Avec Marx

25 mars 2017

25 mars 2017, deux anniversaires...

"Aujourd’hui, nous dit le Pardem, 25 mars 2017, deux anniversaires sont célébrés pour des raisons totalement opposées. Le premier est celui de la victoire de la guerre d'indépendance sur l'Empire ottoman, dite aussi Révolution grecque (1821-1829). Cette commémoration renforce la volonté des Grecs de se libérer de leurs nouveaux envahisseurs : la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). Le second est celui du 60e anniversaire de la signature du traité de Rome qui a lancé la « construction » européenne. Cette date devrait être un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais tellement évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique... "

Reprenons le texte du Pardem...

Michel Peyret


Le massacre de la Grèce symbole tragique du 60e anniversaire du traité de Rome

Par le Parti de la démondialisation (Pardem).
 
Le 25 mars 2017.
 
Aujourd’hui, 25 mars 2017, deux anniversaires sont célébrés pour des raisons totalement opposées.
 
Le premier est celui de la victoire de la guerre d'indépendance sur l'Empire ottoman, dite aussi Révolution grecque (1821-1829). Cette commémoration renforce la volonté des Grecs de se libérer de leurs nouveaux envahisseurs : la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).
 
Le second est celui du 60e anniversaire de la signature du traité de Rome qui a lancé la « construction » européenne. Cette date devrait être un jour de deuil européen, tant les méfaits de ce système sont désormais tellement évidents, le « cas » grec en étant une preuve tragique.
 
À cette occasion, Jacques Nikonoff, président du Parti de la démondialisation, s’est rendu à l’Ambassade de Grèce à Paris pour remettre à l’ambassadeur une lettre de soutien au peuple grec dans les épreuves qu’il traverse et de condamnation du gouvernement Tsipras totalement soumis à la tyrannie de l’Union européenne. Il a fait une courte prise de parole que vous pourrez retrouver ci-dessous dans une vidéo :
 

https://youtu.be/NpZ7cRKdjnc

Pour sortir de la crise, en Grèce et dans les autres pays de l’Union européenne, il faut sortir de l’euro et de l’Union européenne, immédiatement et unilatéralement ! Il faut démondialiser !
 



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Le système capitaliste, le système de la misère organisée

« Lorsque, nous dit le texte, certain(e)s souhaitent monter des murs, refermer la porte de l’immigration, se replier sur soi, quand ce n’est pas un mépris de classe contre celles et ceux qui vivent dans les ghettos savamment construits ; alors un racisme avéré et/ou larvé progresse aussi rapidement que les violences policières ou le chômage inhérent au système qui amène en même temps nos collègues à des gestes désespérées. C’est une même matrice, le système capitaliste. Dans le système de la misère organisé(e), le revenu universel tel qu’il est proposé amène la société entière dans une impasse. Un cul-de-sac, cela ne constitue pas une solution pour les plus de 8 millions de privés d’emploi, ni pour les non relations sociales que cela implique... »

Reprenons le texte de Vincent...

Michel Peyret


Si nos mots pouvaient tout dire.

jeudi 16 mars 2017 
par  
Vincent D 

La semaine dernière a été marqué par le suicide de deux personnes sur leur lieu de travail. Deux agents de la fonction publique, l’une travaillant dans un hôpital et l’autre dans à la SNCF, ont exprimé le plus grand désarroi et en sont arrivés à un geste désespéré et révoltant.

Au travail, combien d’entre nous souffrent d’amplitudes horaires gigantesques ? Combien de travailleuses et travailleurs dans le médico-social n’ont plus l’impression de réaliser des tâches d’accompagnement avec le soin nécessaire pour chaque personne mais font maintenant malheureusement partie d’une chaîne de production qui fonctionne à flux tendu. On en arrive a exprimer le temps consacré par personne à quelques minutes ?!

Elles et ils sont tellement dans cette situation que l’infirmière a mis fin a sa vie le jour même où partout en France les travailleurs(es) de ce secteur étaient en grève contre justement ce type de situation.

Au travail, combien d’entre nous ont des relations houleuses avec leur hiérarchie qui assure au mieux son rôle de rouage dans le système capitaliste ? Chaque échelon hiérarchique des grandes entreprises, ou services publics, garantissent trop souvent son rôle d’écraseur social des ouvrier(e)s, des employé(e)s qui se retrouvent désemparé(e)s et noyé(e)s dans un océan de tâches, de stress et finalement de mal vivre au travail.

Le cheminot était délégué syndical SUD à Saint Lazare, le contexte précisé dans le communiqué du syndicat ne laisse aucun doute sur la discrimination syndicale qu’il subissait. Cela renvoie aux centaines d’assignations devant la justice de tous les syndicalistes qui représentent pourtant des revendications légitimes. Le capitalisme ne veut plus se permettre que les travailleurs tentent d’échapper à la misère qu’il crée.

La semaine dernière une travailleuse et un travailleur ont été amené de par leurs conditions de travail à des gestes dramatique. Deux personnes de trop à rajouter à une liste écœurante.

Dans quelle planète vivent les personnes souhaitant représenter notre peuple, tout en représentant le capitalisme ?

Rapidement le constat est alarmant.

Untel se fait offrir des costards qui représentent la moitié d’un salaire annuel au smic, et par dessus le marché ne trouve rien à redire, untel ne se présente pas devant la justice, untel se sait pas remplir une feuille d’impôt, untel passe de temps à temps à l’assemblée nationale (17 semaines sur 40 lors des dix derniers mois).

>C’est à qui supprimera le plus de fonctionnaires,
>C’est à qui rejettera le plus d’immigré(e)s ou de personnes issues de l’immigration, 
>C’est à qui qui exclura le plus de travailleurs de l’emploi en les renvoyant vers un RSA amélioré,
>C’est à qui qui demandera de travailler encore plus que 70h par semaine.

Ces propositions sont d’ores et déjà une réalité pour un grande partie de travailleurs(es).

La suppression des fonctionnaires, est, on a pu catastrophiquement le re-noter la semaine dernière une réalité au sens propre du terme. La cruauté de l’organisation de nos services publics aujourd’hui fait qu’il n’y aurait plus besoin de voter des budgets supprimant les crédits de la fonction publique, ils attendent mais que les travailleurs mettent fin à leur jours. C’est une inhumanité sans nom. C’est une barbarie.

Lorsque certain(e)s souhaitent monter des murs, refermer la porte de l’immigration, se replier sur soi, quand ce n’est pas un mépris de classe contre celles et ceux qui vivent dans les ghettos savamment construits ; alors un racisme avéré et/ou larvé progresse aussi rapidement que les violences policières ou le chômage inhérent au système qui amène en même temps nos collègues à des gestes désespérées.

C’est une même matrice, le système capitaliste.

Dans le système de la misère organisé(e), le revenu universel tel qu’il est proposé amène la société entière dans une impasse. Un cul-de-sac, cela ne constitue pas une solution pour les plus de 8 millions de privés d’emploi, ni pour les non relations sociales que cela implique : non relations entre personnes tout simplement, non cotisations sociales dans un système solidaire et non système de production dans notre pays. Si l’on voulait exclure tout un pan de la population qu’on s’y prendrait pas autrement.

Ce mal vivre au travail ne peut que déborder sur toute notre vie.

>>>Quand celui-ci occupe l’essentiel de nos journées.
>>>Que cela permette de subvenir à nos besoins.
>>>Quand on compte une personne active sur sept privé(e) d’emploi.
>>>Quand on vend notre force de travail sur un marché similaire à celui de bestiaux au nom de la liberté économique.
>>>Quand loi travail rime avec suppression d’emploi.
>>>Quand du jour au lendemain on peut basculer dans le cauchemar parce que l’ employeur est parti avec les machines.

Alors l’ensemble de nos vies devient précaire, comme nos insomnies, nos relations sociales, nos logements, bref TOUTE notre vie est affectée, dans tous ces aspects.

Le capitalisme nous méprise. Les personnes qui font fonctionner ce système inhumain, et redoublant d’intelligence dans cette atrocité, sont dans un monde parallèle.

Dans notre monde, nous nous serrons les coudes quand l’emploi vient à manquer, parce que nous savons bien que le travail lui existe. Et nous souhaitons que le salaire soit socialisé.

Dans notre monde on s’organise collectivement pour lutter quand les patrons prennent des décisions injustes, ce sont toutes les manifestations qu’il y a eu toute la semaine dernière du 6 au 13 mars, on peut d’ailleurs difficilement les énumérer et cela continue le 21 mars à l’appel interprofessionnel de la seule CGT au niveau national.

Dans notre monde on passe dire bonjour aux collègues, savoir si cela ce passe bien, comment s’organise le travail, et voir même si l’on peut faire quelque chose pour changer la situation. On se saisit de l’outil syndical, pour qu’il soit notre propriété de travailleurs(es), de jeunes, où chacun « compte pour un ».

Dans notre monde on prend nos outils, on cherche ensemble le marteau et la faucille.

Dans notre monde on se bat, le drapeau rouge flottant, le poing levé toujours plus haut, l’autre main proposée à l’autre, la voix haute pour crier face à l’inhumanité du capitalisme.

Loin des fausses querelles électorales, avec nos compagnons souffrants, mais qui ne baissent pas les bras, nous entendons reconstruire un espoir du tous ensemble pour redonner aux luttes et à l’espoir, un débouché politique , que nous appelons notre COMMUNISME de ce millénaire.

Cela passe par une société collective, on construit la solidarité et nous faisons vivre la fraternité.

 

CNT, nos ennemis sont des ennemis de classe

« Victimes des violences policières, patronales, racistes et sociales, nous sommes tous de cette même classe, indique le syndicat. Notre ennemi n’est pas tel peuple, telle religion ou telle communauté, notre souci n’est pas que nos dirigeants soient «  nationaux  » ou «  européens  », le chômage et l’insécurité ne sont pas dus aux immigrés ou aux pauvres. Nos ennemis ce ne sont pas plus les Arabes, les Noirs, les juifs ou les musulmans ou supposés tels, qui «  refuseraient de s’intégrer  » et ne voudraient pas reconnaître les «  bienfaits de la colonisation  », que les «  Juifs des médias et de la finance  », selon les termes d’un vieil antisémitisme d’extrême droite qui reste malheureusement d’actualité. Non, nos ennemis ne se définissent pas par leur origine ou leur confession, mais par le rôle social qu’ils jouent au quotidien : ce sont ceux qui nous dirigent politiquement et économiquement et qui nous mènent droit dans le mur en cherchant coûte que coûte à préserver un système capitaliste et politique qui ne sert que leurs intérêts. Nos ennemis sont des ennemis de classe.. »

Reprenons le texte du syndicat...

Michel Peyret


Syndicat interprofessionnel de la presse, des médias, de la culture et du spectacle

Matraquage à tous les étages : la répression et la division, derniers remparts du capitalisme en crise

jeudi 16 mars 2017

« Gouverner, c’est mettre vos sujets hors d’état de vous nuire et même d’y penser, ce qui s’obtient soit en leur ôtant les moyens de le faire, soit en leur donnant un tel bien-être qu’ils ne souhaitent pas un autre sort »
- Machiavel, Le Prince

S’il est bien une chose de sûre dans nos sociétés contemporaines, c’est que la classe dirigeante, qu’elle soit économique ou politique, qu’elle soit aux commandes ou qu’elle y aspire, a bien intégré les recommandations de Machiavel. Car alors que depuis des décennies la crise économique, sociale et écologique, s’est emparée du monde, et que le «  don de bien être  » passe chaque jour à la moulinette de l’austérité, c’est bien d’une «  mise hors d’état de nuire des sujets  » qu’il s’agit.

Pour cela, les armes sont malheureusement connues et bien rodées. D’abord, diviser pour mieux régner. Créer des ennemis intérieurs comme extérieurs. Qu’ils soient Roms «  voleurs de poules  », migrants «  qui mangent notre pain et prennent notre travail  », musulmans «  qui se radicalisent  », chômeurs «  assistés et fainéants  », jeunes «  délinquants ou casseurs de manifestation  », ouvriers «  terroristes séquestrant leurs patrons  », fonctionnaires «  trop coûteux et privilégiés  » ou grévistes «  prenant le peuple en otage  », il faut montrer du doigt les nouveaux barbares. Et face à ces barbares, il faut unir la «  Nation  », protéger la «  République  ». Et pour ce faire, rien de plus simple : rétablir l’autorité de l’État et renforcer son bras armé, policier et militaire. Et il faut matraquer surtout : physiquement en premier lieu, mais aussi juridiquement et idéologiquement.

Matraquer pour faire mal et pour faire peur, d’abord. La police est notamment là pour ça. Il n’y a pas de bavures, il y a un maintien de l’ordre qui s’adapte à la situation. Et quand l’ordre libéral et étatique est contesté, alors la police améliore son armement et tape plus fort, quitte à violer, à blesser gravement, voire à tuer. Puis justifie, bien entendu sa violence en la présentant comme seule légitime et comme nécessaire pour défendre la «  démocratie  » et la prétendue «  paix sociale  ».

Matraquer pour faire comprendre qui est le maître ensuite, et pour imposer sa loi. La justice à deux vitesses s’ébranle qui sait prendre son temps pour les millions détournés des Fillon, Dassault, Balkany, Le Pen et autres Cahuzac, et jette en prison ceux qui ont le malheur d’avoir volé de quoi manger, briser un Abribus, retenu quelques heures son DRH, ou simplement être «  mal né  », dans le mauvais quartier, avec la mauvaise couleur de peau et une famille pas assez riche...

Mais ça ne suffit pas, il faut aussi matraquer idéologiquement, car il faut que la population ne s’offusque pas trop de ce déchaînement de violence et n’aille pas s’imaginer quel en est le but véritable. Le discours politique prend alors le relais qui crée ces ennemis intérieurs : immigrés pas très chrétiens, manifestants violents, grévistes agressifs, migrants terroristes, etc. Et comme ça ne suffit toujours pas, s’y ajoute ensuite l’image d’un monde en guerre, car les barbares ne sont pas que «  chez nous  », ici en France, ils sont «  partout  ». Cette fois, l’État bombarde, l’armée entre en scène et défend «  nos  » frontières, «  nos  » intérêts, contre l’étranger qui veut notre perte...

Matraquage social enfin, car là est bien le but final. Précariser, flexibiliser, sérialiser, individualiser, détruire tous les droits et cadres sociaux conquis de haute lutte. Chacun doit devenir une petite entreprise gérant son capital et le faisant fructifier par ses efforts, son mérite, son travail... Matraquer l’ordre libéral comme seul horizon possible, appeler au sacrifice de soi et du collectif pour éviter la faillite. Matraquer que l’homme est un loup pour l’homme, matraquer la concurrence naturelle et nécessaire, matraquer que l’esprit de compétition est notre seule issue. Et tant pis pour les perdants, ils n’auront droit qu’à la matraque, physique cette fois jusqu’à la plus dure et la plus brute des violences.

On ne peut que concéder une qualité à nos dirigeants : ils savent gérer l’art du matraquage pour défendre leur richesse et leur pouvoir. Ils savent détourner les regards de leurs responsabilités vers des ennemis imaginaires. Ils savent manipuler les peurs et l’angoisse pour se poser en «  sauveurs  » et «  protecteurs  ». Ils savent blesser, humilier et réprimer surtout ceux qui ne rentrent pas dans leur ordre. Ils savent en fait nous diviser quand notre unité pourrait être notre force, et donc leur faiblesse.

Ce nous, cette unité, c’est notre classe. Celle des prolétaires, ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, ceux qui galèrent pour trouver un emploi ou un logement, ceux qui vivent dans des quartiers périphériques ou des campagnes délaissées, ceux pour qui l’accès aux services publics, à la culture ou à la santé est une bataille quotidienne, ceux qui s’entassent dans des bus Macron ou des trains et RER surchargés quand d’autres se pavanent en voiture avec chauffeurs, ceux qui s’entassent dans des appartements trop petits quand d’autres s’étalent dans leurs châteaux de Saint-Cloud, leur paquebot de Nanterre ou leur manoir de la Sarthe... Bref, ceux qui créent toutes les richesses mais qui n’en profitent que rarement et surtout ne décident de rien. Ceux qui sont du mauvais côté de la matraque, du Flash-Ball ou de la grenade. Ceux à qui on demande de temps en temps de voter pour ceux qui nous matraqueront ensuite...

Victimes des violences policières, patronales, racistes et sociales, nous sommes tous de cette même classe. Notre ennemi n’est pas tel peuple, telle religion ou telle communauté, notre souci n’est pas que nos dirigeants soient «  nationaux  » ou «  européens  », le chômage et l’insécurité ne sont pas dus aux immigrés ou aux pauvres. Nos ennemis ce ne sont pas plus les Arabes, les Noirs, les juifs ou les mulsumans ou supposés tels, qui «  refuseraient de s’intégrer  » et ne voudraient pas reconnaître les «  bienfaits de la colonisation  », que les «  Juifs des médias et de la finance  », selon les termes d’un vieil antisémitisme d’extrême droite qui reste malheureusement d’actualité. Non, nos ennemis ne se définissent pas par leur origine ou leur confession, mais par le rôle social qu’ils jouent au quotidien : ce sont ceux qui nous dirigent politiquement et économiquement et qui nous mènent droit dans le mur en cherchant coûte que coûte à préserver un système capitaliste et politique qui ne sert que leurs intérêts. Nos ennemis sont des ennemis de classe. Il ne tient qu’à nous de ne plus être seulement des victimes, mais de devenir des acteurs, conscients de notre force. La solidarité est notre arme. Contre ceux qui cherchent à nous diviser et à nous criminaliser pour asseoir leur pouvoir, il nous faut nous unir, nous organiser, nous entraider, entre égaux.

Tout commence, l’avenir est entre nos mains. Dès aujourd’hui, exigeons dans l’unité et la dignité : la justice pour toutes les victimes et leurs familles ; la libération et l’amnistie de tous les militants condamnés pendant le mouvement contre la loi travail ou leur lutte syndicale (Goodyear) ou sociale (NDDL, Bure, etc.) ; le désarmement de la police et la révocation des policiers auteurs de violences ou de propos discriminatoires (racistes, sexistes, homophobes) ; le remplacement de l’IGPN par une organisation indépendante avec des membres de la société civile ; la liberté de manifester et la fin de l’état d’urgence.

Ceci ne sera qu’une étape. Un premier pas vers la reconstruction de notre solidarité et unité de classe, vers la remise en cause de l’exploitation économique et sociale, de la domination et la répression étatique, et des discours et actes racistes.

Pour un autre futur égalitaire et libertaire organisons-nous !

Documents joints

Camille Loty Malebranche, l'homme génère civilisations et sociétés

« La réalité humaine, indique Camille Loty Malebranche, est la grande événementialité spatio-temporelle de cette espèce en marche qui fait l’histoire et ne se contente pas d’y appartenir par fatalité existentielle. Tous les êtres matériels ne sont que des patients de l’histoire. L’univers entier est, selon ce que nous en savons, un grand mû du temps où il évolue, naît et meurt en se renouvelant sans cesse. Face à ce patient inconscient, l’homme est lui, dans sa petite sphère sur ce minuscule point qu’est la terre, un agent historique, un moteur vivant de l’histoire en tant qu’il fait l’action qui orchestre les événements de l’histoire. Sur terre, alors que tous sont géographiques et n’ont d’histoire que l’anamnèse de leur existence, l’homme marque le temps et refaçonne l’espace en générant la civilisation et les sociétés... »

Reprenons les réflexions de Camille Loty Malebranche...

Michel Peyret


Qu’est-ce que la réalité humaine?

16 Mars 2017

Par Camille Loty Malebranche

 

Ce que j’appelle la réalité humaine est précisément l’existence de l’espèce dite humaine dans sa manifestation insolite, culturophore au cœur de cette présence globalisatrice et préhumaine dont il vient, qu’est la nature. La réalité humaine nous met en scène, l’être indéfinissable qu’est l’homme, comme élément porteur d’une conscience abstractive et créatrice, élément donc ultraspécifique et sans pareil de la nature, dont la conscience ne cesse de transcender la nature. C’est le champ du rapport imaginaire et matériel de l’homme à lui-même à l’univers, à l’être, aux institutions et à autrui.

J’appelle la pensée et l’action « embrayeurs de la réalité humaine » en tant que c’est par elles que l’homme entre en contact avec le monde et se manifeste comme être au monde comme existence consciente. Comme les embrayeurs linguistiques qui permettent le démarrage, l’enclenchement des énoncés, la pensée et l’action enclenchent la réalité humaine dans l’univers pour créer toute la culture, cette expression ontologique de l’espèce humaine s’ajoutant à la nature, cette modalité existentielle qui génère le monde comme le faire humain ajouté à l’univers. Car l’univers, comme je l’ai dit ailleurs, devient monde par la présence de l’homme.

La réalité humaine est la grande événementialité spatio-temporelle de cette espèce en marche qui fait l’histoire et ne se contente pas d’y appartenir par fatalité existentielle. Tous les êtres matériels ne sont que des patients de l’histoire. L’univers entier est, selon ce que nous en savons, un grand mû du temps où il évolue, naît et meurt en se renouvelant sans cesse. Face à ce patient inconscient, l’homme est lui, dans sa petite sphère sur ce minuscule point qu’est la terre, un agent historique, un moteur vivant de l’histoire en tant qu’il fait l’action qui orchestre les événements de l’histoire. Sur terre, alors que tous sont géographiques et n’ont d’histoire que l’anamnèse de leur existence, l’homme marque le temps et refaçonne l’espace en générant la civilisation et les sociétés.

La réalité humaine est donc aussi le surgissement de l’artificiel que l’humain ajoute au naturel terrestre. Et, malgré la connotation matérielle de l’idée de la réalité, en ne peut y soustraire toute la question métaphysique qui est celle de l’anthropologie comme ontologie de l’homme et de son interaction avec le monde : pourquoi la nature humaine est-elle transformatrice de la nature par la culture? Pourquoi l’homme est-il si unique dans sa capacité imaginaire imaginative et démiurgique? Pourquoi l’homme est-il téléologique et même sans la foi, veut comme demeurer ne serait-ce que dans la mémoire du monde?

La réalité humaine telle que perçue nous dévoile un être dont certaines dimensions sont incernables à toute science ou discursivité, un mystère que nul ne peut prétendre percer par la seule objectivation et mensuration scientifique, précisément parce qu’elle charrie tous les non réels c’est-à-dire les parts immatérielles que sa vie manifeste et imprime au monde qu’il crée en prolongement à son coin de cosmos quest la terre.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016 

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Tag(s) : #Monde du Concept

24 mars 2017

Alex Lantier, débat présidentiel, la faillite du système politique

"La bourgeoisie française aujourd'hui, nous dit Alexandre Lantier, est incapable de traiter de sujets pareils devant des millions de gens. Alors que la France et l'Allemagne se réarment toutes les deux et se préparent à de nouvelles guerres, toutes les structures qui étaient censées empêcher une nouvelle guerre sur le continent européen risquent de voler en éclats. Ce débat est un avertissement pour la classe ouvrière: ce qui se prépare est une tentative de déplacer tout l'échiquier politique en France et à travers le monde très loin vers la droite, avec des conséquences dévastatrices pour les travailleurs. Le caractère très restreint des différences entre Le Pen et les autres candidats souligne qu'une stratégie d'empêcher la formation d'une dictature en votant pour les partis « traditionnels » afin de barrer la route à Le Pen est un leurre. Le système politique français a fait faillite. Quelles que soient les différends qu'un président Macron pourrait avoir avec une présidence FN, ce sont sur des questions de tempo et d'orientation stratégique mondiale qui sont dans l'analyse finale secondaires... »

Reprenons le compte-rendu du débat par Alexandre Lantier...

Michel Peyret


Débat présidentiel du 20 mars : la classe politique vire vers l'extrême-droite

Par Alexandre Lantier
22 mars 2017

Lundi soir, 9,8 millions de téléspectateurs ont regardé sur TF1 un débat de plus de trois heures entre les cinq candidats qui dominent les sondages dans la campagne présidentielle. Ceci souligne l'intérêt des Français pour une campagne marquée par des crises historiques : l'effondrement du PS sous François Hollande face à la colère et à la désillusion des travailleurs, l'élection de Donald Trump aux USA, et l'essor électoral du candidat néo-fasciste, Marine Le Pen. Plus de la moitié des électeurs ne savent toujours pas pour qui ils vont voter.

Deux ans après l'aveu de Hollande qu'une guerre « totale » avec la Russie est possible, des conflits d'une intensité inconnue depuis les années 1940 traversent le capitalisme français et mondial. Samedi, le candidat préféré de Hollande, Emmanuel Macron, avait annoncé qu'il comptait imposer le service militaire universel face à une « époque » de grandes guerres qui se prépare. Et la semaine précédente, les banques européennes avaient rencontré les conseillers de Marine Le Pen, qui selon la banque suisse UBS aurait 40 pour cent de chances de remporter l'élection.

Toutefois, ces conflits n'ont trouvé aucun écho réel dans le débat, même s'il opposait cinq candidats censés représenter toutes les grandes « familles » de la politique française. Malgré l'inclusion du FN dans le débat, et la possibilité réelle que la France pourrait se retrouver d'ici deux mois avec son premier gouvernement fasciste depuis l'Occupation nazie, une unanimité ponctuée de critiques mineures et convenues a prédominé pendant la plupart de l'émission.

Le Monde, après avoir chanté les louanges d'un débat au format « inédit, bousculant les usages de la Ve République », a avoué que c'était une discussion « calme et corsetée », voire « une confrontation sans débat » aux airs « d'émission de divertissement », et conclu : « Tout ça pour ça » ?

Sur la préparation d'une grande guerre, l'état d'urgence, et les liens manifestes entre la haute finance et l'ex-ministre PS Macron qui est à présent le favori des sondages, les candidats sont tombés d'accord pour ne rien dire. Les « passes d'armes » stylisées entre les barons de la politique que sont Le Pen, le très catholique et austéritaire François Fillon, Macron, le candidat PS Benoît Hamon, et le populiste ex-dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon se déroulaient toutes sur un terrain qui ne gênerait personne—les banques, l'Etat, ou les autres candidats.

Le débat a abordé les questions de société (éducation, santé, religion, politique sécuritaire), puis l'économie et finalement, assez brièvement, la politique étrangère.

Les commentaires de Marine Le Pen sur les sujets de société ont laissé clairement entrevoir qu'un gouvernement FN s'orienterait vers une politique qui viserait en substance à interdire non seulement l'immigration mais aussi la pratique de l'Islam en France. En limitant le nombre d'immigrés à 10.000 par an et en interdisant le port du voile islamique dans tout espace public, le FN suivrait le parcours tracé par Trump, en évoluant vraisemblablement à une vitesse supérieure.

Les critiques émises par les autres candidats n'ont rien fait pour mettre l'électorat en garde contre l'ampleur du danger ; en fait, ils soutiennent tous les politiques sécuritaires et antimusulmanes que Le Pen veut renforcer. Quand Le Pen a proposé d'interdire le voile islamique, Mélenchon s'est moqué d'elle : « Vous ne pouvez pas aller jusqu'à établir une police du vêtement dans la rue ! Avez-vous l'intention d'empêcher aussi les gens qui portent des cheveux verts ou d'autres qui portent des jupes trop courtes ou trop longues ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire » ?

En fait, c'est une une loi défendue par le Front de gauche, l'interdiction intégrale du port de la burqa dans les espaces publics préparée en 2009 par la droite et le député stalinien André Gerin, qui a déjà transformé la police française en police du vêtement. L'interpellation violente d'une femme portant la burqa et de son mari à Trappes, en 2013, a d'ailleurs provoqué des heurts entre la police et les habitants de cette banlieue de Paris.

A un moment, Hamon a vite déstabilisé Macron, qui est ex-cadre de la banque Rothschild, en l'interrogeant timidement sur ses liens avec le grand patronat : « Le problème n’est pas que des gens riches financent votre campagne. Pouvez vous prendre l’engagement ici que parmi ces personnes qui ont fait des dons importants, il n’y a pas plusieurs cadres de l’industrie pharmaceutiques, de l’industrie bancaire ou pétrolière ? »

Face au désarroi de Macron – qui a répondu, « Où va-t-on? Je ne fais pas un contrôle d'identité. Ça n'a aucun sens. L'identité est protégée par la loi. Je prends l'engagement de n'être tenu par personne ... Je suis libre ... le financement est transparent » – Hamon a vite battu en retraite. Estimant sans doute qu'une critique trop poussée de son ex-camarade dans le cabinet ministériel de Hollande l'entraînerait sur un terrain qui pourrait aussi lui être dangereux, Hamon a jugé bon de conclure que Macron pourrait prendre des décisions intéressées sur les médicaments.

Les divergences qui se sont fait le plus sentir sont apparues en fin d'émission sur le terrain de la politique étrangère, sur la Russie et l'euro. Fillon a répété certaines des positions prorusses qui lui ont valu d'être investigué et puis ciblé par les médias pour une campagne de presse autour d'emplois fictifs suspectés qu'il aurait arrangés pour sa femme Penelope.

« Parce que nous sommes des Occidentaux, nous pensons que nous pouvons tout faire, envahir l’Irak, régler l’ordre dans toute une partie du monde… (Mais) Il faut moins engager les armées que ne l’a fait Hollande », a déclaré Fillon, avant de traiter la guerre menée par la France contre l'Etat islamique d' « échec », en expliquant : « nous aurions dû la conduire avec la Russie et les partenaires du Proche-Orient ».

Ceci a valu à Fillon une attaque de la part de Hamon, qui a défendu la ligne du gouvernement PS et de la CIA : « Vouloir conduire cette lutte contre Daech aux côtés du régime d'Assad, cela dit beaucoup sur le président que vous allez être ».

Alors que l'élection d'un gouvernement frontiste signalerait très possiblement la dissolution de l'euro et de l'Union européenne, l'Europe a été selon l'expression de FranceInter « La grande absente d'un non-débat » lundi soir. Fillon a évoqué l'euro en passant, en attaquant Le Pen en tant que « serial killer du pouvoir d'achat » parce qu'elle prône l'abandon de l'euro et le retour au franc, une devise nationale qui chuterait face à l'euro dopé par la force à l'exportation de l'économie allemande.

Le fait que ce sujet ait été traité de la sorte lors d'un débat présidentiel souligne la désorientation et la superficialité de plus en plus marquée du débat politique officiel en France. La valeur de la devise européenne a été un argument de poids en faveur de l'UE auprès des classes possédantes françaises, bien sûr. Cependant, la bourgeoisie européenne a lancé le projet de l'intégration européenne, après la Deuxième Guerre mondiale, surtout afin d'éviter une troisième guerre entre les grandes puissances européennes.

La bourgeoisie française aujourd'hui est incapable de traiter de sujets pareils devant des millions de gens. Alors que la France et l'Allemagne se réarment toutes les deux et se préparent à de nouvelles guerres, toutes les structures qui étaient censées empêcher une nouvelle guerre sur le continent européen risquent de voler en éclats.

Ce débat est un avertissement pour la classe ouvrière: ce qui se prépare est une tentative de déplacer tout l'échiquier politique en France et à travers le monde très loin vers la droite, avec des conséquences dévastatrices pour les travailleurs.

Le caractère très restreint des différences entre Le Pen et les autres candidats souligne qu'une stratégie d'empêcher la formation d'une dictature en votant pour les partis « traditionnels » afin de barrer la route à Le Pen est un leurre. Le système politique français a fait faillite. Quelles que soient les différends qu'un président Macron pourrait avoir avec une présidence FN, ce sont sur des questions de tempo et d'orientation stratégique mondiale qui sont dans l'analyse finale secondaires.

La seule stratégie viable à présent est la construction d'un mouvement politiquement indépendant dans la classe ouvrière en lutte contre la guerre et défendant les droits démocratiques.


Aujourd'hui

Le dépassement du travail salarié...

« Il est donc indispensable, indique la lettre d'information, de réfléchir ensemble à un projet politique de dépassement du travail salarié et de la production industrielle à grande échelle, de diminuer la durée des activités inutiles et nuisibles afin de dégager du temps libre à consacrer individuellement à nos réels désirs, et collectivement à l’organisation autogérée de notre société débarrassée des impératifs de l’économie capitaliste. C’est l’utopie de l’autogestion et du contrôle ouvrier, de l’unité du travail et de la vie, de l’activité professionnelle comme épanouissement total de l’individu... »

Revenons-en à la Lettre d'Information...

Michel Peyret


Festival CNT 2017 : travail en révolution(s)

les 23, 24 et 25 juin à la Parole errante

Lettre d'information de la CNT en région parisienne

Cette année encore, les militant-es de l’Union des syndicats CNT de la région parisienne ont le plaisir de vous convier du 23 au 25 juin 2017 à la Parole errante à Montreuil pour son festival.

Après la mobilisation du printemps 2016 contre la loi travail et les mois de luttes contre ce passage en force, la CNT a décidé de prolonger les réflexions critiques ranimées par ce mouvement. C’est pourquoi une grande partie du festival 2017 abordera les nombreuses critiques à l’encontre de la domination du travail sous régime capitaliste.

Aujourd’hui, le travail consiste pour les individus à produire et échanger des biens et des services afin de pouvoir vivre. Cette domination sociale de la marchandise se fait passer pour une nécessité naturelle. Le capitalisme n’est pourtant pas un fait naturel. Ce n’est pas quelque chose qui existe depuis toujours. Il peut donc être éliminé. La plupart des sociétés humaines qui ont existé ont vécu sans capitalisme. La vie sociale n’y était pas structurée par l’échange ou le travail.

Actuellement, le contrat salarial admet comme une enclave illégitime dans la société démocratique, l’état de subordination du salarié vis-à-vis de son employeur qui lui a acheté son temps de travail. Mais pire encore, avec le néolibéralisme, ce compromis ne suffit même plus aux capitalistes. Il ne s’agit plus seulement aujourd’hui d’accomplir son travail en échange d’un salaire. Le salarié doit s’impliquer en intégrant les impératifs de compétitivité de l’entreprise et du marché. Par l’autoentreprenariat ou microentreprenariat, le rapport au donneur d’ordre change au détriment de l’exécutant, mettant en concurrence les statuts pour un travail semblable, baissant les salaires, dissimulant le rapport de subordination.

Avec les nouveaux dispositifs de management de la performance dont l’un des effets est de générer encore plus de souffrance pour les travailleurs, l’antagonisme entre employeurs et salariés est supplanté par la mise en concurrence des individus afin de dissoudre toute forme de résistance collective.

Il est donc indispensable de réfléchir ensemble à un projet politique de dépassement du travail salarié et de la production industrielle à grande échelle, de diminuer la durée des activités inutiles et nuisibles afin de dégager du temps libre à consacrer individuellement à nos réels désirs, et collectivement à l’organisation autogérée de notre société débarrassée des impératifs de l’économie capitaliste. C’est l’utopie de l’autogestion et du contrôle ouvrier, de l’unité du travail et de la vie, de l’activité professionnelle comme épanouissement total de l’individu.

Comme pour les éditions précédentes, de nombreux débats et manifestations seront consacrés à d’autres thèmes comme l’antimilitarisme, la Révolution de 1917, l’expérience de municipalisme libertaire au Rojava et bien d’autres choses.

Cette nouvelle édition sera l’occasion aussi de réaffirmer encore notre solidarité avec ce lieu de création populaire qu’est la Parole errante, dont l’avenir est aujourd’hui menacé par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

Comme chaque année, les militantes et les militants de la CNT vous convient donc autour de leur cuisine et de leur bar autogérés, de débats, de films, de pièces de théâtre et bien sur de concerts. Pour un week-end sous le règne de l’autogestion et une belle parenthèse en utopie.

Venez nombreuses et nombreux vous libérer du travail avec nous 

Lucien Sève, Marx et le Capital, la place de l'individu

« Mais il y a aussi, nous dit Lucien Sève, ce qu’on n’attend pas du tout, au point que sa présence a été gravement sous-estimée, qu’elle l’est toujours, quand elle n’est pas même ignorée: c’est l’individu. Car l’économie au sens où l’entend Marx dans le Capital est beaucoup plus que l’économique, c’est la base de tous les rapports sociaux, c’est-à-dire de ce qui fait de nous les humains que nous sommes; c’est l’anthropologique en sa double dimension, celle de la collectivité et celle de l’individualité. Je vais quant à moi jusqu’à soutenir que le Capital est d’aussi profonde portée pour penser l’individualité que la collectivité. Qu’il touche au fond de la biographie des personnes autant que de l’économie des sociétés, l’une ne pouvant se comprendre vraiment sans l’autre... »

Reprenons le texte de A l'encontre...

Michel Peyret


Débat. «Au centre du Capital: l’individu»

Publié par Alencontre le 14 - mars - 2017

Editions sociales. GEME, novembre 2016

Par Lucien Sève

[A l’occasion de la publication aux Editions sociales de la nouvelle traduction du Livre I du Capital, dans le cadre de la Grande Edition de Marx et d’Engels (Geme)].

Qui n’a pas vraiment lu le Capital pense bien savoir ce qu’il contient: une «critique de l’économie politique», traitant donc de réalités purement sociales – marchandise, monnaie, travail, valeur, survaleur, taux de profit…, donc exploitation de classe, et pour finir, à l’horizon, société sans classes. Et il y a bien en effet tout cela dans cette grande œuvre.

Mais il y a aussi ce qu’on n’attend pas du tout, au point que sa présence a été gravement sous-estimée, qu’elle l’est toujours, quand elle n’est pas même ignorée: c’est l’individu. Car l’économie au sens où l’entend Marx dans le Capital est beaucoup plus que l’économique, c’est la base de tous les rapports sociaux, c’est-à-dire de ce qui fait de nous les humains que nous sommes; c’est l’anthropologique en sa double dimension, celle de la collectivité et celle de l’individualité. Je vais quant à moi jusqu’à soutenir que le Capital est d’aussi profonde portée pour penser l’individualité que la collectivité. Qu’il touche au fond de la biographie des personnes autant que de l’économie des sociétés, l’une ne pouvant se comprendre vraiment sans l’autre.

Le plein développement de tous les individus en est un complément décisif

Il faudrait des pages pour étoffer ce propos [1]. Mais on peut s’en expliquer en quelques lignes. Le développement des forces productives est immédiatement aussi celui des capacités personnelles. Et il en est venu, montre Marx, à exiger «sous peine de mort» des individus intégralement développés (Livre I, chapitre 13). Aller vers cette plus haute civilisation a pour condition obligée la réduction toujours plus ambitieuse du temps de travail nécessaire, l’augmentation du temps libre pour le développement des capacités et des jouissances supérieures (Livre III, chapitre 48). Un des mérites historiques du capitalisme est d’avoir libéré l’individu de dépendances ancestrales, mais en même temps la dictature de l’appropriation privée des richesses sociales engendre à la fois la rapacité sans borne de l’individu concurrentiel et l’aliénation sans rivage de l’individu dépossédé. L’issue, la seule issue, c’est d’en venir à l’appropriation à la fois commune et «individuelle» – je cite Marx – des moyens sociaux de production (Livre I, chapitre 24).

Je souligne: l’appropriation commune doit impérativement être en même temps individuelle, c’est-à-dire que chaque individu doit accéder pour de bon à la maîtrise collective du destin de tous et chacun. C’est là une dimension cruciale de la visée marxienne. Au Livre I, chapitre 22, page 575, figure cette définition du communisme: «une forme de société supérieure dont le principe fondamental est le plein et libre développement de chaque individu». La foncière incompréhension, le refoulement même de cette vue capitale de Marx, a été une faute dramatique du marxisme doctrinaire, du socialisme stalinisé, du mouvement communiste massifiant.

Le développement universel des forces productives est un présupposé absolu du passage à une société sans classes – thèse marxiste de base, qui fait comprendre bien des choses aux drames du XXe siècle. Le plein développement de tous les individus en est un complément décisif – thèse encore profondément sous-estimée. Il est vital pour la stratégie et la forme d’organisation de nos combats du XXIe siècle de la faire passer au premier plan de nos pratiques. Sortir enfin du capitalisme ne se fera que moyennant une vraie explosion d’initiative appropriative compétente et concertée des individus. Rien n’importe plus que de la favoriser.

____

[1] Parmi les ouvrages de Lucien Sève, nous en citerons trois: Penser avec Marx aujourd’hui. Tome 2: «L’homme» (Ed. La Dispute, 2008); Aliénation et émancipation (Ed. La Dispute, 2012); Pour une science de la biographie. Suivi de Formes historiques d’individualité (Les Editions sociales (2015). (Rédaction A l’Encontre)

Version Imprimante

Catégorie: Débats, Marxisme

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23 mars 2017

Hossein Mousavian, l'Iran et les Occidentaux

« Quand nous avons commencé à négocier, nous avons dit aux Américains et aux Européens que nous ne cherchions pas à nous procurer la bombe atomique, et ce n'était pas des paroles en l'air. Nous étions prêts à accepter un maximum de transparence, et nous avions les garanties que notre programme nucléaire n'allait pas se retourner contre l'OTAN. Nous voulions, comme bien d'autres pays, avoir des droits et bénéficier d'un programme nucléaire pacifique. Mais les États-Unis ont été fermes : zéro enrichissement d'uranium. L'Iran était face à trois choix : soit lever la main et demander ses droits, soit se retirer du TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires), soit résister, et c'est ce que nous avons fait. Nous ne pouvions pas sacrifier les droits légitimes d'une nation entière. En mars 2005, avant les élections, quand personne n'imaginait que Mahmoud Ahmadinejad serait élu, nous avons proposé un « package » aux Européens. Ces derniers étaient plutôt contents que nous puissions nous entendre sur les trois points : les garanties de non-diversion de l'énergie nucléaire à des fins militaires, une transparence maximale et un programme nucléaire ouvert. Mais les Américains ont refusé... »

Reprenons l'interview de Hossein Mousavian...

Michel Peyret


« L’Iran est encerclé par les Américains »

L’ancien diplomate iranien Hossein Mousavian. Photo fournie par Hossein Mousavian

Entretien

Hossein Mousavian, chercheur à l'université de Princeton, ancien officiel et diplomate iranien, était l'invité de l'Institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales à l'AUB, lors d'une conférence, mercredi dernier, portant sur les enjeux du nucléaire dans la région et dans le monde.

Propos recueillis par Caroline HAYEK | OLJ

17/03/2017

Depuis 2011, le monde arabo-musulman a connu d'énormes bouleversements, et on a l'impression que l'Iran a été l'un des grands gagnants de ces dernières années. La République islamique a-t-elle les moyens de devenir la puissance de tutelle régionale ?

Ceux qui accusent l'Iran d'avoir une politique hégémonique veulent tromper l'opinion publique. Tout d'abord, il faut savoir ce que signifie une hégémonie dans la région. Je pense que ni l'Iran, ni l'Égypte, ni l'Arabie saoudite ne peuvent l'être au niveau régional. De leur côté, nos voisins arabes ont préféré inviter des puissances étrangères afin de maintenir la sécurité dans la région, et ce depuis des dizaines d'années. Cela a montré que c'est une mauvaise option. Ce qui est possible en revanche, c'est d'établir une coopération sécuritaire, comme c'est le cas en Europe. Les différences historiques entre l'Allemagne et la France, ou entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne, étaient bien plus importantes que celles entre l'Iran et l'Arabie saoudite. Mais ces pays ont été assez intelligents, après des années de course à l'hégémonie, pour mettre tout cela de côté, et coopérer. C'est ce que l'Iran a proposé à ses voisins, juste après la guerre du Golfe. Hachemi Rafsandjani était président de la République islamique, j'étais moi-même ambassadeur en Allemagne, et Hans-Dietrich Genscher était ministre des Affaires étrangères allemand. M. Genscher est venu en Iran en 1991, où il a rencontré le président Rafsandjani, afin de proposer un projet de coopération régionale dans le golfe Persique (Arabo-Persique, NDLR). Le président iranien lui a laissé carte blanche. Après la réunion, M. Rafsandjani a envoyé son ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati, dans tous les pays du Golfe afin de proposer le plan. Vous ne pouvez imaginer combien le ministre allemand était surpris et heureux à ce moment-là. Il est allé à Washington, mais il s'est fait envoyer sur les roses. Depuis, nous avons constamment réitéré la proposition aux pays du Golfe. Je me suis moi-même réuni en 1996 avec le roi Abdallah (régent à l'époque), à Djeddah. Nous avons discuté durant quatre nuits, de 23h jusqu'à 5h du matin, avec le fils de M. Rafsandjani et le prince Turki al-Fayçal, alors directeur de l'Agence saoudienne de renseignements. Nous nous sommes mis d'accord sur des relations bilatérales, mais pas sur une coopération régionale. Les Saoudiens ont dit que « leur boss » (les Américains) n'était pas d'accord. Nous avons continuellement brandi cette stratégie de coopération. Pas plus tard que le mois dernier, notre ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a proposé un forum entre l'Iran, les pays du Golfe et l'Irak, afin de créer une coopération régionale.

Est-ce que l'expansion iranienne, via les milices chiites dans différents pays, accroît, selon vous, les rivalités sunnito-chiites ?

Tant que la rivalité perdure, tant que l'Arabie saoudite et les autres pays du Golfe continuent d'inciter les États-Unis à mettre la pression sur l'Iran, tant que ces pays continuent de flirter avec les Israéliens en pointant du doigt l'Iran et tant qu'ils continueront de manipuler la communauté internationale au détriment de la République islamique, les Iraniens ne resteront pas les bras croisés. Mais la plus grande menace sécuritaire, d'un point de vue iranien, est le fait que le pays soit encerclé par des dizaines de milliers de militaires américains, et des navires de guerre, en Irak, en Afghanistan, à Bahreïn, au Pakistan, en Turquie... Les Iraniens doivent créer une zone de sécurité pour leurs frontières. Les États-Unis font de l'Iran leur première menace sécuritaire. Et pendant 38 ans, ils ont tout fait pour que l'Iran s'effondre. C'est pourquoi la stratégie de l'Iran est celle de la défense de son intégrité.

Avec l'arrivée du nouveau président américain Donald Trump, l'Iran est à nouveau désigné comme une menace...

Donald Trump fera de même que les précédentes administrations américaines. Il vendra des milliards de dollars en armes aux pays arabes naïfs. Cela apportera encore plus d'instabilité dans la région.

Vous avez été le porte-parole de l'équipe iranienne lors des négociations sur le nucléaire de 2003 à 2005. Comment se passaient les négociations avec les Américains ?

Quand nous avons commencé à négocier, nous avons dit aux Américains et aux Européens que nous ne cherchions pas à nous procurer la bombe atomique, et ce n'était pas des paroles en l'air. Nous étions prêts à accepter un maximum de transparence, et nous avions les garanties que notre programme nucléaire n'allait pas se retourner contre l'OTAN. Nous voulions, comme bien d'autres pays, avoir des droits et bénéficier d'un programme nucléaire pacifique. Mais les États-Unis ont été fermes : zéro enrichissement d'uranium. L'Iran était face à trois choix : soit lever la main et demander ses droits, soit se retirer du TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires), soit résister, et c'est ce que nous avons fait. Nous ne pouvions pas sacrifier les droits légitimes d'une nation entière. En mars 2005, avant les élections, quand personne n'imaginait que Mahmoud Ahmadinejad serait élu, nous avons proposé un « package » aux Européens. Ces derniers étaient plutôt contents que nous puissions nous entendre sur les trois points : les garanties de non-diversion de l'énergie nucléaire à des fins militaires, une transparence maximale et un programme nucléaire ouvert. Mais les Américains ont refusé. Avant les élections, quand on s'imaginait encore que Hachemi Rafsandjani allait gagner, j'ai dit aux Européens que quiconque sera élu président redémarrera le programme nucléaire. Le calcul des Américains a été de nous imposer des sanctions drastiques, jamais imposées jusqu'alors, en espérant nous faire plier. Mais plus les sanctions ont été sévères, plus l'Iran a augmenté sa capacité d'enrichissement en uranium. Nous sommes un pays de résistance. Durant le second terme de la présidence de Barack Obama, il y a eu du renouveau au sein du gouvernement, et de bons partenaires pour les négociations ont émergé, comme John Kerry. La raison pour laquelle les États-Unis ont été amenés à négocier est parce qu'ils avaient échoué, après 38 ans de sanctions, à nous faire plier. L'accord conclu en 2015 est 100 % ce qui avait été proposé en 2005. Pourquoi les Iraniens ont accepté un enrichissement en uranium de moins de 5 %? Si vous écoutez un Américain, un Israélien ou un Saoudien, il vous dira que c'est à cause des sanctions. Mais nous avions proposé la même chose avant les sanctions.

(Lire aussi : Nucléaire iranien: Washington cherche encore sa position, selon le patron de l'AIEA)

Concernant la guerre en Syrie, l'Iran ne semble pas prêt à faire des concessions politiques. Quelle est votre vision du processus de résolution de la crise en cours?

Des concessions ? Pourquoi pas ? Il doit y avoir une réunion pour que toutes les parties s'accordent sur les principes de base. Si la Syrie s'effondre, on peut s'attendre à un effet domino. La souveraineté des pays arabes est le premier principe sur lequel on doit s'accorder. Puis, on devra s'entendre sur une véritable politique antiterrorisme pour la région. Il faudrait ensuite défendre les droits des minorités. Il faut surtout laisser le peuple décider de son futur, avec des élections en Syrie supervisées par l'ONU.

Quels sont les enjeux de la prochaine présidentielle en Iran ?

L'Iran est la nation la plus compliquée à ce niveau, car elle s'est toujours montrée imprédictible. En 1997, Mohammad Khatami ne s'attendait pas du tout à être élu. En 2005, personne ne pouvait prédire la victoire de Mahmoud Ahmadinejad. En 2013, Hassan Rohani a également été très surpris de remporter l'élection. Je pense que les gens ne disent pas la vérité lors des sondages, et qu'ils font leur choix à la dernière minute. Tous ceux qui s'amuseraient à prédire qui sera le prochain président serait naïf. Les démocrates vont soutenir M. Rohani. L'une des raisons pour laquelle les conservateurs ont perdu, est qu'ils avaient quatre candidats. Ils ne referont pas la même erreur cette fois-ci. S'ils parviennent à s'entendre, et à désigner un seul candidat, les élections promettent d'être intéressantes.

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Daniel Vanhove, UE, un projet militaire commun

« Ainsi, indique Daniel Vanhove l’essence même de ce qui a poussé les dirigeants de l’époque à la création d’une union pour la mettre à l’abri de nouveaux conflits dévastateurs comme son territoire en avait connu à deux reprises en quelques dizaines d’années, se solde 65 ans plus tard, au retour d’un projet militaire commun, au nom d’un dynamisme qui manquerait à l’élan européen.Le « capitaine de pédalo » qui restera sans doute comme l’un des pires présidents français des dernières décennies, signe-là une approche géopolitique des plus accablantes, souhaitant un retour de l’esprit belliciste européen en invitant certains de ses dirigeants – qui têtes baissées suivent déjà les injonctions de l’administration américaine – à dépenser plus d’argent au profit de l’armement plutôt qu’au profit de la paix, du bien-être social et de l’écologie, aussi urgentes l’une que l’autre !... »

Reprenons l'analyse de Daniel Vanhove...

Michel Peyret


Fr. Hollande, fossoyeur de la France, s’en prend à l’UE

Par Daniel Vanhove

Mondialisation.ca, 09 mars 2017

Hollande UE France

Dans une indifférence quasi générale dévoyée par « l’affaire Fillon », se tenait lundi 06 mars dans les ors de Versailles – tout à l’image des conditions de vie des populations européennes – un étrange mini-sommet rassemblant quatre des principaux pays de l’UE : l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie. Avec pour objectif officiel de tenter sortir l’UE de l’impasse et de la morosité qui la traverse depuis des années, particulièrement après les résultats désastreux de la politique d’austérité, suivie du coup de semonce du Brexit et suite à la crise des réfugiés que cette même UE s’est révélée incapable de gérer ; ainsi qu’en prévision d’élections majeures dans divers pays où les poussées d’une extrême-droite anti-européenne et plus forte que jamais se précise de jour en jour.

A première vue, qu’en retenir sinon cette langue de bois habituelle dont se satisfont ces chefs de gouvernements qui n’ont décidément rien compris au ras-le-bol des peuples face à une UE de technocrates qu’ils leur imposent ? Les pistes de relance se réduisent – il fallait s’en douter vu les participants qui se trouvent tous les quatre sur des sièges éjectables – à bien peu de choses, résumées ci-après à travers leurs formules éculées :

Fr. Hollande, (pénétrant) :

- il faut de nouvelles formes de coopérations, pour de nouveaux projets, ce que l’on appelle des coopérations différenciées ;

- quelques pays pourraient aller plus vite et plus loin dans des domaines comme la défense, la zone euro, l’harmonisation fiscale et sociale, la culture, la jeunesse ;

A. Merkel (sagace) :

- il faut avoir le courage que certains pays avancent plus rapidement que d’autres sans se fermer à ceux qui ont pris du retard ;

- mais, il faut pouvoir aller de l’avant ;

P. Gentiloni (perçant) :

- il faut une UE plus intégrée… mais, avec différents niveaux d’intégration ;

M. Rajoy (profond) :

- l’Espagne est disposée à aller plus loin dans l’intégration avec tous ceux qui voudront la poursuivre…

Pour tout observateur, on ne peut qu’être confondu par tant de perspicacité de la part de dirigeants de nations aussi puissantes sur la scène internationale… sans parler de ce que ce genre de sommet coûte aux contribuables.

Sauf qu’à y regarder de près, une chose devrait inquiéter les citoyens de l’UE. En effet, si l’on veut bien se rappeler l’un des éléments à l’origine de la création du « Marché commun », c’est l’immense champ de ruines de l’Europe après la guerre 39-45 et ses 60 millions de morts (après celle de 14-18 qui en avait déjà fait près de 20 millions). Au regard des conflits actuels, ces chiffres sont terrifiants, sans parler du nombre de blessés, mutilés et handicapés à vie. C’est donc dans une perspective de paix du vieux continent traversé par des guerres depuis des siècles, que le projet a pris forme, en signant pour commencer le Traité fondateur de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), le 18 avril 1951, entre six pays (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg)… portés à vingt-sept à ce jour.

Or qu’a-t-on entendu lors de ce mini-sommet du lundi 06 septembre 2017 par la bouche de Fr. Hollande qui s’est montré insistant sur le sujet ? La volonté de redynamiser l’UE par une Europe de la Défense (contre qui ?!) : « La situation géopolitique créée par l’élection de Donald Trump qui a multiplié les déclarations de défiance à l’égard de l’UE comme de l’Otan, et les ambitions de la Russie qui entend “s’affirmer comme une puissance”, l’exige » a-t-il déclaré.

Ainsi, l’essence même de ce qui a poussé les dirigeants de l’époque à la création d’une union pour la mettre à l’abri de nouveaux conflits dévastateurs comme son territoire en avait connu à deux reprises en quelques dizaines d’années, se solde 65 ans plus tard, au retour d’un projet militaire commun, au nom d’un dynamisme qui manquerait à l’élan européen.

Le « capitaine de pédalo » qui restera sans doute comme l’un des pires présidents français des dernières décennies, signe-là une approche géopolitique des plus accablantes, souhaitant un retour de l’esprit belliciste européen en invitant certains de ses dirigeants – qui têtes baissées suivent déjà les injonctions de l’administration américaine – à dépenser plus d’argent au profit de l’armement plutôt qu’au profit de la paix, du bien-être social et de l’écologie, aussi urgentes l’une que l’autre ! Non content d’avoir mené la France à perdre toute crédibilité sur la scène internationale, Normal 1er persiste à tenter d’entraîner l’UE dans un aventurisme dont il n’aura plus à assumer les conséquences bientôt. Pour un responsable politique de ce niveau, il faut constater combien l’individu semble vraiment dépassé par la charge de sa fonction.

J’en retiens deux choses :

  1. s’il est un secteur dans le monde qui semble ne pas connaître de crise, c’est celui de l’armement dont le lobby doit se réjouir de ces perspectives européennes décidément fascinantes pour leurs prochaines années et les profits qui s’annoncent ;

  2. face à de telles options, il faut que les citoyens qui s’apprêtent à voter bientôt tant au Pays-Bas, qu’en France, puis en Allemagne en automne prochain prennent vraiment le temps de lire les programmes des candidats pour savoir s’ils avalisent ces perspectives des plus alarmantes pour l’avenir, ou s’ils préfèrent choisir ceux qui prônent la paix et la redistribution des richesses de manière plus équitable qu’elle ne l’est aujourd’hui, afin de pacifier les rapports entre les citoyens et les Etats voisins.

 

Daniel Vanhove

08.03.17

Daniel Vanhove est observateur civil et auteur

La source originale de cet article est Mondialisation.ca
Copyright © Daniel Vanhove, Mondialisation.ca, 2017

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Camille Loty Malebranche, la philosophie, le philosophe

« La philosophie, nous dit Camille Loty Malebranche, est une discipline cognitive que n’importe qui peut apprendre par des recherches en solitaire ou à l’école. En cela, elle se compare à toute autre discipline de connaissance. D’où, connaître les courants de la philosophie, l’histoire des philosophes et de leurs œuvres voire approfondir les travaux des philosophes, constitue un travail d’érudit ou de spécialiste de la discipline philosophique comme scolaire mais pas une démarche de philosophe. Le philosophe est celui qui entreprend de repenser la saisie du monde d’après ses propres perceptions et en élabore la reconception herméneutique pour l’interagir humain en édifiant un raisonnement logique par les questions abstraites pertinentes sur de multiples innombrables manifestations du fait d’être qui sont autant d’envisagements du sens en général et des acceptions spécifiques auxquelles seule la philosophie peut faire face... »

Reprenons les réflexions de Camille Loty Malebranche autour de la philosophie...

Michel Peyret


Philosophie, de la discipline à la doctrine.

10 Mars 2017

Par Camille Loty Malebranche

 

La doctrine comme activité d’orientation par l’éducation, est la raison d’être du philosophe, en tant que mode spécifique du penser qui communique un art du regard qui scrute les nuances et aspects du sens au cœur de l’aventure humaine en lui fournissant des voies de saisie interrogative et interprétative pour éventuellement aider la conscience humaine à s’orienter dans le penser et l’agir. Le doctrinaire trouve en cette modalité, sa signification de conducteur sans toutefois se faire meneur mais, par respect de la liberté de ses enseignés, comme indicateur orienteur qui refuse d’endoctriner tout en suggérant des voies comportementales.

J’appelle philosophe au sens strict, absolu non adjectivé, le doctrinaire qui élabore dans une pensée abstraite, sa discursivité logique, son logos conceptuel où il construit une vision de l’action, soit de la vie en général avec les grands problèmes cosmologiques et anthropologiques tels l’origine, le destin, le déterminisme transcendant et divin, la déréliction et l’absurde; soit dans un domaine particulier comme l’art, la politique, l’histoire, le savoir, le signe… Pour le philosophe il s’agit de proposer un regard et une attitude devant prédéterminer le comportement idéel et actif des disciples c’est-à-dire de ceux qui, de leur conviction, partagent la pensée du philosophe. Le philosophe est dispensateur de conception du voir et du vivre ou il n’est pas. C’est, à mon avis, une aberration antiphilosophique que d’envisager autrement la posture du philosophe.

En dehors de cet aspect de l’activité du philosophe, il est des travailleurs de la philosophie dont la démarche reste essentielle pour la transmission de la philosophie dans la culture globale des sociétés. Il faut ici saisir que la philosophie est une discipline cognitive que n’importe qui peut apprendre par des recherches en solitaire ou à l’école. En cela, elle se compare à toute autre discipline de connaissance. D’où, connaître les courants de la philosophie, l’histoire des philosophes et de leurs œuvres voire approfondir les travaux des philosophes, constitue un travail d’érudit ou de spécialiste de la discipline philosophique comme scolaire mais pas une démarche de philosophe. Le philosophe est celui qui entreprend de repenser la saisie du monde d’après ses propres perceptions et en élabore la reconception herméneutique pour l’interagir humain en édifiant un raisonnement logique par les questions abstraites pertinentes sur de multiples innombrables manifestations du fait d’être qui sont autant d’envisagements du sens en général et des acceptions spécifiques auxquelles seule la philosophie peut faire face. Car si la logique appartient à toutes les sciences, la logique philosophique seule, par son extensibilité à la diversité infinie de la présence tant singulière qu’est le fait cosmique que plurielle qu’est la diversité incommensurable du cosmique sans perdre de vue la conscience notamment incommencée, préhumaine qui a créé ledit univers et ce à quoi les limites de la conscience humaine nous donne de connaître de toutes ces occurrences qui se partagent le vaste fait d’être. Le philosophe sait appréhender à partir de sa singularité interrogative, une considération idéelle non monstrative de l’être pour en signifier la saisie des essences.

La philosophie stricto sensu, est doctrine redisons-nous, et en tant que telle, elle est l’expression de la sagesse personnelle du philosophe comme soit enseignement d’un art de vivre en général soit proposition d’une manière d’appréhender le monde ou un domaine de la condition humaine. La doctrine est le seul lieu d’expression solipsiste tant méditatif que discursif où le philosophe manifeste son ipséité intellectuelle, pensante et enseignante. C’est le mode didactique de l’orientation à travers des idées configurant une vision de l’interaction de l’homme avec lui-même, l’univers, les situations, la représentation artistique, le social… Pour autant que toute communication idéelle se corrompt une fois assujettie à des patronages, la philosophie vraie a pour ennemi, la soumission du philosophe au mode de penser que lui dicterait non sa conscience observante et intellective mais son appartenance à un courant payant ou à une influence sociale qu’il voudrait pragmatiquement exploiter pour la popularité ou l’ascension sociale.

Le philosophe vrai, toujours conséquent avec lui-même, sachant que bien penser c’est se repenser, est un introspectif solipsiste qui revient à soi pour constamment se ressourcer, se juger soi-même par manière de fidélité à soi. C’est un combattant de la conviction qui sait que le premier jet de toute doctrine philosophique, ce don de la vraie assumation de la posture philosophique, est un ancrage dans la conviction, un « convictisme » pleinement vécu. Le doctrinaire est un convaincu qui ose faire de sa conviction un phare pour des disciples. Oser apporter le feu sans prétendre en être le dépositaire mais sa simple courroie de transmission, telle est la face achevée du philosophe doctrinaire.       

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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