvent à un dysfonctionnement du système politique ; ils favorisent le multipartisme et donnent un rôle important aux petits partis charnières, souvent partenaires indispensables des majorités (cas de la IVe République en France ou de l’Italie). Le scrutin majoritaire à un tour favorise, lui, les alternances, mais entre seulement deux partis (au Royaume-Uni, par exemple). Le scrutin majoritaire à deux tours, celui de la Ve République, a la souplesse de l’alternance et incite plus de partis à conclure des alliances pour le second tour.

Les scrutins proportionnels rendent difficile l’émergence d’une majorité stable et cohérente, faisant primer une logique de coopération des partis (les partis se partagent le pouvoir comme les sièges). À l’inverse, les scrutins majoritaires conduisent le plus souvent à l’apparition de majorités stables, fondées sur un affrontement avec l’opposition (la coalition qui l’emporte gouverne seule) et au prix d’une injustice dans la représentation.

21 avril 2017

Les élections pour renverser l'ordre capitaliste ?

"La possibilité, indique l'article, de se porter candidat aux élections se fait suivant le principe de cooptation par les élus en place : les « 500 signatures ». Ce principe est le meilleur moyen d’empêcher le prolétariat de présenter ses candidats. Quels élus bourgeois accorderont leur signature pour voir un parti menaçant de bouleverser l’ordre sur lequel ils sont assis ? Ainsi le principe des 500 signatures est l’expression même de la démocratie bourgeoise, dans l’intérêt de la bourgeoisie, par lequel elle exclue toute possibilité à un véritable parti prolétarien de peser sur les élections, et par lequel elle assure son hégémonie politique dans le cadre du suffrage universel. De plus, même si les intérêts prolétariens pouvaient être représentés aux élections, l’appareil d’Etat bourgeois briserait toutes possibilités pour les prolétaires de renverser l’ordre capitaliste..."

Revenons à la lecture de l'article...

Michel Peyret


Regroupement Communiste Association des Amis du Manifeste

Blog communiste, marxiste léniniste, moyen d'expression de l'Association des Amis du Manifeste

Boycott des élections bourgeoises

20 Avril 2017 , Rédigé par Association des Amis du Manifeste Publié dans #point de vue communiste

Boycott des élections bougeoises

Nous relayons ci-dessous une déclaration de l'Unité des Cercles Communistes sur les élections.

_______________________________________________________________________________

Déclaration de l’Unité des Cercles Communistes sur l’élection présidentielle.

La dictature de la bourgeoisie sous le masque démocratique

Les élections présidentielles, présentées comme le grand moment « démocratique » de la nation, se déroulent dans un contexte de répression sans précédent depuis des décennies. Nous dénonçons l’hypocrisie bourgeoise qui, derrière le masque d’une campagne « démocratique », agit systématiquement pour réprimer et affaiblir la contestation populaire. Nous rejetons cette hypocrisie et exigeons:

La libération de tous les prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites contre plus de 2000 personnes pour s’être opposés à la loi Travail, et son abrogation.

La libération de tous ceux qui se sont soulevés contre les récents crimes policiers.

L’ensemble des scandales actuels dans lesquels sont impliqués plusieurs candidats ne font que creuser la profonde fracture entre la bourgeoisie, exploiteuse et corrompue, et le prolétariat exploité ou privé d’emploi. C’est dans de telles conditions que l’on nous somme d’exercer notre « devoir » de voter, pour donner une légitimité à ce système d’injustice social. Il faut se rappeler la nature véritable des élections et du parlementarisme sous le capitalisme. La bourgeoisie présente les élections au suffrage universel comme le summum de la vie démocratique.

Une démocratie pour les exploiteurs !

Elle tente de dissimuler le caractère de classe de cette démocratie.

A savoir : la possibilité de se porter candidat aux élections se fait suivant le principe de cooptation par les élus en place ; les « 500 signatures ». Ce principe est le meilleur moyen d’empêcher le prolétariat de présenter ses candidats. Quels élus bourgeois accorderont leur signature pour voir un parti menaçant de bouleverser l’ordre sur lequel ils sont assis ? Ainsi le principe des 500 signatures est l’expression même de la démocratie bourgeoise, dans l’intérêt de la bourgeoisie, par lequel elle exclue toute possibilité à un véritable parti prolétarien de peser sur les élections, et par lequel elle assure son hégémonie politique dans le cadre du suffrage universel. De plus, même si les intérêts prolétariens pouvaient être représentés aux élections, l’appareil d’Etat bourgeois briserait toutes possibilités pour les prolétaires de renverser l’ordre capitaliste.

La privation du droit de vote pour les immigrés est une attaque toute entière contre l’influence du prolétariat dans la vie politique – des millions de travailleurs sont concernés ! Il se peut qu’un ouvrier travaille plus de 10 ans en France et paye des impôts, sans avoir le droit de vote. Les émigrés quant à eux, français vivant hors de France, peuvent voter dans un pays où ils ne résident pas, et ne travaillent pas. Inutile de préciser que ces derniers sont essentiellement des bourgeois et des petits bourgeois. Tandis que tous les bourgeois ont le droit de vote, il n’en est pas de même pour tous les travailleurs. Le principe nationaliste qui régit les élections ne fait donc qu’affermir la domination de la bourgeoisie française sur les prolétaires français et étrangers.

Les gouvernements passent, les capitalistes restent !

Pour notre classe, discuter quel homme, quel parti va diriger la France n’est pas important par rapport au problème fondamental : quelle classe sociale détient le pouvoir d’Etat ? Quelle classe sociale possède les moyens de production, d’échange, et les armes ? Il est évident que la grande bourgeoisie fait tout pour faire élire Macron en tant qu’alternative « ni droite, ni gauche », répondant au discrédit des partis qui ont dirigés la France pendant des décennies. Le Front National pourrait être renforcé par une partie des partisans de Fillon si celui-ci est évincé au premier tour. Dans le cas où Le Pen devancerait Macron, les idéologues de la bourgeoisie et les paniquards petits-bourgeois vont refaire sonner les trompettes du « vote utile » pour tromper le prolétariat une fois de plus.

De la droite au PS, en passant par le centre et même des membres du soi-disant P« C »F, Macron reçoit des soutiens francs. Ceci est un fait qui démontre comment les lignes des différents courants de la démocratie bourgeoise s’entrecroisent pour défendre le même but : le maintient de la domination des monopoles capitalistes sur l’ensemble de la société.

Quant au reste de la social-démocratie qui croit toujours à une « union de la gauche » : union du PS, des Verts et de Mélenchon jusqu’au P« C »F ! L’union pathétique qu’ils prônent n’est qu’une politique de collaboration de classe pour défendre un chimérique capitalisme « de gauche ».

L’Etat français tente aujourd’hui de défendre ses intérêts impérialistes dans la concurrence capitaliste mondiale. C’est ce fait inhérent au système impérialiste qui est à l’origine des guerres d’agressions qu’il mène contre les peuples du monde et de la politique de destruction des droits sociaux conquis par le prolétariat de France. C’est ainsi qu’une terrible guerre économique frappe le prolétariat par les fermetures d’entreprises, les délocalisations, la spéculation, la baisse des salaires etc. Mais il est évident qu’aucunes guerres, aucunes réformes de la bourgeoisie ne pourra freiner la prochaine grande crise capitaliste.

Les masses populaires agissent et s’organisent !

Il existe un fort courant qui veut poursuivre la lutte contre la loi Travail, contre la répression, contre cette mascarade électorale. La marche du 19 mars contre le racisme et les violences policières ; les multiples grèves et protestations dans les entreprises ; l’appel à un rassemblement populaire le 22 avril place de la République en sont quelques exemples. Il existe dans les quartiers populaires des mobilisations et des révoltes qui n’ont pas encore montrées tout leur potentiel. L’heure est à la convergence politique entre les différents courants du mouvement populaire ! Dans cette situation, les communistes doivent montrer l’exemple des mouvements dont ils sont les héritiers : La Commune de Paris de 1871, la Révolution d’Octobre et la Révolution culturelle en Chine.

Car remettre en question le parlementarisme bourgeois ne peut pas se réduire à la critique. Cette remise en question commence là où les masses s’organisent sur leurs lieux de travail et de vie, y débattent, y prennent des résolutions sur l’ordre social qu’elles souhaitent établir. Dans les mobilisations contre la répression anti-ouvrière, dans les assemblées qui ont eu lieux dans quelques cités populaires et celles du mouvement Nuit Debout, on a vu, et on va continuer  à voir ce genre d’exemple qui ne demande qu’à s’étendre, et à prendre un caractère, non seulement de contestations, mais de décisions politiques.

Unir pour reconstruire

Aujourd’hui des cercles communistes révolutionnaires s’unissent pour contribuer à la création d’un véritable parti du prolétariat en France. Cette tache de conquérir l’indépendance politique du prolétariat face aux partis bourgeois qui tentent de le maintenir sous son influence est une priorité. La lutte contre le capitalisme commence par cette nécessité, la création d’un parti dont les buts fondamentaux sont la destruction du capitalisme et l’instauration du socialisme.

Unité des Cercles Communistes

CONTACT : uniccom@tutanota.com

Julie Kebbi, Turquie, un référendum entaché de manipulations ?

"De son côté, indique Julie Kebbi, l'Union européenne s'est également manifestée hier au sujet du référendum. « Nous appelons tous les acteurs à faire preuve de retenue et les autorités à lancer une enquête transparente sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs » internationaux, a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lors d'un point de presse à Bruxelles. Une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe avait déjà estimé lundi que le scrutin n'avait pas été « à la hauteur des critères » européens, et souligné que la campagne s'était déroulée dans des conditions inéquitables favorisant le camp du oui..."

Revenons à l'article de Julie Kebbi...

Michel Peyret


L'Orient-Le Jour

Mercredi 19 avril 2017

Moyen Orient et Monde

Face à un Erdogan dominateur, une opposition en manque de moyens...

Des supporters du « non » au référendum en marche pour soumettre leur pétition demandant l’annulation du résultat du scrutin, hier, à Istanbul. Yasin Akgul/AFP

Le CHP et le HDP ont déposé hier un recours très incertain pour l'annulation du référendum entaché selon eux de « manipulations ».

Julie KEBBI, avec agences | OLJ

19/04/2017

« Manipulations », « irrégularités présumées », besoin d'une « enquête transparente », autant de termes et d'expressions qui rythment la vie politique turque depuis dimanche soir. Le résultat du référendum pour une présidentialisation du pouvoir en faveur du « oui » à hauteur de 51,4 %, selon un décompte non officiel des médias, ne cesse d'être source de controverse au sein des partis d'opposition, le CHP (nationaliste laïc) et le HDP (prokurde), et sur les réseaux sociaux. Le vice-président du CHP, Bülent Tezcan, a ainsi déposé hier un recours auprès du Haut Conseil électoral à Ankara pour demander officiellement l'annulation du référendum. « La volonté nationale a été volée », a déclaré M. Tezcan, dénonçant après le dépôt du recours des « résultats illégitimes ».

Dès l'annonce des résultats, l'opposition avait déjà dénoncé des « manipulations » lors du scrutin, mettant notamment en cause la décision du Haut Conseil électoral de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. Le Haut Conseil « a changé les règles en cours de jeu (...). Cela n'est pas quelque chose qui peut être pardonné », a condamné le chef du CHP, Kemal Kiliçdaroglu, dans un entretien publié hier par le quotidien Hürriyet. Cependant, il paraît peu probable que le recours en justice de l'opposition aboutisse à des mesures concrètes. « Au vu de la situation ces derniers mois dans le pays, où les instances judiciaires indépendantes sont en réalité désormais constituées de personnes favorables au régime suite aux purges, on ne peut s'attendre qu'à une réponse dilatoire sans suite », explique à L'Orient-Le Jour Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste de la Turquie. De son côté, l'opposition se retrouve dans une position délicate, perdant constamment chaque élection ces dernières années au profit du Parti de la justice et du développement (AKP). « L'opposition doit se remettre en question. De par son comportement, elle est déconnectée de la profondeur de la société turque », insiste Jana Jabbour, chercheur associée à Sciences Po Paris et auteure de La Turquie, l'invention d'une diplomatie émergente (Paris, CNRS), contactée par L'OLJ. En tant que force hégémonique, l'AKP a su s'adresser aux masses populaires et à la périphérie turque.

Pas « à la hauteur des critères » européens

De son côté, l'Union européenne s'est également manifestée hier au sujet du référendum. « Nous appelons tous les acteurs à faire preuve de retenue et les autorités à lancer une enquête transparente sur les irrégularités présumées qui ont été constatées par les observateurs » internationaux, a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lors d'un point de presse à Bruxelles. Une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe avait déjà estimé lundi que le scrutin n'avait pas été « à la hauteur des critères » européens, et souligné que la campagne s'était déroulée dans des conditions inéquitables favorisant le camp du oui.

Peu après, la Turquie a rejeté l'appel de l'UE à une enquête sur de présumées irrégularités au référendum sur les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, l'enjoignant de respecter l'issue du scrutin. « Une telle déclaration spéculative de la part d'un porte-parole ne peut être acceptée », a déclaré au cours d'une conférence de presse le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik. Il a appelé l'UE à respecter « les processus démocratiques ».

Les remarques des observateurs étrangers avaient provoqué la colère du président turc alors félicité pour sa victoire par ses homologues Donald Trump, lundi, et Vladimir Poutine, hier. M. Erdogan a sommé les observateurs de « rester à (leur) place ». « Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer », a lancé M. Erdogan qui pourrait désormais en théorie rester au pouvoir jusqu'en 2029. « Le président Erdogan instrumentalise le manque de soutien actif du côté des membres de l'UE lors de la tentative de putsch le 16 juillet 2016, souligne Didier Billion. Il estime ainsi ne pas avoir à recevoir de leçon démocratique de la part des Européens. » Faute d'alternative, « les Européens finiront par accepter les résultats de l'élection », observe également Jana Jabbour. « Il est nécessaire pour l'UE et la Turquie d'entretenir de bonnes relations, Ankara attend d'être reconnu en tant que partenaire égal, note-t-elle. Après cela, M. Erdogan sera prêt à faire des concessions. »

L'état d'urgence reconduit

Malgré les mobilisations civiles et politiques pour dénoncer le déroulement du processus électoral, Ankara maintient une position de fermeté. Le résultat étriqué du vote « signifie qu'une partie de la société turque résiste pacifiquement, mais cela ne changera pas pour autant la manière de gouverner de M. Erdogan », observe Didier Billion.

Le Premier ministre Binali Yildirim a en outre fait savoir que M. Erdogan serait invité, après l'annonce des résultats définitifs fin avril, à réintégrer le parti au pouvoir (AKP) – le président de la République ne pouvait jusqu'alors pas être membre d'un parti –, appliquant ainsi le premier point d'une révision constitutionnelle dont la plupart des volets entreront en vigueur en 2019.

De plus, le quotidien Hürriyet a rapporté hier qu'un remaniement ministériel d'envergure était en préparation et que des législatives anticipées, dès le printemps 2018, n'étaient pas exclues. Le Parlement turc a également approuvé hier la reconduction pour trois mois supplémentaires de l'état d'urgence en vigueur depuis le putsch manqué de juillet, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anadolu. Le Conseil national de sécurité, puis le Conseil des ministres s'étaient déjà prononcés lundi soir en faveur d'une telle prolongation de ce régime d'exception qui, sinon, aurait dû arriver à expiration aujourd'hui.

Lire aussi

La relation UE-Turquie toujours à l'épreuve après le référendum

En Turquie, la fragile victoire du « oui »

« Si la Turquie poursuit son processus de russification, elle va s'isoler »

Un Erdogan renforcé suscite des craintes pour l'héritage d'Atatürk

Pour mémoire

Erdogan, un « oui » massif... ou rien

Que pensent les Turques à l'approche du référendum ?

Repères

Turquie : cinq conséquences possibles du référendum

Référendum turc : une économie en berne au pire moment pour Erdogan

Parti de la Démondialisation, comment voter " carton rouge "?

"Dans ces attitudes, nous dit l'article, rares sont ceux qui invoquent le programme de Monsieur Mélenchon. On comprend pourquoi car la plupart ne l’ont pas lu ! Ils fondent essentiellement leur jugement sur les apparences ou sur des aspects importants à leurs yeux, mais mineurs sur le plan stratégique.Nous ne souhaitons pas que Monsieur Mélenchon soit qualifié pour le second tour et accède ainsi probablement à la présidence de la République. Car, contrairement à la plupart de ses supporteurs, nous avons étudié dans le détail son programme. Et nous avons tout de suite compris que le flou et les ambiguïtés dont il s’ingénie à barbouiller les grandes questions stratégiques comme la démondialisation, la sortie de l’euro et de l’Union européenne, la remise en cause du libre-échange ou le démantèlement des marchés financiers, annonçait un schéma à la Mitterrand ou à la Tsipras..."

Reprenons l'article du Pardem...

Michel Peyret


Dimanche votons carton rouge !

Par le Parti de la démondialisation
 
Le 19 avril 2017
 
L’abstention, les blancs (et les rouges !), les nuls, vont battre des records lors du premier tour de l’élection présidentielle le 23 avril. À cinq jours du scrutin un grand nombre d’électeurs n’a pas encore fait son choix. On sent néanmoins une immense passion politique s’emparer de la France. On discute politique partout : au bureau et à l’usine, le midi et le soir lors des repas, en famille… Une façon d’apostropher les autres est de dire « alors pour qui tu votes ? ». Le resserrement des intentions de vote entre quatre candidats montre les hésitations du corps électoral. La présence certaine de Marine Le Pen au deuxième tour, qui était devenue une évidence il y a quelques jours encore, ne l’est plus. L’effondrement du candidat du PS est bien plus spectaculaire que ce que beaucoup pronostiquaient. Fillon résiste, montrant ainsi que le vote de classe, pour une partie de son électorat, est bien plus important que la probité en politique. Quant à Emmanuel Macron, il est loin d’obtenir les scores que lui permettaient d’espérer la campagne de promotion massive organisée gratuitement pour lui par les grands médias du système. Il n’est pas certain d’être présent au deuxième tour. Fillon, Hamon, Le Pen, Macron, sont tous les quatre des candidats du système à balayer.
 
Reste le cas Mélenchon
 
L’élément le plus nouveau de cette campagne est la dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon, au point que sa présence au deuxième tour, peu vraisemblable il y quelques semaines, est aujourd’hui devenue possible. Des amis, des camarades nous disent de voter Mélenchon, d’abord parce que nous avons fait campagne pour lui en 2012, et aussi selon eux, parce que cela va « ouvrir un espace politique », cela va faire « bouger les choses », puisqu’il est soutenu par de larges fractions du « mouvement syndical et de la jeunesse ».
 
La dynamique Mélenchon actuelle est bâtie sur quatre phénomènes. D’abord, il y a un effet de contraste, car l’exceptionnel talent oratoire du personnage tranche avec la médiocrité assez générale des autres et suscite un engouement pour la personne. Ensuite, il y a un effet de nostalgie. Pour tout un électorat de gauche, plutôt communiste, les références oubliées de l’histoire de ce courant politique, que Jean-Luc Mélenchon rappelle dans tous ses discours, font « du bien » pour reprendre l’expression du chanteur Bernard Lavilliers. Pour des électeurs de la gauche non socialiste, allant de défaite en défaite depuis au moins trois décennies, c’est un motif d’optimisme. Ensuite, il y a un effet antisystème qui séduit en particulier une partie de la jeunesse. En dernier lieu, il y a un effet de mimétisme qui consiste à vouloir faire comme les autres dès lors qu’une certaine masse critique est atteinte. Celle-ci va alors prendre de la vitesse et s’auto-entretenir. Nous avons ainsi tous dans nos entourages des connaissances devenues soudainement des mélenchonistes ardents ! Dans ces attitudes, rares sont ceux qui invoquent le programme de Monsieur Mélenchon. On comprend pourquoi car la plupart ne l’ont pas lu ! Ils fondent essentiellement leur jugement sur les apparences ou sur des aspects importants à leurs yeux, mais mineurs sur le plan stratégique.
 
Nous ne souhaitons pas que Monsieur Mélenchon soit qualifié pour le second tour et accède ainsi probablement à la présidence de la République. Car, contrairement à la plupart de ses supporteurs, nous avons étudié dans le détail son programme. Et nous avons tout de suite compris que le flou et les ambiguïtés dont il s’ingénie à barbouiller les grandes questions stratégiques comme la démondialisation, la sortie de l’euro et de l’Union européenne, la remise en cause du libre-échange ou le démantèlement des marchés financiers, annonçait un schéma à la Mitterrand ou à la Tsipras.
 
François Mitterrand (qui est un modèle pour Monsieur Mélenchon) a été élu en mai 1981 par une large coalition de gauche au deuxième tour, dont le PCF. Il disposait d’un programme bien plus radical, d’ailleurs, que ce que propose aujourd’hui Monsieur Mélenchon. Une certaine relance économique et sociale a été engagée. Mais elle a provoqué de très graves déséquilibres économiques notamment en matière de balance commerciale, sans créer le nombre d’emplois attendus. En effet, les mesures qui auraient permis le succès n’ont pas été prises : utilisation de la politique monétaire, relance budgétaire beaucoup plus massive, changement d’orientation stratégique des groupes nationalisés qui ont poursuivi leur activité comme s’ils étaient toujours privés… Monsieur Mitterrand a alors décidé le « tournant de la rigueur », c’est-à-dire l’alignement sur les politiques néolibérales. On a vu le résultat : explosion du chômage et de la précarité, partage de la valeur ajoutée très nettement redressé en faveur du capital et au détriment du travail, désindustrialisation, élimination du PCF comme force de contestation dominante (le PCF faisait encore 15% en 1981), affaiblissement du syndicalisme de lutte… Ces quarante dernières années se sont organisées à partir de cet évènement fondateur.
 
Alexis Tsipras, le Premier ministre grec issu du parti Syriza (anciens communistes), défendu pendant très longtemps par Jean-Luc Mélenchon, s’est soumis à la Troïka. Il vient d’ailleurs de signer un 4e « mémorandum » aggravant encore l’austérité en Grèce. La situation de ce pays est inimaginable, et c’est la gauche soi-disant « radicale » qui a pris le relai des socialistes et de la droite grecs. En septembre 2014, Syriza avait publié son programme dit de « Thessalonique ». Nous avons la mauvaise habitude de lire les programmes et déclarations des partis politiques et de ne pas nous laisser impressionner par le verbe, si haut soit-il. Nous avions rendu publique notre analyse de ce programme qui nous a valu beaucoup de critiques. Nous concluions en effet que Syriza était incapable, avec ce programme, de sortir la Grèce de la crise. Monsieur Mélenchon, à l’époque, applaudissait ce programme alors que de toute évidence il conduisait à l’impasse. Et c’est exactement ce qui s’est produit.
 
Il y a des gens qui n’apprennent rien. Mitterrand, Tsipras, Mélenchon qui reste au gouvernement Jospin, pourtant le plus grand privatisateur de toute l’histoire politique française, et ne démissionne pas : tout cela n’a pas d’importance pour eux. Pourtant, le flou et les graves lacunes du programme de Jean-Luc Mélenchon ne peuvent conduire qu’aux mêmes impasses du passé.
 
Alors on va nous dire que nous faisons le jeu de Madame Le Pen, du fascisme et blablabla. Ceux qui font le jeu de Madame Le Pen et du Front national sont ceux qui l’ont fabriqué (Monsieur Mitterrand et le PS) et qui l’ont entretenu par leur incurie, ou qui ont été incapables de s’y opposer efficacement (voir la débâcle de Monsieur Mélenchon quand il a été candidat aux législatives 2012 à Hénin-Beaumont face à Madame Le Pen). Si Madame Le Pen est élue à la présidence de la République, il faudra lutter. Mais justement, si le peuple a majoritairement refusé de se prononcer, c’est lui qui sera légitime.
 
Le Pardem appelle à la vigilance et à la détermination dans cette élection ; en effet si la droite ou l’extrême droite est élue, il faudra les combattre activement. Et si Jean-Luc Mélenchon gagne l’élection présidentielle, il faudra empêcher que la désespérance due aux abandons déjà programmés de Monsieur Mélenchon achèvent de démotiver et de désespérer notre peuple, ce qui le rejetterait dans les bras de l’extrême droite en 2022. Le Pardem sera alors le seul parti à avoir alerté notre peuple et le seul capable de faire opposition à toutes les aventures qui ne manqueront pas d’être tentées alors, que ce soit par le FN ou par d’autres partis « recomposés » après leur débâcle.
 
C’est pourquoi le vote carton rouge, associé aux abstentions, aux votes blancs et autres votes nuls, à condition d’être majoritaire, va :

  • Délégitimer le futur vainqueur de l’élection présidentielle.

  • Transférer la légitimité au peuple.

  • Permettre de voter pour la démondialisation.

Comment voter carton rouge ?
 
On nous demande comment voter carton rouge. C’est très simple, vous pouvez prendre un petit morceau de papier rouge et le glisser dans l’enveloppe. Vous pouvez aussi imprimer le logo rouge ci-dessous.

Signez l’appel à voter carton rouge le 23 avril !

Pour signer cliquez ci-dessous :
http://www.pardem.org/presidentielle-2017/657-signez-l-appel-a-voter-carton-rouge-le-23-avril
 



Adhérez au Parti de la démondialisation !

Pour imprimer le bulletin d'adhésion, cliquez ci-dessous :
http://www.pardem.org/adherer


Nous vous invitons à confirmer votre inscription à cette liste en envoyant un message à l'adresse suivante inscription-pardem-info@pardem.org avec la mention "Confirmation d'inscription" (cliquez sur l'adresse pour ouvrir le message et l'envoyer)


Si vous ne souhaitez plus recevoir de messages de notre part, vous pouvez vous désabonner en envoyant un simple message à cette adresse pardem-unsubscribe@liste.pardem.fr ou abuse@pardem.org (cliquez sur l'adresse pour ouvrir le message et l'envoyer).